‹ Des écrits authentiques de S. Thomas d'AquinChapitre 6 sur 27 · C. — Le catalogue de Nicolas Trevet · texte numérisé non relu

C. — Le catalogue de Nicolas Trevet

Le dominicain anglais, Nicolas Trevet1, dans ses Annales des six rois d'Angleterre issus des comtes d'Anjou, a placé à l'année 1274 une courte notice sur Thomas d'Aquin, dans laquelle il a inséré le catalogue de ses œuvres. Nous donnons ici ce catalogue d'après la dernière édition des Annales et le texte utilisé par Echard 2.

Le catalogue de Nicolas Trevet n'est autre que celui du procès de canonisation, c'est-à-dire l'Officiel. Trevet lui a fait subir quelques modifications de forme plus importantes, il est vrai, que celles de Harl., mais il reste le même pour le fond.

Tout d'abord, Trevet fait disparaître les indications de Off. qui justifiaient les sections I et II de Off., c'est-à-dire la distinction de la catégorie dite Opuscules, et de la catégorie dont les exemplaires existent à Paris. Il maintient toutefois, en en donnant la justification, la section des reportations qu'il place à la fin, comme dans son modèle. Il intervertit par contre les deux premières sections de Off. La seconde contenant les ouvrages les plus importants, il lui a semblé convenable de la placer en tête de son énumération. En outre, Trevet transpose, sans raison plausible, l'ordre de quelques articles à l'intérieur des sections. Ce remaniement a causé, sans doute, les quelques omissions que nous constatons, à moins que la faute en revienne aux copistes de son œuvre. C'est ainsi que Trevet omet les numéros suivants de Off. : 14 [De regim. Judae), 44 (Super Cantica), 58 (De Causis), 61 (Politica), ouvrages sur l'authenticité desquels il n'y a pas de doute. Il omet pareillement de l'Off. le n° 25 (Brevis compi-

1 Script. Ord. Praed., I, p. 561. D'après Echard, Trevet serait mort vers 1328. Trevet utilisant le catalogue Officiel qui est de 1319, et ne mentionnant pas la canonisation de saint Thomas (1323), qu'il appelle Frater Thomas, a écrit cette partie des Annales entre ces deux dates.

2 Voyez la première note au catalogue ci-dessous.

latio Theologiae), parce qu'il a vu qu'il faisait double emploi avec le n° 48 (De fide et spe), ainsi que nous l'avons dit plus haut. Il accepte le Compendium sous le titre De fide et spe (34) .

D'autre part, il enregistre le Commentaire sur Job (14), qui manque dans Off. Il connaît aussi les quatre ouvrages script ur aires inédits (n-13, 66).

Trêve t possède en outre un renseignement qui lui est propre. C'est l'indication relative aux disputes quodlibétiques (3). Les six premières ont été tenues à Paris (1269-72), les cinq dernières en Italie (1272-74). Ces informations ont sans doute été tirées des manuscrits des Quodlibeta1.

TREV 2.

1 [26] In primis namque Super libros Sententiarum quatuor scriptum fecit. 2 [28] Scripsit etiam 3 primam partem de Quaestionibus disputatis (a) de Veritate et ultra, quas Parisiis disputavit. Item secundam partem de Quaestionibus disputatis (b) de potentia 4 Dei et ultra, quas in Italia disputavit. Item et tertiam partem de Quaestionibus disputatis quarum initium est (c) de Virtutibus, quas disputavit cum secundo Parisiis legeret. 3 [29] Item, Disputationes undecim de quolibet, quarum sex Parisiis, et quinque determinavit in Italia. 4 [30] Item Contra Gentiles quatuor libros scripsit. 5 [27] Item Summam Theologiae, quam in très partes divisit, et secundam in duas partes. Morte autem praeventus tertiam totius et ultimam non complevit.

6-9 [31-34] Quatuor Evangelia continuata expositione de dictis Sanctorum glossavit. 10-13 [35-38] Litteralis etiam expositio 5. 14 In

1 Siger de Brabant, p. 86.

2 Le texte est constitué d'après Hog, T. F. Nicholai Triveti O. P. Annales sex Regum Angliae, Londini, 1845, PP- 287-89 (H), et la lecture d'Echard, Script. Ord. Praed., I, p. 283 sq. (E). Les chiffres entre crochets renvoient aux numéros correspondants de l'Off.

3 H. E. lisent ici et en plusieurs endroits et ; mais le sens demande etiam, comme au n° 23.

4 H. populo.

0 H. E. expositionis, ce qui donne un contresens, car il faudrait joindre expositionis à ce qui suit ; tandis que la litteralis expositio (super IV Evangelia) s'oppose à Y expositio continuata qui précède, ce qui correspond d'ailleurs au catalogue Off. 31-34, 35-38.

lob edidit libnim unum. 15 [39] Super Epistolam vero ad Romanos, et 16 [40] super decem capitula Epistolae ad Corinthios. 17 [41] Item, Super Isaiam, 18 [42] Ieremiam et 19 [43] Threnos postillas conscripsit. 20 [45] Libros Dionysii de Divinis Nominibus et 21 [46] Boëthii de Hebdomadibus exposuit ; 22 [47] sed Super librum eiusdem de Trinitate expositionem inchoatam nequaquam perfecit.

23 [51] Exposuit etiam libros Philosophiae plurimos, puta, Physicorum, libros octo complète ; 24 [52] Caeli et Mundi, primum secundum et tertium ; 25 [54] Metheororum, primum et secundum ; 26 [55] De Anima, secundum et tertium; 27 [53] De Generatione et Corruptione, libros duos ; 28 [56] De Sensu et Sensato ; 29 [57] De Memoria et Reminiscentia ; 30 [60] Ethicorum, libros decem ; 31 [59] Metaphysicae duodecim ; 32 [50] libros Posteriorum, et 33 [49] primum Perihermenias, principiumque secundi.

Edidit etiam l tractatus diversos, puta : 34 [48] De Fide, Spe et Caritate, ad Fratrem Reginaldum socium suum. 35 [6] Item, ad eundem De substantiis separatis. 36 [1] Item, Contra Magistrum Willelmum de Sancto Amore, et impugnantes religionem, tempore Alexandri Papae. 37 [2] Item, De occultis operibus naturae. 38 [3] Item, In quibus licite potest homo uti astrorum judiciis. 39 [4] Item, De principiis naturae, ad Fratrem Silvestrum. 40 [5] Item, De regno, ad regem Cypri. 41 [7] Item, De rationibus fidei, ad Cantorem Antiochenum. 42 [8] Item, De perfectione vitae spiritualis, contra Magistrum Geroldum. 43 [9] Item, Contra doctrinam Geroldinorum et retrahentium a religione. 44 [10] Item, De sortibus, ad Dominum Iacobum de Bonoso. 45 [11] Item, De forma absolutionis sacramentali, ad Magistrum Ordinis. 46 [12] Item, ad Urbanum Papam, Contra errores Graecorum. 47 [13] Item, Declarationem XXXVI quaestionum, adlectorem Venetum 2. 48 [15] Item, Declarationem XLIII 3 quaestionum, ad Magistrum Ordinis. 49 [16] Item, Declarationem VI quaestionum, ad lectorem Bisuntinum. 50 [17] Item, De ente et essentia, ad fratres et socios suos. 51 [18] Item, de mixtione elementorum. 52 [19] Item, De motu cordis, ad Magistrum Philippum de Castrocaeli. 53 [20] Item, De unitate intellectus, contra Averroistas. 54 [21] Item, De aeternitate mundi, contra murmurantes.

1 H. E. et,

2 H. Venetorum.

3 H. Quatuor; E. XL.

Exposuit etiam 1 55 [22] primam Decretalem de fide catholica, et 56 [23] secundam Damnamus, ad instantiam Archidiaconi Tridentini. 57 [24] Fecit etiam 1 tractatum De articulis fidei et de Sacramentis Ecclesiae, ad Archiepiscopum Panormitanum.

Alia quidem inveniuntur sibi attributa, quae tamen ipse non scripsit, sed post eum legentem, vel praedicantem ab aliis sunt collecta ; ut put a 58 [62] Lectura super Epistolam ad Corinthios, ab XI capitulo usque ad finem ; 59 [70] et Expositio super primum De anima, quas Frater Reginaldus, eiusdem socius, recollegit. 60 [63] Iterum, Lectura super Iohannem, 61 [64] et Super très nocturnos 2 Psalterii ; 62 [65] Collationes de oratione dominica, 63 [66] et symbolo. 64 [67] Item, Collationes dominicales et festivae. 65 [68] Item, Collationes de decem praeceptis, quas recollegit frater Petrus de Andria 3. 66 [69] Item, Lectura super Matthaeum incompleta 4, quam partim idem frater, partim saecularis quidam recollegit, eius studio delectatus 5.

D. — Catalogue Ambrosien.

La Bibliothèque ambrosienne de Milan possède un manuscrit du quatorzième siècle (P. 208 Sup.) qui contient un catalogue des œuvres de saint Thomas. Cet index a été publié par G. Amelli à l'occasion de l'édition d'un petit traité De Musica, attribué au Docteur angélique6. Amelli déclare le manuscrit du commencement du quatorzième siècle. Il est postérieur en tout cas à 1319, puisque ce catalogue dérive de l'Officiel. L'édition en est très défectueuse. Le manuscrit peut lui-même n'être pas très bon ; mais j'ai peine à croire qu'il ait écrit prosaice Parisius, pour secunda vice Parisius (Off. 28) ;

1 H. E. et.

2 H. Tertium nocturnum.

3 H. E. Adria.

4 E. Compléta.

6 On voit qu'ici Trevet n'a pas compris le passage de OfL, n° 69.

6 Amelli G. D. Thomae Aquinatis De arte musica, Mediolani, 1880. Le catalogue se trouve, pp. 28-29, sous ce titre : Index antiquissimus operum D. Thomae Aquinatis ex Codice (P. 208 Sup.). Bibliothecae Ambrosianae saec, XIV ineuntis, Nunc primum editus.

De veloci Mundo, pour De Caelo et Mundo (Off. 52) ; De generatione et corporis, pour De generatione et corruptione, etc.

Quoi qu'il en soit, le catalogue n'offrant aucun intérêt spécial en dehors des observations que nous allons présenter, nous n'en publierons pas le texte.

Il n'y a aucun doute que l'auteur du catalogue Ambr. ait travaillé sur l'Off. Comme Trev. il a placé la seconde section à la place de la première, et pour la même raison qu'elle est de beaucoup la plus importante. Il a fait précéder son énumération de cette déclaration qui vient de Off. (en tête de la section II) : Ista sunt opéra fratris Thome de Aquino ordinis Predicatorum, quorum exemplaria sunt Parisius. La section des Opuscules vient sans aucun signe de distinction à la suite de la précédente et forme corps avec elle. Enfin, la IIIe section de Off. existe dans Ambr., à la fin, mais réduite à ses deux numéros les plus importants aux yeux de l'auteur (Lecturam super Paulum, Lecturam super primum De anima) , et précédée de ces mots qui ont leur origine dans Off., mais sont ici en grande partie défigurés : Quae autem alia sibi attribuantur non ipse notavit nec scripsit, sed alii collegerunt vel praedicaverunt, verbi gratia. Le catalogue Ambr. n'a pas respecté l'ordre d'énumération de Off., bien que les Opuscules et quelques autres groupes se suivent à peu près comme dans le catalogue type. Il contient cinquante-cinq articles, mais la reportation de Raynald de Piperno sur le premier livre De anima y paraît deux fois ; une première avec les deux autres livres, et une seconde à la fin du catalogue, ce qui réduit de fait à cinquante-quatre les articles énumérés. Il a aussi laissé tomber dix-huit articles du catalogue Off., à savoir les nos 12, 13, 15, 19, 23, 35-38, 44, 58, 63-69 ce qui prouve le peu de soin du rédacteur, ou le mauvais état du manuscrit qu'il a utilisé, à moins qu'une partie de ces lacunes ne proviennent du moderne éditeur.

Enfin, Ambr. contient trois articles de plus que Off. : le Commentaire sur Job qui devrait se trouver dans Off., mais n'y est pas ; deux autres que nous retrouverons dans le recensement final des articles des catalogues : Super librum de sompno et vigilia, Super librum de motu animalium.

E. — Le catalogue de la Pseudo-Oratio.

Un humaniste italien, Jean- Antoine Flaminius1 (1536), publia à Bologne, en 1529, un recueil de plusieurs vies de saints dominicains 2, dont celle de saint Thomas d'Aquin. Dans cette dernière, Flaminius produit une façon d'oraison funèbre, récitée par Frère Raynald de Piperno au moment de la mort de Thomas d'Aquin 3. Que ce pastiche littéraire, dans le goût et les procédés humanistes, n'ait rien à faire avec Raynald, cela est de toute évidence ; et Flaminius semble bien croire qu'on ne s'y trompera peut-être pas, puisqu'il fait précéder le morceau de ces mots : in haec fere verba sermonem habuit^. Le seul point qui nous intéresse ici, c'est que, dans sa Pseudo-Oratio, Raynald débite le catalogue des œuvres de saint Thomas ; ce qui, soit dit en passant, eût été d'un à-propos discutable. Mais les humanistes ne doutaient de rien. Le catalogue dont il est ici question n'est autre que celui du procès de canonisation, à peine embelli, pour la circonstance, de quelques lignes d'amplification sur quatre ou cinq articles. Nous n'éditerons pas ce catalogue, car il n'ajoute rien de notable au catalogue officiel. Voici les seuls points à signaler.

L'énumération des articles dans Rég. est d'une seule venue. Il

1 D. J. Capponi, O. P., Joannis Antonii Flaminii Forocorneliensis Epistolae familiares, Bononiae, 1744 ; Cuccoli E. M. Antonio Flaminio, 1897, p. 23. Flaminius passa la fin de sa vie à Bologne et était très lié avec Léandre Albert i O. P. (Voyez leur correspondance dans Capponi, lib. X.) Alberti a publié plusieurs vies de Flaminius dans son De viris illustribus ordinis Praedicatorum, Bononiae, 15 17. Le fils de Jean- Antoine, Marc-Antoine, fut plus célèbre que son père comme humaniste, et aussi à cause de son rôle dans les troubles religieux de l'Italie pendant le seizième siècle. Cuccoli, /. c.

2 Vitae Patrum inclyti ordinis praedicatorum ab Io. An. Flaminio Forocorneliensi contextae, Bononiae, 1529. Ce sont les vies des SS. Dominique, Pierre Martyr, Thomas d'Aquin, Vincent Ferrier et Antonin de Florence.

3 Raynald fit effectivement un discours sur la sainteté de Thomas. Acta SS. t. I Martii. p. 702 ; B. Mombritius, Sanctuarium seu Vitae Sanctorum, Parisiis, 1910, t. II, p. 584.

4 Le discours de Raynald a été réédité par Santucci G. Su la vera patria di S. Tommaso d'Aquino, Napoli, 1878, pp. 65-73. Santucci s'est efforcé de démontrer l'inauthenticité de cette pièce et l'attribue avec raison à Flaminius lui-même. Au reste, Flaminius, avant de risquer cette pièce, ce que Santucci ignore, l'avait envoyé au cardinal Grimani pour avoir son avis. Sa lettre montre son hésitation à ce sujet. Capponi. Epist. famil., p. 41.

n'y paraît aucune trace des données qui marquent les trois sections dans Off. Cependant Rég. garde assez bien l'ordre de succession des articles de son modèle ; mais la seconde section, à raison de l'importance prépondérante de son contenu, est passée, ici comme dans les deux précédents catalogues, avant la première. La dernière section de Off. a disparu dans Rég. ; non seulement parce qu'il ne fait pas mention de la classe des écrits reportés, mais encore parce qu'il en supprime le contenu (Off. 65-70), sauf les trois premiers numéros (Off. 62-64) qu'il fait passer dans le corps du catalogue.

A part cette dernière suppression et transformation, opérée pour que l'énumération n'eût pas l'air trop insolite dans la bouche de Frère Raynald, notre catalogue reproduit tous les articles de l'Officiel, y compris l'exposition littérale sur les quatre Evangiles.

En outre, Rég. possède l'indication du Commentaire sur Job, comme les autres dérivés de l'Off. Il nous donne aussi les titres de deux Questions disputées, qui ne paraissent pas dans Off. à cause de la forme synthétique que celui-ci emploie (28). Ce sont les questions De spiritualibus creaturis, Quaestiones de malo, qu'il place dans la troisième partie des Questions disputées, après De virtutibus.

Réginald mentionne aussi, et en dernier lieu, l'Office du Saint- Sacrement. Cet article, qui ne paraît pas dans Off., ni dans ses autres dérivés, se trouvera dans plusieurs des catalogues que nous examinerons, et nous aurons à dire, plus avant, pour quelles raisons il a été omis dans le catalogue officiel.

Tel est ce premier groupe du catalogue du procès de canonisation et de ses dérivés. Ces derniers n'ont servi qu'à confirmer l'autorité de leur modèle. Et comme ils lui sont, à des degrés divers, inférieurs, ils témoignent de l'art remarquable avec lequel le document primitif qu'ils avaient sous les yeux avait été constitué, puisqu'ils n'ont pu, en le retouchant, sous des préoccupations plus ou moins plausibles, que l'amoindrir et le dégrader.

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Le second groupe des catalogues des écrits de saint Thomas d'Aquin est représenté, avant tout, par les catalogues de Ptolémée de Lucques et de Bernard Guidonis. Quatre autres se rattachent aux précédents ou en dérivent.

A. — Le catalogue de Ptolémée de Lucques.

Barthélémy des Fiadoni, un dominicain lucquois, fut auditeur et confesseur de saint Thomas pendant son dernier séjour à Naples (1272-1274), ainsi qu'il nous l'apprend lui-même 1. Après avoir rempli plusieurs charges dans son ordre, en Italie, il vécut à la curie pontificale à Avignon, depuis la fin de 1309. Il fut successivement attaché à la personne des cardinaux Léonard Patrussi (t 7 décembre 1311) et Guillaume de Pierre Godin, O. P., auquel il dédia son Historia ecclesiastica nova, pendant que celui-ci était encore cardinal-prêtre du titre de Sainte-Cécile (déc. 1312 — septembre 1317). Il fut nommé évêque de Torcello, le 15 mars 1318, et mourut en 1327 2.

1 « Quemque ego probavi inter homines, quos umquam novi ; qui suam saepe confessionem audivi ; et cum ipso multo tempore conversatus sum familiari ministerio, ac ipsius auditor fui. » Hist. Eccles., lib. XXIII, cap. vin, dans Muratori, Rer. Ital. Script., t. XI, col. 1169.

2 Quétif-Echard, Script. Ord. Praed., I, p. 541 ; Muratori, Rer. Ital. Script., t. XI, p. 743 ; Fr. Tholomaei de Luca O. P. Exaemeron seu de opère sex dierum tractatus, éd. P. T. Masetti O. P. Senis, 1880, p. ix ; Flaminius Cornélius, Ecclesiae Venetae, t. XIV, pp. 31, 79, 145, 161 ; C. Douais. Acta Capitulorum Provincialium Ord. Fratr. Praed., Toulouse, 1894, pp. 567, 590, 594, 601 ; U. Che-

Barthélémy, dit aussi Tolomée et Ptolémée par abréviation et corruption du nom, nous a laissé, dans son Histoire ecclésiastique, le premier essai biographique que nous possédions sur Thomas d'Aquin. L'auteur a réparti les éléments de la vie de son ancien maître au cours des livres et des chapitres qui traitent les événements synchroniques de la carrière du saint. Une large place a été faite par Ptolémée à l'historique des écrits de Thomas d'Aquin, et nous sommes ainsi en possession d'un catalogue très développé, et intéressant à plus d'un titre.

L'édition la plus connue et la plus usuelle de YHistoria ecclesiastica de Ptolémée est celle qu'a donnée Muratori dans le tome XI de ses Scriptores Rerum Italicarum1. Le texte laisse malheureusement assez à désirer. La réédition des Scriptores en cours de publication, qui dépassera de beaucoup l'ancienne en valeur, n'a pas encore livré Y Histoire ecclésiastique de Ptolémée.

Nous devons donc utiliser provisoirement le texte de Muratori, dans lequel il est d'ailleurs aisé de rectifier un certain nombre de mauvaises lectures et autres défauts. Tel qu'il est, ce texte est encore suffisant pour nous rendre l'ordre de services que nous lui demandons : l'énoncé des écrits qu'il attribue à saint Thomas.

On n'est pas exactement fixé sur la date de composition de l'Histoire ecclésiastique de Ptolémée de Lucques ; on a même discuté longtemps sur le point final où il a arrêté sa composition. Il paraît hors de doute, cependant, qu'il avait conduit sa première édition jusqu'à l'élection de Boniface VIII, c'est-à-dire jusqu'à 1294. L'Histoire ecclésiastique fut ensuite continuée jusqu'en 1314. Le principal du travail remonterait donc vers la fin du treizième siècle, sous le pontificat de Boniface VIII (1294-1303), sans compter qu'une œuvre historique de cette étendue a pu être préparée de longue main. La biographie de saint Thomas, qui prend place vers la fin de l'ouvrage, peut donc être raisonnablement placée aux confins du

valier, Répertoire, 2e éd., col. 3840. — K. Krùger, Des Ptolomàus Lucensis Lehen und Werke, Gôttingen, 1874; D. Kônig, Kritische Erôrterungen zn einigen Quellen fur die Geschichte des Rômerzuges Kaiser Heinrich VII, Gôttingen, 1874 ; le même, Ptolomàus von Lucca und die Flores Chronicorum des B. Guidonis, Wûrzburg, 1875 > le même, Tolomeo von Lucca, Harburg, 1878 ;Langen, Die des Dominicaners von Lucca « Neue Kirchengeschichte », Revue internationale de Théologie, 1889, P- 290.

1 Mediolani, 1727, p. 751 et suiv.

treizième et du quatorzième siècle. En tout cas, l'Histoire ecclésiastique était achevée quand elle fut dédiée à Guillaume Godin, pendant que celui-ci était cardinal-prêtre de Sainte-Cécile, c'est-à-dire entre décembre 1312 et septembre 1317. Le catalogue des écrits de saint Thomas que nous fournit Ptolémée de Lucques pourrait donc être le plus ancien des catalogues connus.

La conséquence que Ton peut immédiatement déduire de ce fait, c'est que le catalogue de Ptolémée est entièrement original et indépendant des autres catalogues que nous possédons. L'étude comparée de ces documents confirme d'ailleurs cette induction : rien ne témoigne que Ptolémée ait connu des prédécesseurs en cette matière. Par contre, nous le verrons, sa liste a servi de source à plusieurs de ceux qui ont tenté la même entreprise après lui.

Ce qui frappe tout d'abord dans le catalogue de Ptolémée, comme dans celui de Bernard Guidonis qui va suivre, c'est le développement exceptionnel de leur rédaction, si on la compare aux catalogues des autres groupes et même à quelques-uns de leurs propres dérivés. La raison de ce fait est que Ptolémée et Guidonis sont deux historiens de profession, même les plus en évidence de leur temps. Ils ne s'arrêtent pas à une simple énumération d'écrits, mais tentent de nous fournir les renseignements utiles, de quelque nature qu'ils soient.

C'est ainsi qu'ils essayent une sorte d'analyse des grands ouvrages ; qu'ils fournissent des informations sur les circonstances de temps, de lieu ou autres qui se réfèrent à la composition de plusieurs écrits ; qu'ils ont soin de nous donner les incipit des traités de saint Thomas, afin de supprimer les hésitations qui pourraient se produire sur leur identité, hésitations d'autant plus faciles qu'un certain nombre d'opuscules portent des titres très flottants dans les manuscrits et les catalogues ; et ainsi de suite.

Le catalogue de Ptolémée est constitué par deux parties principales. La première comprend l'ensemble des ouvrages que l'auteur pense pouvoir rattacher à des périodes déterminées de la vie de saint Thomas. Il va de soi que les grands ouvrages et les plus connus entrent dans cette catégorie. Ptolémée présente, par groupes, ces ouvrages à l'occasion des faits relatifs à la vie de Thomas d'Aquin. Ce procédé nous fournit des ressources exceptionnelles pour établir la chronologie d'un bon nombre d'ouvrages du Docteur angélique. Et si l'on ne doit pas se confier aveuglément aux informations, d'ail-

58 DES ÉCRITS AUTHENTIQUES DE SAINT THOMAS d'aQUIN

leurs souvent approximatives, de l'auteur de l'Histoire ecclésiastique, elles nous offrent néanmoins une orientation générale très précieuse dont on chercherait vainement ailleurs l'équivalent.

La plupart des opuscules n'ayant pas trouvé place dans la catégorie des ouvrages rattachés à un moment spécial de la carrière de saint Thomas, Ptolémée constitue avec eux une liste qu'il divise en trois chapitres. On ne voit pas qu'aucune idée directrice ait présidé à l'ordre dans lequel ils sont présentés, bien que, comme nous l'avons déjà vu à l'occasion des opuscules dans Off. (p. 35), Ptolémée déclare qu'ils constituent un volume spécial et jouissent d'un ordre fixe (Ptol., n° 25). Signalons seulement le fait que les apocryphes qui paraissent chez Ptolémée sont presque tous placés dans le dernier chapitre consacré aux opuscules. Enfin, en une sorte d'appendice, Ptolémée donne les écrits qui n'ont pas trouvé place antérieurement et dont deux sont des reportations (62-71).

Mais ce qui nous importe le plus, présentement, c'est de connaître l'ensemble des informations de Ptolémée touchant la liste des ouvrages attribués par lui à saint Thomas. En comparant son inventaire avec celui du catalogue officiel, nous constatons qu'il s'en éloigne notablement : il contient et plus et moins. Ce sont ces deux ordres de différences que nous devons signaler ; le reste demeurant commun aux deux catalogues et ne soulevant pas de difficultés.

Dix-sept articles du catalogue officiel manquent dans Ptolémée. Il ne signale en outre que le Commentaire sur l'épître aux Romains de l'ensemble des Commentaires sur saint Paul. Neuf des articles manquants sont relatifs à des commentaires scripturaires, et cinq à des commentaires d'Aristote. Voici d'ailleurs la suite des numéros de Off. qui n'ont pas leur équivalent dans Ptolémée : 23, 35-38, 42-44, 46, 54-57, 64, 65, 67, 69, 70.

Par contre, le catalogue de Ptolémée nous fournit un chiffre à peu près égal d'articles qui ne paraissent pas dans le catalogue officiel ; et parmi ces articles, les uns désignent des écrits qui ont droit à être considérés comme authentiques, tandis que les autres ne visent que des apocryphes.

Le premier groupe est d'ailleurs bien réduit. Nous y rencontrons le commentaire sur Job (16), qui manque dans Off. et se trouve dans les conditions déjà mentionnées plus haut (p. 42), et sur l'authenticité duquel il n'y a pas de doute. — Ptolémée mentionne aussi deux questions disputées, De spiritualibus creaturis (20 b) et De malo (20 c),

qui ne paraissent pas explicitement dans Off. Mais nous ne devons pas oublier que ce dernier ne nous fournit que la première des questions dans les trois groupes de questions disputées qu'il énumère (28). — Ptolémée signale aussi l'Office du Saint-Sacrement (18), dont l'authenticité est sûre, bien que Off. se taise pour des raisons que nous retrouverons plus tard. — Enfin Ptolémée a connu le premier livre d'un commentaire sur les Sentences, distinct des commentaires édités, et dont il constate lui-même la disparition (71). Nous reviendrons dans la suite sur cette question.

Avec le catalogue de Ptolémée paraissent les premiers apocryphes. Ils sont au nombre de douze : 46, 51, 53, 53 bis, 54, 55, 56, 57, 58, 62, 63, 64. Nous verrons plus tard quelle est la nature de ces écrits, et, par là même, la cause qui les a fait attribuer de si bonne heure à saint Thomas d'Aquin.

PTOL 1.

Liber XXII, cap. xxi. Annorum XXV erat [frater Thomas] cum primum venit Parisios, ubi infra XXX annum Sententias legit, et conventum in theologia, sive licentiam recepit. Infra autem magisterium 1 [1] quatuor libros fecit super Sententias, videlicet primum, secundum, tertium et quartum. Quosdam etiam libellos composuit. Unus fuit 2 [77] contra Guillelmum de Sancto Amore, qui incipit : Domine, ecce imimici tui sonuerunt. 3 [23] Secundum fuit De quidditate et esse. 4 [22] Tertius fuit De principiis naturae.

Cap. xxii. Post hoc, ipso magistrato, fecit 5 [24 a ]Questiones (a) De Veritate. Post très annos sui magisterh redit in Italiam, tempore videlicet Urbani IV, de quo nunc agendum, cuius tempore etiam multa fructuosa scripsit.

Cap. xxiv. Tune [tempore Urbani IV] Frater Thomas redit de Parisiis ex certiscausis,et ad petitionem Urbani multa fecit et scripsit ; sed precipue duo. Unum fuit quod exposuit 6-9 [5-8] Evangelia sub miro 2 textu diversorum doctorum, ita ut unus auctor videatur ; quod non fuit sine magna tradentis subtilitate, et omnino (?) Sancti Spiritus inspiratione, cuius organum mirum fuit. Tune florebat in ordine Fratrum Minorum frater Bonaventura, patria Tuscus et magister in theologia, de quo infra dicetur.

1 Les chiffres entre crochets sont les numéros correspondants du catalogue officiel. Les ouvrages dont les titres sont écrits en italique sont apocryphes.

2 M. initio. Voy. Guid., n08 5-8.

Huic Urbanus duo Evangelia glossanda commiserat ; sed excusans se propter officium, quod habebat, quia Minister 1 Generalis erat, idem Doctor sanctus 2 frater Thomas supplevit.

Isto autem tempore Thomas tenens studium Romae, quasi totam philosophiam 10 sive Moralem, 11 sive Naturalem exposuit et in scriptum, seu commentum redegit ; sed praecipue 12 [34] Ethicam et 13 [27] Metaphysicam 3, quodam singulari et novo modo tradendi.

Scripsit etiam tempore eiusdem Pontificis i4 [4] Librum contra Gentiles, et 15 [31] Quaestiones de Anima. 16 [17] Exposuit lob, 17 et quaedam alia Opuscula fecit.

18 [10] Officium etiam De Corpore Christi fecit ex mandato Urbani ; quod est secundum, quod fecit ad petitionem Urbani. Hoc autem fecit completum, et quantum ad lectiones, et quantum ad totum officium, tam diurnum quam nocturnum, quam etiam ad missam, et quidquid illa die cantatur. In qua historia, si attendimus ad verba scribentis, quasi omnes figurae Veteris Testamenti in hoc officio videntur contineri, luculento et proprio stilo adaptât ae ad Eucharistiae sacramentum.

Cap. xxxix. Huius [démentis IV] tempore dictus Doctor scripsit 19 [3] Summam quam in très Partes divisit, videlicet naturalem, quia ibi définit de naturis rerum, et primo de divina essentia, et secundo de rébus creatis. Secundam Partem vocavit moralem, quam divisit in duo volumina. Unum volumen accepit in universalibus materiis, quae Prima Secundae vocatur respectu philosophiae moralis. Alia vero pars principales materias continet virtutum omnium et vitiorum, tota fundata et ornata Philosophorum dictis et rationibus, ac Doctorum sacrorum auctoritatibus, quam Secundam Secundae respectu eiusdem materiae appellamus. Tertia autem Pars Summae, quae est quartum volumen, Sacramentalis vocatur, quia in ea de sacramentis agitur, et incarnatione Verbi, et ultima pars dicitur, quia ultimo facta, sive quia finis est aliarum. Istius ergo Summae très partes quasi scripsit tempore istius Pontificis et vacationis sequentis, quod fuit spatium duorum, annorum et novem mensium. Vincentius [Bellovacens. ] tamen dicit très annorum, quia computat in vacatione très menses, quando iam pervenit Viterbium a tempore suae creationis. Fecit enim tune temporis 20 [24] Quaestiones (b) de Spiritualibus creaturis, (c) de malo, et (d) de virtutibus.

Liber XXIII, cap. xi. Hic Doctor tempore hujus Pontificis [Gregorii X] scripsit ultimam partem Summae, quae Sacramentalis vocatur,

1 M. Magister.

2 Le texte primitif ne peut pas porter sanctus, puisque la chronique est écrite avant la canonisation.

3 M. Mathematicam.

LE SECOND GROUPE DES CATALOGUES 6l

quia de sacramentis ibidem agitur et de incarnatione Verbi, in qua articuli fidei continentur secundum ipsius humanitatem, sed non complevit morte praeventus.

Hoc etiam tempore disputavit 21 [24b] Quaestiones (e) de potentia Dei et creaturis. Scripsit etiam super philosophiam, videlicet 22 [28] De Caelo, et 23 [29] De Generatione, sed non complevit ; et similiter 24 [35] Politicam. Sed hos libros complevit magister Petrus de Alvernia, fidelissimus discipulus eius, magister in theologia et magnus philosophus, et demum episcopus Claromontensis. Et quamvis multa sint quae scripsit, quae opéra sunt diffusa, ut materia requirit ; scripsit tamen 25 quaedam Opuscula, secundum consultationes sibi factas a diversis principibus et personis, quae in uno volumine reponuntur, sicut Epistolae Augustini, et eo ordine quo traduntur, hic scribuntur.

Cap. xii. Diversi hic tractatus traduntur quos dictus Doctor scripsit, diversarum per sonar um consultationibus respondendo, quos auctor sub certis capitulis comprehendit, unicuique tertiam partem dictorum tractatuum assignando.

Videlicet, 26 [46] tractatus quidam De actionibus et operationibus occultis naturae, quem scripsit ad quemdam militem Ultramontanum, qui sic incipit : Quoniam in quibusdam naturalibus corporibus. 27 [57 ] Tractatus Utrum liceat uti iudicio astrorum ad fratrem Raynaldum, qui sic incipit : Quia petiisti ut tibi. 28 [51] Tractatus De substantiis separatis ad eundem, qui sic incipit : Quia sacris Angelorum solemniis. 29 [39]. Tractatus De principiis naturae ad fratrem Silvestrum, qui sic incipit : Nota quod quoddam potest esse, licet non sit. 30 [53] Tractatus De sortibus, Utrum liceat eis uti, ad Dominum Jacobum de Burgo, qui sic incipit : Postulavit a me vestra dilectio. 31 [48] Tractatus De ente et essentia, quem scripsit ad fratres et socios, nondum existens magister, qui sic incipit : Quia parvus error in principio. 32 [67] Tractatus De rationibus fidei, ad cantorem Antiochenum, qui sic incipit : Beatus Petrus Apostolus. 33 [52 ] Tractatus Contra errorem Averrois circa intellectum humanum, qui incipit : Sicut omnes homines. 34 [62] Tractatus De aeternitate mundi, Utrum esse potuerit, qui sic incipit : Supposito secundum fidem nostram. 35 [68] Item, tractatus De expositione primae decretalis, qui sic incipit : Salvator noster, ad archidiaconum Tridentinum. 36 [66] Item, tractatus De articulis fidei et Ecclesiae sacramentis, ad archiepiscopum Panormitanum, qui sic incipit : Postulavit a me vestra Dilectio. 37 [59] Item, tractatus Contra erroies Graecorum, ad petitionem Urbani Papae, qui sic incipit : Libellum ab Excellentia vestra. 38 [58] Item, Responsiva super xxxvi x articulis ad lectorem Venetum, quae sic incipit : Lectis vestris litteris, inveni.

62 DES ÉCRITS AUTHENTIQUES DE SAINT THOMAS D'aQUIN

Cap. xiii. Pars secunda ponitur hic diversorum tractatutim dicti Doctoris, quos sub alio capitulo comprehendit et sunt totidem sicut primi.

39 [55] Item, Determinatio quorumdam casuum ad Comitissam Flandriae, quae sic incipit : Excellentiae vestrae litteras recepi. 40 [56] Item, Responsiva quarumdam quaestionum ad fratrem Johannem de Vercellis, magistrum ordinis, quae sic incipit : Reverendo in Christo Patri. 41 [57] Responsiva quarumdam quaestionum ad fratrem Gerardum Bisuntinum, quae sic incipit : Carissime tili 1 in Christo. 42 [78] Item, tractatus De fide et spe, qui sic incipit : Aeterni Patris Filius. 43 [77] Item, tractatus Contra impugnantes religionem, qui sic incipit : Ecce inimici tui sonuerunt. 44 [60] Item, tractatus De regimine principum, qui sic incipit : Cogitanti mihi quid offerem, quem librum scripsit ad Regem Cypri. 45 [47] Item, tractatus de motu cordis, qui sic incipit : Quia omne quod movetur. 46 [89 } Item, tractatus De fato, an sit, qui sic incipit : Quaeritur de fato, an sit. 47 [76] Item, tractatus Contra retrahentes a religione, qui sic incipit : Christianae religionis. 48 [72] Item, tractatus De elementis in mixtor quomodo fuerunt, qui sic incipit : Dubium apud multos esse videtur. 49 [71 ] Item, tractatus De absolutione et modo absolvendi, ad magistrum Ordinis praefatum, qui sic incipit : Perlecto libello. 49fo's [70] Item, tractatus De perfectione vitae spiritualis, qui sic incipit : Quoniam quidam perfectionis ignari. 50 [79] Item, tractatus, Quod lex amoris fuerit necessaria homini, qui 2 incipit : Tria sunt homini necessaria ad salutem ; et attende quia iste libellus ab aliquibus vocatur Liber de praeceptis.

Caput xiv. Ponitur hic tertia pars tractatuum, quos fecit dictus Doctor respondendo diversis personis, et sunt plures quant in prima parte, vel secunda.

51 [64] Item, tractatus Quod Beata Virgo excedit angelos in plenitudine gloriae et gratiae, qui sic incipit : Ave gratia plena. 52 [63 ] Item tractatus, De expositione symboli, qui sic incipit : Credo in unum Deum. 53 [43] Item, tractatus De instantibus 3, qui sic incipit : [Quoniam omnem durationem concomitatur instans. 53 bis [45] Item, tractatus De natura verbi intellectus, qui sic incipit : ] 4 Quomodo 5 circa naturam Verbi. 54 [42 ] Item, tractatus De principio individuali, qui sic incipit : Quoniam duae sunt potentiae cognoscitivae in homine. 55 Item, tractatus De génère, qui sic incipit : Quomodo omnis creatura. 56 Item, tractatus De natura

1 M. Carissimi filii.

2 M. omet qui.

3 M. infantibus.

4 M. a laissé tomber ici un ou deux traités. Peut-être que dans le texte de Ptol. se trouve, entre les n0B 53 et 53 bis, le n° 44 de Guid. : De verbo seu De natura verbi.

5 Guid. Quoniam.

accidentis 1, qui sic incipit : Quoniam 2 omnis cognitio humana. 57 [40 ] Item, tract a tus De natura materiae, qui sic incipit : Postquam de principiis sermo3 habitusest. 58 Item, dicitur fecisse Concordiam dictorum suorum. 59 [75] Item, scripsit Super librum De divinis nominibus. 60 [74] Item, scripsit Super librum de Trinitate 4 Boethii. 61 [36] Item, Super 5 librum de causis.

Caput xv. De quibusdam logicalibus quae ad instantiam quorumdam nobilium scripsit; de quaestionibus de quolibet et de postillis quas super Bibliam notavit ; et de quodam scripto super primum Sententiarum.

Item, tradidit quibusdam nobilibus Aristotelis logicalia, quia scripsit 62 [61 ] Modales, 63 [56 ] et Fallacias, 64 et Introductoria ad logicam multum clara. 65 [37] Fecit Commentum super librum Posteriorum, 66 [38] et super librum Perihermenias. Qui plura ? Archa fuit philosophiae et theologiae ; et admirandum quod tantum scribere potuit, quia parum vixit respectu aliorum doctorum. 67 [25 ] Hic etiam notavit suas Quaestiones de quolibet, in quibus multa dubia declarantur, magnoque in eisdem scientia continetur.

Alia etiam multa scripta sunt ab eo utilia, quae magis habentur per modum reportationis, quae ipse videns postea correxit, et inde ulterius approbavit. 68 [12-15] Unde sunt Postillae super omnes epistolas Pauli praeter epistolam ad Romanos, quam ipse notavit, quas ego vidi et legi.

69 [11 ] Item, Postilla super Iohannem de qua ipse super quinque capitula 6 proprio stilo notavit ; totum aliud reportatio fuit, sed correctum per ipsum.

70 [16] Scripsit etiam super Isaiam, sed raro invenitur. Et haec de venerabili Doctore dicta sumciant.

71 [2] Scripsit etiam eo tempore quo fuit Romae, de quo supra dictum, iam magister existens, Primum super Sententias, quem ego vidi Lucae ; sed inde subtractum nusquam ulterius vidi.

B. — Le catalogue de Bernard Guidonis.

Bernard Guidonis prit l'habit des Frères Prêcheurs, en 1279, au couvent de Limoges. Après avoir rempli de nombreuses charges dans sa province, il fut nommé inquisiteur à Toulouse en 1307, procureur général de l'Ordre à Avignon en 1317, où Jean XXII lui

1 M. natura materiae accusantis.

2 M. Quomodo.

3 M. secundus.

4 M. Felicitate.

5 Super manque dans M.

6 M. capitulo.

confia diverses légations. Il fut nommé à l'évêché de Tuy en Galice, en 1323, puis transféré au siège de Lodève, le 20 juillet 1324, où il mourut le 30 décembre T331 1.

Malgré les charges incessantes que remplit Bernard, son activité littéraire fut énorme : elle est, autant que j'en puis juger, la plus considérable du moyen âge dans le domaine historique.

Bernard a composé une vie de saint Thomas qui est passée par trois étapes2. Cette question, toutefois, n'intéresse pas le problème que nous touchons ici. Le catalogue des écrits du saint, que Bernard a inséré dans sa biographie, n'est pas antérieur à 1320 dans l'état où nous le possédons. Et la légende elle-même n'est pas antérieure à la fin de 1318, ni postérieure à 1321 3.

1 Quétif-Echard, Script. Ord. Praed., I, 576 ; L. Delisle, Notice sur les manuscrits de Bernard Gui, dans Notices et extraits des manuscrits de la Bibliothèque nationale, t. XXVII. 2me partie (Paris, 1879), pp. 169-455 ; Arbellot, Etude biographique et bibliographique sur Bernard Guidonis, Paris-Limoges, 1896 ; U. Chevalier, Répertoire des sources historiques du moyen âge. Biobibliographie, Paris, 1905, I, col. 1919.

2 II nous apprend lui-même qu'il avait composé cette vie avant les enquêtes du procès de canonisation qui eurent lieu en 1319-1321. Il y ajouta, après la canonisation (1323), les récits de miracles empruntés aux actes du procès. Il donna ensuite une édition abrégée qu'il introduisit dans son Sancioral. Delisle, /. c, p. 296, note 2. — J-A. Endres a le premier fait observer et établi, croyons-nous, que la composition de la vie de saint Thomas par Bernard Guidonis est antérieure à celle de Guillaume de Tocco, et que c'est cette dernière qui est en dépendance de l'autre, et non inversement. Tùbinger Quartalschrift, 1908, pp. 537 et suiv. Mais la question me paraît être plus complexe que Endres ne le suppose. Voyez la note suivante.

3 Cela semble résulter du renseignement fourni par Bernard, qui nous apprend qu'il avait composé son travail avant les procès de canonisation (12 19-21). Voyez note précédente. Bernard qui se trouvait à Avignon, à la curie pontificale, comme procureur général de l'Ordre, lorsque Guillaume de Tocco y porta, en juillet-août 1318, sa première enquête sur saint Thomas (Acta SS., t. I, martii, Processus, nos 60, 8o, 99), utilisa selon toute apparence cette documentation et les renseignements verbaux de Guill. de Tocco. Il mit à profit pareillement l'Histoire ecclésiastique de Ptolémée de Lucques, ainsi qu'il le déclare lui-même (Voyez ci-dessous son catalogue des écrits de S. Thomas, n° 2) ; et probablement aussi les informations personnelles de Ptolémée qui résidait à la curie en ce temps-là ; si toutefois ce dernier n'avait écrit des mémoires sur saint Thomas, ainsi que le ferait croire le passage de la déposition de Guillaume de Tocco, où il déclare tenir le fait qu'il rapporte : « a Fratre Tholomeo, Episcopo Torcellanensi, qui est in Curia cum domino Sabinensi (Guillaume Godin), qui fuit studens Fr. Thomae, et multa de ejus sanctitate scripsit »

On possède un certain nombre de manuscrits de la vie de Bernard Guidonis. Mais l'un d'entre eux fait particulièrement autorité. C'est le manuscrit Vatican, latin, 3847 1. Ce manuscrit a déjà été signalé par Denifle2. Il n'est autre que l'exemplaire que l'auteur offrit luimême en hommage, vers 1325, à Pierre Roger, le futur Clément VI, ainsi qu'en fait foi la dédicace écrite au bas de la première page de la biographie : Venerabili viro domino Petro Roggerii, Magistro in theologia Parisius, frater Bernadus episcopus lodovensis présentent legendam sancti Thome de Acquino transmittit 3. Nous retrouverons bientôt Pierre Roger à l'occasion de son catalogue.

(Procès. n° 60). Doit-on identifier cesjmulta avec ce que Ptolémée nous fournit sur saint Thomas dans son Histoire ecclésiastique ? Il est difficile de répondre, parce que si Ptolémée ne nous livre pas tant de données que ce mot le suppose, Tocco, qui ne semble pas connaître le contenu de l'Histoire ecclésiastique, peut n'être pas très bien informé sur le nombre de pages qui y étaient consacrées à saint Thomas.

Quant à la date de composition de la légende de saint Thomas par Bernard Guidonis, elle ne peut pas être de 1308-19, comme le pense Endres (/. c, p. 549). Guidonis n'ayant pas connu saint Thomas, ni n'ayant vécu dans les lieux où Thomas avait passé, n'a pu entreprendre sa légende avant son arrivée à la cour d'Avignon, en 13 16 ; et là encore, il n'a pu écrire avant d'avoir connu les mémoires qui y furent portés par Tocco en juillet-août 1318, parce que le fonds de la vie de Guidonis coïncidant avec les procès de canonisation de 13 19-21, il est manifeste qu'il a utilisé l'enquête faite par Tocco dans le royaume de Naples dès la fin de 1317, laquelle devait concorder, en beaucoup de points, avec les dépositions de 1319 et 1321. La légende de Bernard ne peut donc pas dans son premier état, être antérieure à la fin de 1318. Il est même possible qu'elle soit un peu plus tardive. Nous verrons, en effet, que le catalogue des écrits de saint Thomas rédigé par Guidonis témoigne qu'il connaissait le catalogue officiel présenté à Naples en 13 19 dans le premier procès ; et les actes de ce procès ne furent portés à Avignon par les notaires qu'au commencement du carême de 1320. Si donc le catalogue des œuvres de saint Thomas introduit dans la légende n'appartient pas aux additions postérieures faites par Guidonis, la vie ne serait pas antérieure avant 1320. Il sera difficile de résoudre complètement ce problème tant qu'on n'aura pas retrouvé la légende de Guidonis en son état primitif.

1 La légende de saint Thomas commence au folio 27. Elle est précédée du Tractatus de predicatione crucis contra Saracenos in fidèles et paganos, fol. 1-26. C'est le traité de Humbert de Romans. Voy. sur cet écrit : Lecoy de la Marche, La prédication de la croisade au treizième siècle, dans Revue des Questions historiques, 1890, pp. 5-28.

2 Archiv f. Litt.- und Kirchengesch. des Mittelalters, II, p. 180, note.

3 Pour la date à laquelle on peut placer le don de Guidonis à Roger, on

66 DES ÉCRITS AUTHENTIQUES DE SAINT THOMAS D'aQUIN

C'est d'après ce manuscrit Vatican que nous reproduisons le catalogue des écrits de saint Thomas confectionné par Bernard Guidonis l.

Nous avons indiqué, en parlant du catalogue de Ptolémée, quelques-unes des caractéristiques qui lui sont communes avec le catalogue de Guidonis. Nous n'y revenons pas.

Le catalogue de Bernard Guidonis a pu être rédigé en partie avec la connaissance personnelle qu'il avait des écrits de saint Thomas. Mais il est hors de doute qu'il a eu sous les yeux, pour composer sa liste, celle de Ptolémée et celle du procès de canonisation. Pour s'en convaincre, il suffit, pour le premier point, de constater que Guid. (2) se réclame expressément lui-même de Ptol. (71) ; et pour le second de comparer certains numéros de Guid. qui n'ont pas de correspondants dans Ptol., mais qui procèdent par contre manifestement du catalogue officiel. Voyez par exemple les nos 11, 14, 21, 22, 23, 31, et les numéros correspondants de Off. indiqués conjointement au cours du catalogue de Guidonis.

Guidonis ayant eu sous les yeux Off. et Ptol., on doit s'attendre à ce que son inventaire ne s'écarte guère en plus et en moins de la somme d'ouvrages fournis par ses devanciers. C'est ce qui se vérifie. Notons cependant quelques particularités.

Guidonis, bien qu'ayant Off. à son service, n'en a pas reproduit les nos 35-38 qui indiquent les commentaires sur les quatre Evangiles. Guid. a vraisemblablement pensé qu'il s'agissait de l'Exposition continue dite Catena aurea, et les a omis pour ne pas faire double emploi.

Guid. mentionne (24 c) par son titre spécial une question disputée, De anima, qui ne paraît pas dans Off. et Ptol.

Sur la question des apocryphes, Guid. nous fournit le même chiffre que Ptolémée, mais avec cette différence qu'il a laissé tomber

observera que Guidonis est déjà évêque de Lodève, sa nomination étant du 20 juillet 1324. En outre, Pierre Roger ayant été nommé abbé de Fécamp, le 23 juin 1326 (Chart. Univ. Paris., II, p. 272), Guidonis n'aurait pas manqué de lui donner son titre s'il lui avait offert sa légende après cette date. C'est donc de la seconde moitié de 1324 à la première moitié de 1326 que s'est produite la démarche de Guidonis.

1 Je dois la copie de cette pièce à mon confrère le R. P. R. Coulon, à qui j'exprime ici mes remerciements. Je l'ai collationnée d'ailleurs sur la copie que le R. P. D. Prùmmer possède de la légende de Guidonis, prise sur ce manuscrit.

les numéros 55, 56 et 58. Par contre il en énnmère trois nouveaux qui n'ont pas été signalés par Ptolémée. Ce sont les articles 41, 44 et 49. Avec Ptol. et Guid. nous connaissons donc déjà quinze apocryphes.

GUID 1.

De numéro et nominibus librorum et tractatuum sancti Thomae.

Donum autem scientiae et intelligentiae collatum divinitus sancto Thomae evidentius declaratur in multiplici eius opère scripturarum. Qui ut scriba doctissimus de thesauro cordis sui protulit nova et vetera, de Novo scilicet et Veteri Testamento, et abscondita diversarum scientiarum produxit in lucem. Numerus autem et nomina librorum et tractatuum ac operum eius quae ad Dei laudem, et fidei dilatationem eruditionemque studentium, tam in philosophicis quam in divinis ipse conscripsit in sequentibus conscribuntur.

1 [1] Scripsit enim Super quatuor libros Sententiarum scripta quatuor, primum videlicet, secundum, tertium et quartum ; opus siquidem disertum, intellectu profundum, intelligentia clarum, et no vis articulis dilatatum.

2 [71] Cumque post très annos sui magisterii redisset in Italiam, tempore Urbani papae, existens Romae scripsit iterum scriptum Super primum Sententiarum, sicut testatur in Chronica sua dominus frater Ptolomaeus, episcopus Torsellanus, qui discipulus et auditor fuit, asserens se vidisse illud in conventu Lucano, quod nunc non invenitur, quia clam sublatum fuisse creditur, et ideo non fuit multiplicatum.

3 [19] Scripsit etiam Summam totius theologiae, quam pluribus articulis ampliavit, et aliter quam in scriptis suis prioribus secundum exigentiam materiae miro ac convenienti ordine, per quaestiones et articulos distinxit, subtilioribus rationibus ipsos determinans et declarans, quos sanctorum doctorum auctoritatibus roboravit ; in quo opère cunctis theologiam scire desiderantibus sic utiliter laboravit, quod viam sciendi, intelligendi et comprehendendi facilem modum atque compendiosum prius ignotum adinvenit et tradidit, non absque infusione doni gratiae specialis.

Summam autem praedictam in très partes distinxit, videlicet in Naturalem, Moralem et Sacramentalem, in quarum prima agit et définit de naturis rerum, et primo de divinis, secundo autem de rébus creatis, et

1 Les numéros entre crochets renvoient aux numéros correspondants de Ptol. Quand ils renvoient exceptionnellement à OfL, ce mot précède le chiffre. Les titres d'ouvrages écrits en italique dans le catalogue sont apocryphes.

intitulatur Prima Pars Summae. Secundam autem partem moralem divisit in duo volumina, in quorum primo agit et définit de virtutibus et vitiis in communi ; et intitulatur Prima Secundae. In secundo vero volumine agit et déterminât descendendo ad materias virtutum et etiam vitiorum in speciali ; et intitulatur Secunda Secundae respectu eiusdem materiae. Est autem ornata philosophorum dictis et rationibus, et sanctorum auctoritatibus roborata. Tertia autem Pars Summae est quartum volumen eiusdem quae ideo Sacramentalis vocatur, quia in ea agitur de sacramentis Christi et Ecclesiae et de toto mysterio Incarnationis Filii Dei ; et intitulatur ultima pars summae, quia finis est aliarum et ultimo facta fuit, in qua scribendi et vitae suae finem fecit, et morte praeventus incompletam reliquit.

4 [14] Scripsit etiam librum qui intitulatur Summa contra Gentiles, quem quatuor libris distinxit. Est autem stilo disertum et rationum novitate et subtilitate profundum ; in quo praecipue opère, cum ipsum scriberet, fréquenter inventus est a sensibus exterioribus sic abstractus ut videretur totaliter divinis intentus.

Non autem absurdum alicui videatur quod praefatus doctor tam in scriptis suis quam etiam in Summa saepius, ubi convenit ad propositum, utatur scientiis saecularibus et humanis philosophorum et ethnicorum, cum ab eodem intellectu divino subiecta omnium scientiarum prodeant, a quo divinae sapientiae veritates émanant, cui omnes scientiae iure subserviunt ut ancillae.

5-8 [6-9] Scripsit etiam, ad mandatum domini Urbani papae, Super quatuor Evangelia opus insigne, miro contextum ordine, ex dictis et auctoritatibus sanctorum, ex quibus sic unius cuiusque evangelistarum quatuor continua vit historiam, quasi unius doctoris videatur esse lectura.

9 [Off. 67] Fertur quoque scripsisse Expositionem super Evangelia dominicalia totius anni, quae vix aut rarissime reperiuntur.

10 [18] Item, mandante sibi domino Urbano papa dictavit et ordinavit totum Officium ecclesiasticum de corpore Christi, tam diurnum quam nocturnum, quam etiam missae.

11 [69 ] Scripsit quoque Postillam super Evangelium Iohannis, maxime super quinque capitula stilo proprio ; residuum vero dicitur reportasse, ipso legente, frater Raynaldus socius eius ; postmodum idem Doctor correxit et approbavit.

12 [68. Off. 39] Scripsit etiam postillas super Epistolam Pauli ad Romanos.

13 [68. Off. 40] Item, Super Epistolam ad Cormthios.

14 [68. Off. 62] Item, Super Epistolam ad Hebraeos 1, usque ad

1 Guid. fait ici une confusion. Voy. Off., 62.

undecimum capitulum. 15 [68. Off. 62] Ab inde vero sunt postillae eius super sequentes Epistolas Pauli reportatae per praedictum socium suum post ipsum legentem, quas idem Doctor fertur postmodum correxisse.

16 [70] Scripsit etiam Super Isaiam postillam quae raro invenitur, in cuius passu quodam textus difficili post orationes et lacrimas eius sanctorum Apostolorum Pétri et Pauli, qui ipsum instruxerunt habuit visionem.

17 [16] Scripsit quoque Super lob ad litteram, quem nullus doctorum litteraliter sic sicut ipse exponere attentavit.

18 [Off. 42] Scripsit etiam Super Ieremiam, 19 [Off. 43] et Super Threnos, 20 [Off. 44] et Super Cantica Canticorum.

21 [Off. 64] Frater vero Raynaldus, socius eius, dicitur reportasse Postillam super très nocturnos Psalterii, ipso legente, quae incipit : In omni opère suo dédit confessionem sancto.

22 [Off. 70] Item reportavit ipso legente Super primum librum de Anima.

23 [Off. 69] Lecturam vero super Matthaeum, quae defectiva est, frater Petrus de Andria dicitur reportasse.

24 [5, 20, 21] Scripsit etiam idem Doctor non parva volumina Quaestionum de diversis materiis, per diversos articulos distinguens et prosequens, et elucidans veritatem, quae intitulantur (a) Quaestiones de veritate (5). (b) Item, Quaestiones de potentia Dei. (c) Item, Quaestiones de Anima (15). (d) Item, Quaestiones de Virtutibus. (e) Item, Quaestiones de Malo. (/) Item, Quaestiones de Spiritualibus creaturis.

25 [67] Item scripsit XI Quodlibet disputata.

Scripsit etiam super philosophiam Aristotelis, 26 [n] Super librum Phisycorum, 27 [13] Super Metaphysicam, 28 [22] Super très libros de Caelo el Mundo, 29 [23] Super librum de Generatione et Corruptione, 30 [Off. 54] Super duos libros Metheororum, 31 [15, Off. 55] Super secundum et tertium de Anima, 32 [Off. 56] Super librum de Sensu et Sensato, 33 [57] Super librum de Memoria et Reminiscentia, 34 [12] Super librum Ethicorum, 35 [24] Super quatuor libros Politicorum, 36 [61] Super librum et propositones Proculi, 37 [65 ] Super librum primum et secundum Posteriorum, 38 [66] Super librum Perihermenias.

Sequitur de opusculis sancti Thomae.

Scripsit etiam sanctus Thomas doctor diversos tractatus et libellos, ad instantiam diversarum personarum, quibus, sicut ei mittebant dubia, dabat ipse de veritate responsa. Qui tractatus recollecti in unius voluminis corpore, ipsum emciunt satis magnum, et intitulantur communiter opuscula sancti Thomae, et possunt ordinari in uno volumine ad beneplacitum ordinantis, quia unus ab alio non dependet. Sunt autem numéro circiter

quadraginta, paulo plus minusve, quorum nomina et principia in sequentibus subnectentur, videlicet :

39 [4, 29] Tractatus De principiis naturae, ad fratrem Silvestrum, qui incipit : Quoniam 1 quoddam potest esse licet non sit.

40 [57 ] Tractatus De natura materiae, qui incipit : Quoniam 2 de principiis sermo habitus est.

41 Tractatus De oppositis 3, qui incipit : Quoniam quatuor sunt oppositiones.

42 [54] Tractatus De principio individuationis, qui incipit : Quoniam 4 duae sunt potentiae cognoscitivae in homine.

43 [53] Tractatus De natura instantis seu De instantibus, qui incipit : Quoniam omnem durationem concomitatur instans.

44 [53 bis, note] Tractatus De verbo seu De natura Verbi, qui incipit : Ad intellectum huius nominis quod dicitur verbum.

45 [53 bis] Tractatus De natura Verbi intellectus, qui incipit : Quoniam circa naturam verbi intellectus, sine quo imago Trinitatis non invenitur in homine expressa.

46 [26] Tractatus De motibus naturalibus corporis seu De actionibus et operationibus occultis naturae, ad quemdam militem Ultramont anum, qui incipit : Quoniam in quibusdam naturalibus corporibus.

47 [45] Tractatus De motu cordis, ad magistrum Philippum de Castro Caeli, qui incipit : Quoniam 4 omne quod movetur.

48 [3, 31 ] Tractatus De quidditate entium, seu De ente et essentia, ad fratres et socios, qui incipit : Quoniam 5 par vus error in principio.

49 Tractatus De démonstration, qui incipit : Ad habendum cognitionem.

50 [63] Tractatus De fallaciis, ad quosdam nobiles artistas, qui incipit : Quia logica est rationalis scientia.

51 [28] Tractatus De angelis seu De substantiis separatis, ad Fratrem Raynaldum, qui incipit : Quia sacris Angelorum solemniis.

52 [33] Tractatus Contra errorem Averroistarum de unitate intellectus, qui incipit : Omnes homines naturaliter scire desiderant.

53 [30] Tractatus De sortibus, utrum sortibus sit utendum, ad dominum Jacobum de Burgo, qui incipit : Postulavit a me vestra dilectio.

54 [27] Tractatus De iudiciis astrorum, utrum liceat eis uti, ad fratrem Raynaldum, qui incipit : Quia petisti ut tibi scriberem.

1 Les éditions donnent : Nota quod quoddam.

2 Les éditions donnent : Postquam.

3 Les éditions : De quatuor oppositis.

4 Les éditions : Quia.

5 Les éditions portent : Quia.

55 [39] Tractatus De regimine Iudaeorum, ad ducissam Brabantiae, qui incipit : Excellentiae vestrae recepi litteras.

56 [40] Tractatus responsionum ad quadraginta très articulos, ad magistrum ordinis, qui incipit : Reverendo in Christo Patri.

57 [41] Tractatus in quo continetur Responsio ad multos articulos, ad fratrem Geraldum lectorem Bisuntinum, qui incipit : Carissimo sibi in Christo.

58 [38] Tractatus in quo continetur Responsio ad trigenta sex articulos, ad lectorem Venetum, qui incipit : Lectis litteris vestris inveni.

59 [37] Tractatus ad Urbanum papam Contra errores Graecorum, qui incipit : Libellum ab Excellentia vestra mihi exhibitum.

60 [44] Tractatus De regimine principium, ad regem Cypri, qui incipit : Cogitanti mihi quid offerem regiae Celsitudini dignum.

61 [62] Tractatus De propositionibus modalibus, qui incipit : Quia propositio modalis.

62 [34 ] Tractatus De aeternitate mundi, utrum possit esse ab aeterno, qui incipit : Supposito secundum fidem catholicam.

63 [52] Tractatus continens Expositionem symboli Credo in Deum, qui incipit : Primum quidem est necessarium christiano.

64 [51] Tractatus continens Expositionem salutationis angelicae Ave gratia plena, qui incipit : In salutatione ista continentur tria \

65 [OfL 65] Tractatus continens Expositionem orationis dominicae Pater noster, qui incipit : Inter alias orationes dominica oratio principalior invenitur.

66 [36] Tractatus De articulis fidei et Ecclesiae sacramentis, ad archiepiscopum Panormitanum, qui incipit : Postula vit a me vestra dilectio ut de articulis ndei et Ecclesiae sacramentis.

67 [32] Tractatus in quo continetur Brevis declaratio quorumdam articulorum, quos impugnant Graeci et Armeni et Sarraceni, ad cantorem Antiochenum, qui incipit : Beatus Petrus apostolus.

68 [35 ] Tractatus continens 2 Expositionem primae decretalis De summa Trinitate Firmiter credimus, qui incipit : Salvator noster.

69 [Off. 23 ] Tractatus continens 2 Expositionem secundae decretalis Damnamus et reprobamus, qui incipit : Exposita forma catholicae ndei.

70 [49 bis] Tractatus De perfectione vitae spiritualis, qui incipit : Quoniam quidam perfectionis.

71 [49 ] Tractatus De forma absolutionis sacramentalis, ad magistrum Ordinis, qui incipit : Perlecto libello.

72 [48] Tractatus De mixtione elementorum, qualiter sunt in mixto, ad magistrum Philippum, qui incipit : Dubium apud multos esse solet.

1 Le texte édité commence : Ista salutatio triplicem partem.

2 Le ms. porte : consequens.

72 DES ÉCRITS AUTHENTIQUES DE SAINT THOMAS d'aQUIN

73 [Off. 46] Tractatus continens Expositionem super librum Boetii De hebdomadibus, qui incipit : Praecurre prior in domum tuam.

74 [60] Tractatus super librum Boetii De Trinitate, qui incipit : Ab initio nativitatis meae investigabo.

75 [59] Tractatus continens Expositionem librorum Dyonisii De divinis nominibus.

76 [47] Tractatus de perfectione christianae religionis, qui incipit : Christianae religionis propositum.

77 [43] Tractatus Contra impugnantes religionem, videlicet contra Guillelmum de Sancto Amore et sequaces eius, qui incipit : Ecce 1 inimici tui sonuerunt.

78 [42 ] Tractatus qui intitulatur Compendium theologiae, ad fratrem Raynaldum, qui incipit : Aeternis Pat ris Filium.

79 [50 ] Tractatus De praeceptis quia lex amoris fuit homini necessaria, qui incipit : Tria sunt homini necessaria.

80 [46] Tractatus De fato, qui incipit : Quaeritur de fato an sit.

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