III. Résultats
I. — INDICATIONS OPERATOIRES. — Les suites opératoires d'extraction d’éclats iriens sont minimes, en Comparaison des accidents graves qui peuvent survenir à la suite de non-intervention. C'est pourquoi les auteurs sont actuellement unanimes à proposer l’intervention aussitôt que possible. On peut se demander si, en présence d’éclats tolérés, l'indication est aussi urgente. À notre avis, l'extraction, quoique moins pressée, n’en est pas moins nécessaire. C’est le seul moyen de prévenir les complications, souvent très graves des éclats de l'iris.
Les éclats magnétiques s’enlèvent à l’aimant. Autrefois, on employait le petit électro-aimant (modèle courant de Hirschberg) qui rallie encore aujourd’hui un Certain nombre de partisans ; la pointe de l’aimant est introduite dans la plaie d'entrée et va à la recherche du corps étranger. Les différentes indications de l'usage des électro-aimants ont été bien étudiées dans la thèse de Béal. L'usage du petit aimant peut être indiqué pour les corps du segment antérieur, car il a l'avantage d’être peu encombrant et facilement transportable, mais il a de gros inconvénients : 1° en fouillant la plaie, il peut causer des désordres mécaniques et infectieux graves ; 2° il est souvent insuffisant. C'est pourquoi, à la Clinique de l'Hôtel-Dieu, on se sert uniquement du gros aimant dont la force portante de 25 kilos sous trois ampères arrive au chiffre considérable de 1.200 kilos sous 25 ampères.
IT. — TECHNIQUE OPERATOIRE. — L'’éectro-a;mant géant qu'a fait construire en 1910 M. le Profes-
Planche I. — L'Electro-Aimant Géant (en fonction).
Clinique de M. le Professeur Rollet — Hôtel-Dieu — Lyon.
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seur Rollet lui a permis d'extraire trois cent cinq éclats de l'œil dont vingt-trois de l'iris. C’est un instrument très précieux servant à la fois au diagnostic et au traitement des corps étrangers magnétiques. Comme le dit M. le Professeur Rollet : « L'’électro-aimant sait reconnaître les siens. » C’est un aimant vertical suspendu à la cardan, sur un cadre robuste, que des roulettes rendent très mobile. On peut, à l’aide d’une vis, le lever et le baisser avec toute la précision désirable. La photographie que nous donnons montre bien l’attitude de l'opérateur, et de l’opéré, pendant qu'un aide abaisse, au moven d’une vis, l’aimant près de l’œil du blessé ; l’aide peut, suivant les réactions oculaires, interrompre ou rétablir le courant sur l'indication de l'opérateur.
Le manuel opératoire est simple : désinfection soigneuse des culs-de-sac, teinture d’iode sur la peau, puis instillation de cocaïne au 1/20° répétée deux ou trois fois. On ne fait pas d’anesthésie générale, car on a besoin d’être renseigné par le malade à chaque instant. Deux instruments sont nécessaires : le blépharostat en maiïllechort et la pince à fixation non magnétique.
PREMIER TEMPS. — Le malade est couché sur un lit résistant, la tête bien dans l’axe du corps, le menton légèrement soulevé pour bien présenter toute la surface oculaire ; cette position couchée est nécessaire, elle permet une meilleure immobilisation de la tête et prévient les syncopes possibles.
L’aimant est abaissé progressivement, au moyen de la vis presque jusqu’au contact de l'œil, 1l est rendu