Des effets physiologiques et thérapeutiques des éthers
De toutes les réactions que soulèvent dans l’organisme les opérations de la chirurgie, la douleur est certainement la plus énergique et la plus formidable. Source d’appréhensions funestes, qui infligent à l'intelligence l’anticipation des souffrances physiques, elle éloigne souvent un malade pusillanime du seul moyen qui pourrait le guérir, jette le doute et linsuccès sur les résultats opératoires, use quelquefois dans ses rapides et dévorantes manifestations les restes d’une vie affaiblie par la maladie, et anéantit le patient sous cette débilité profonde et irrémédiable que les chirurgiens modernes appellent épuisement nerveux.
Tout opéré doit souffrir : c’est la loi. La douleur est une fatalité; mais dire qu’elle est utile parce qu'elle est inévitable, c’est se complaire dans un optimisme aveugle, c’est préférer à l'attestation irréfragable des faits les suggestions de la théorie
ou des idées préconçues. Je dirai donc avec le
célèbre auteur des Rapports du physique et du moral, « que la gravité des accidents qui s’ensuivent de l'action des corps sur nos organes dépend principalement de la sensibilité de ces derniers (1). » | De tout temps, ce grand préceple a été généralement compris. L'idée d’anéantir ou d’atténuer la douleur est aussi vieille que la chirurgie. C'est dans ce but qu'Hippocrate prescrivait le feu et les scarifications (2), et cette indication s’est encore conservée en Asie, où l’on fait un si grand usage du moxa dans les douleurs articulaires (3). L'opium à longtemps été regardé comme l'agent anesthésique par excellence, et Van Helmont, dans son enthousiasme, l'appelle le don spécifique du Créateur. L'ivresse alcoolique, le froid, la compression circulaire et celle des troncs nerveux, la syncope produite par la saignée ont été tour à tour employées (4) ; mais l'insuffisance et les conséquences fâcheuses de ces moyens les ont fait successivement rejeter. En 1778, Mesmer vint à Paris, accompagué du prestigieux cortége de ses appareils fan- (1) Cabanis, Rapports du phys. et du moral de l’homme, 8e édition, avec notes, par L. Peisse. Paris, 1844, p. 134. (2) De affect. int., cap. 2; ibid., cap. 8, cap. 53; Aphor. 59, 60. (3) Van Swieten, in aph. Boerhaav., trad. de Louis. Paris, 1768, i. IL, p. 84.
(4) Alph. Sanson, Lettre à l’ Acad. de médecine. (Bulletin, 31 janvier, t. XII, p. 274.)
INTRODUCTION. à
. tastiques. Il annonçait que le moyen d’abolir la douleur était trouvé. Sur quelques imaginations déréglées, les magnétiseurs purent reproduire les hallucinations des ilagellants et des convulsionnaires de Saint-Médard ; les chirurgiens appelés à constater leurs prétendus succès stigmatisèrent justement leur charlatanisme.
Et cependant , l'agent héroïque qui pouvait anéantir la sensibilité était connu depuis bien longtemps; plus d’une fois on avait apprécié ses propriétés merveilleuses ; mais les faits étaient passés inaperçus, 11 leur avait manqué ces grandes impulsions qui font les grandes découvertes.
Raymond Luile, Isaac Hollander, Basile Valentin, Paracelse, et des alchimistes beaucoup plus anciens encore, avaient été frappés des propriétés physiques si remarquables de l’éther, et avaient cru trouver en lui un des éléments de ces problèmes indéfinissables pour la solution desquels leur vie fut toujours trop courte.
Üne particularité très-singulière de l'histoire médicale de l’éther, c’est la réputation immense qu'ontacquise loutes Les préparations dont il a fait la base. On sait quelle fut; la renommée de la liqueur anodine d'Hoffmann, qui n'était que de l'éther alcoolisé. Ce fut avec un véritable engouement que les médecins accueillirent en 1782 je
mélange d’éther et d'huile essentielle de térébenthine, que Durande, médecin de Dijon, annonçait comme le spécifique des coliques hépatiques (1). |
Les médecins connaissaient depuis longtemps l'excitation passagère suivie de sédation que provoque loujours l’élher ingéré dans l'estomac ; ils avaient aussi constaté son innocuité. Le chimiste Bucquet, alleint d'un squirrhe-du côlon auquel il suceomba, prenait pour calmer ses douleurs d’entrailles une pinte d’éther par jour (2); Christison (Un poisons) cile l'exemple analogue d’un asthmatique qui en consommait 16 onces tous les huit ou dix jours. D'après les expériences de Brodie, 4 à 5 gros d'éther sulfurique plongeaient un cheval dans une léthargie profonde et suffisaient pour suspendre toute contraction musculaire (3). M. Orfila introduisit dans l'estomac d’un chien, dont il lia l'æsophage, une demi-once d’éther; au bout de dix minutes, l'animal ne pouvait plus se tenir debout ; quelques minutes plus-tard , il était tombé dans un état comateux, et trois heures après, 1l élait mort. L'injection de 3 gros d’é-
(1) Durande, Sur l'efficacité du mélange d'éther sulfurique et d'huile essentielle de, térébenthine dans les coliques hépatiques produiles par les calculs biliaires. Dijon, 1782.
(2) Mém. de la Soc. roy. de méd. pour 1779 ; Hist., p. 74. (3) Journ. de méd. de Leroux, 1811, t. XXVI, p.390.
ther dans le tissu cellulaire présenta le même résultat (1). |
L'action de l'éther trop longtemps respiré avait aussi élé constatée, Christison rapporte le cas d’un jeune homme qui fut trouvé dans un éfat complet d'insensibilité, pour avoir respiréun air très-fortement chargé de vapeurs d’éther sulfurique ; il resta dans un état apoplectique pendant quelques heures, et il aurait probablement succombé si l'on ne s'était hâté de le transporter dans une autre atmosphère (2). La servante d’un droguiste fut trouvéeun jour morte dans son fit. La mort était probablement due à l'inspiration prolongée des vapeurs d'éther qui remplissaient la chambre, où unejarre pleinede ce liquide s'était cassée. Celte fille était couchée sur le côté, les bras croisés sur la poitrine ; son visage était calme, son attitude naturelle , semblable à celle d'une personne endormie d’un profond sommeil. À l'ouverture du cadavre, on trouva la membrane interne de l’estomae d’an rouge vif et les poumons gorgés de sang (3). L'éditeur du journal qui relate ce fait assure qu’il a connu un exemple d'empoisonnement à peu près analogue.
(1) Orfila, Toæicol. gén., t. Il, p. 456.
(2) Christison, 4 Treatise on poisons, 2e édit., p. 804.
(3) Medland, Med. and surg. reporter et Edinbur gh med, and surg. Journal, t. XXXV, p. 452,
« Un gentleman, par une imprudente inhala- «on de vapeur d'éther, fut plongé dans une « vérilable léthargie, qui persista, sauf des inter- « ruptions passagères, plus de frente heures avec « une grande prostration : pendant plusieurs jours «le pouls était si petit que l'on eut des craintes « sérieuses pour sa vie (1). » |
L'idée de plonger les opérés dans l'insensibilité en leur faisant respirer des substances capables de la produire, à été réalisée depuis 1832 par un médecin du midi de la France, le docteur Dauriol. Voici comment il s’y prend : vers la mi-jJuin, épo— que où la végétation a acquis assez de force, il irempe une éponge dans le suc de la jusquiame, du datura stramonium, de la pelite ciguë ou de la laitue vireuse; il la sèche au soleil, et renouvelle lois immersions semblables à la première.
Lorsqu'il veut insensibiliser un malade, il mouille l'éponge dans de l’eau chaude et la place sous le nez. Bientôt l'individu est plongé dans un sommeil plus ou moins profond, suivant sa suscephbilité nerveuse. Il est entièrement impassible pendant l'opération qu'on lui fait subir. Pour le réveiller, il suffit de remplacer l'éponge par un linge imbibé de vinaigre.
À l'appui de celte communication, le docteur
(1) Prande’s Journal.
INTRODUCTION. 7 Dauriol rapporte cinq opérations qu'il a pratiquées sans faire éprouver la moindre douleur à ses opérés. Tous ses malades se sont réveillés sans se douter de l'opération qui venait d’être faite, et tout étonnés de se voir débarrassés de leur mal (1). Dans un ouvrage qui parut à Boston en 1843, Robert Collyer établit, p. 26, que les imhalations de vapeurs narcotiques ou stimulantes peuvent produire un état tel qu'on perd la conscience. Il expérimenta à peu près sur vingt personnes, mails les résultats qu'il obtint furent peu favorables. L’éther lui-même avait été administré par inhalation, et sa propriété merveilleuse élait restée méconnue! Er 1831, MM. Mérat et Delens disaient, dans leur ichionnaire universel de matière médicale : « On administre aussi la vapeur « d’éther au moyen d’un flacon dont une tubulure « reçoit un tube droit qui plonge par une extré- « mité dans l’éther, par l’autre dans l'air, et dont « la seconde tubulure recourbée en are s'adapte à « la bouche du malade. Celui-ci aspire, et l'air qui « rentre par le tube s’imprègne d'éther en traver- « sant ce liquide. Cet exercice, ordinairement « prolongé pendant une ou deux minutes, est « ordinairement renouvelé plusieurs fois par
(1) Journ. de méd. et de chir. de Toulouse, t. X, 6° livraison, janvier 1847.
1 jour (1). » Un pas de plus, s'écrie M. Sédillot, et l'application de ce moyen aux opérations de la chirurgie était révélée (2). Ce pas n’a été fait qu'après quinze ans d'attente, par un chimiste américain,
Le 18 janvier, M. Élie de Beaumont demanda à l'Académie. des sciences la permission d'ouvrir un paquet cacheté, qu'avait déposé, le 28 décembre 1846, M. le docteur Jackson, de Boston. C’était la communication officielle de la découverte nouvelle. Les premières applications de l'agent anesthésique avaient été faites par le-dentiste Morton et répélées en grand à l’hôpital de Massachusetts. Le docteur John Warren avait enlevé une lumeur du cou sans causer la moindre douleur. Sur son exemple, MM. Begelow et Hayward avaient praliqué avec le même succès une amputation de cuisse et l'ablation d’un sein.
Bientôt le Medical Review, le Medical Times et une lettre que le docteur John Warren écrivait à la Gazette médicale de Londres porlèrent en Angleterre la nouvelle des effets surprenants qui résullaient de l’inhalation de l'éther. A peu près à la même époque, M. Velpeau en recevait une communication confidentielle.
(1) Mérat et Delens, Dict. univ. de mat. méd., 1831, t. IT, p. 165. (2) Sédillot, Gazette méd. de Strasbourg, 20 février 1847.
Les chirurgiens anglais s'étaient empressés de meltre à l'épreuve le nouvel agent anesthésique. Un dentiste, M. Robinson, l'appliqua à l’extraction des dents. À l'hôpital de l'University cotlege, M. Liston fit une amputation de jambe et l'arrachement d’un ongle après avoir éthérisé ses malades. MM. Fergusson, Lansdown, Guthrie, Liston, Key, Lawrence, Mac-Murdo, etc., sem pressérent de limiter, et oblinrent des résultats presque toujours heureux.
La nouvelle de leurs succès et de la découverte américaine fut bientôt rendue publique en France par l'Union médicale du 7 janvier, qui la répéta d'après un journal belge. Les lettres du docteur Jackson remuèêrent vivement l’active curiosité des chirurgiens. La question, née en Amérique, avait traversé l'Angleterre, et restait encore toute neuve et toute à faire.
Bientôt M. Malgaigne communiqua à l’Académie de médecine ses premiers essais. MM. Robert, Velpeau, Roux opérèrent leurs malades sans les faire souffrir. M. Gerdy se soumit le premier aux inhalations élhérées, dont il analysa si bien l'influence (1).
Les appareils se perfectionnèrent rapidement, les expériences se multiplièrent, les communica-
(1) Bulletin de l Acad. royale de médecine, t. XIL, p. 303.
tions s’entassèrent sur les bureaux des sociétés savantes, une véritable fièvre de publication s’empara de tous les esprits : chacun voulait contribuer pour sa part à la solution d’une question qui paraissait devoir être si grande dans ses résultats.
Mais au milieu de l'engouement général, une voix s'éleva contre la découverte nouvelle et lui jeta l’accusation d’immoralité. Elle fut vivement relevée par les chirurgiens les plus distingués des hôpitaux de Paris, et aujourd’hui M. Magendie pourra trouverdans ces faits, qu'il réclamait d’abord avec tant d'instance, une réponse qui fera taire ses craintes exagérées el ses scrupules chimériques.
Ma tâche serait trop longue si j’entreprenais d’énumérer ici les nombreuses communications qui ont élé adressées aux académies sur les applications chirurgicales de l’éther. Depuis qu’on connait la découverte de M. Jackson, les opérations qui ontété praliquées sur des malades non éthérisés sont l’exceplion. Quelques jours après les essais de M. Malgaigne, les propriétés anesthésiques de l’éther constatées, le fait fut acquis irrévocablement.
La physiologie fut alors appelée à donner l’explication des phénomènes si curieux qui précèdent ou accompagnent Le développement de l’insensibilité. M. Serres (1) examina l’action directe de l’éther
(i) Comptes rendus de l’ Acad. des sciences, 8 et 15 février.
sur les nerfs dénudés. M. Flourens (1) détermina les diverses altérations fonctionnelles ou anatomiques que la moelle épinière et la moelle allongée pouvaient subir; il établit cette survie singulière du nœud vital, au moyen de laquelle tant de manifestalions obscures ont pu être expliquées. M. Amussat (2) signala la coloration foncée du sang artériel. M. Longet publia son intéressant mémoire sur l'action des vapeurs éthérées sur les systèmes nerveux , cérébro-spinal et ganglionnaire. Le 23 mars, M. Blandin résuma devant l'Académie de médecine l’état de la question, surtout au point de vue de ses applications thérapeutiques (3). Pappenheim essaya de déterminer la nature des lésions de siructure que présentent les fibres nerveuses chez les animaux éthérisés ; M. Lassaigne analysa leur sang et tâcha de déterminer la quanüté de ses éléments normaux, et la portion de vapeur d'éther qu'il pouvait renfermer.
Le professeur Simpson d'Édimbourg et M. le professeur Paul Dubois annoncèrent l'application nouvelle que l’on pouvait faire des inhalations éthérées à l’art obstétrical. Les observations de MM. Chaïlly-Honoré et Stoltz, de Strasbourg, sui-
(1) Comptes rendus, 22 février.
(2) Ibid.
(3) Bulletin de l’ Acad. royale de médecine, t. XII, p. 505, 527.
virent de près leurs intéressants mémoires. En Allemagne, Sieboldt fit connaître les cas nombreux dans lesquels il avait favorisé l'accouchement par les inhalations d'éther, et établit un puissant contrôle sur ceux qui l’avaient précédé.
L'action de l’éther sur la muqueuse pulmonaire avait absorbé toute l'attention des chirurgiens et des physiologistes. M. Flourens observa les effets qui résultent de son injection directe dans les vaisseaux arlériels ou veineux, ou dans le tissu cellulaire sous-cutané.
MM. Marc Dupuy et Pirogoff l'injectèrent dans le rectum, et signalèrent la similitude des phénomênes produils avec ceux qui résultent de l'inhalation.
Üne découverte aussibellequecelle deM. Jackson devait trouver de nombreux prétendants : à peine élait-elle connue en France, que M. Ducros, de Marseille, revendiqua pour lui une partie de l'honneur qui revenait au chimiste américain. Pour exclure ses prétentions, il suffit de dire qu'il avait employé l’éther en frictions sur les parois buccale el pharyngienne (1).
Le 17 avril, M. Saint-Genès adressaitla même réclamation que M. Ducros, et s'associait à lui pour
(1) Ducros, Communic. (Comptes rendus de l' Acad. des sciences, t. XXIV, p. 74.)
INTRODUCTION. j 13
que l’Académie des sciences fit droit à leur demande commune.
Le 23 février, le secrétaire annuel de l’Académie de médecine donna lecture d’une lettre de M. Horace Wells, médecin américain des États de Massachuselts, qui réclamait pour lui la priorité de l'application des vapeurs éthérées pour suspendre la douleur. Ce médecin prétendait avoir fait sur ce sujet de nombreuses expériences dès 1844 : il les aurait communiquées en 1845 à M. Jackson qui en aurait fait son profit. Il avoue du reste qu'il s’est loujours servi de gaz proloxyde d'azote, de préférence aux vapeurs d’éther (1).
Enfin, le 1° mars, M. Gérardin rappela à l'Académie de médecine qu’en 1828 un chirurgien anglais, M. Hickmann avait proposé un nouveau moyen d'insensibiliser les malades. Ce moyen c'élait l'inhalation de l'acide carbonique.
Il est bien facile de voir que les nombreux compélileurs de M. Jackson n’ont aucun droit à sa découverte, et que l'honneur lui en est réservé exclusivement.
Tout ce qu'on a publié sur l’éther est disséminé sous forme d'articles dans les comptes rendus des Académies ou les revues périodiques. Les mémoires de MM. Longet, Simpson, P. Dubois, Pirogof,
(1) Bulletin de l’ Acad. de méd., t. XI, p. 394.
Jules Roux, ont embrassé d’une manière spéciale certains points de la question ; mais personne ne l'a encore traitée d’une manière complète. Les opuscules de MM. Pajot, Langlebert, et un mémoire anonyme qui les a suivis, ont paru peu de temps après la découverte de l’action de l’éther. Rapidement débordés par les nombreuses expériences, les curieuses recherches et les communicalions qui se mutipliaient avec une incessante aclivité, ces travaux ont été vieux et incomplets, du jour où ils ont paru.
Aujourd'hui cet empressement enthousiaste qui a salué le début des inhalations d’éther s’est apaisé, les travaux, plus murs et plus consciencieux, ne se succèdent qu'à de plus rares intervalles.
Il serait encore prétentieux de vouloir écrire un mémoire complet sur une queslion qui s’en richit chaque jour de nouveaux éléments; mais un travail qui réunit toutes les publications si nombreuses qui se sont si rapidement pressées, a le double avantage d'exposer nettement l'état actuel d'une question importante, et d'éviter à ceux qui voudront plus tard en écrire l’histoire, des recherches laborieuses et difficiles.
Je diviserai ce travail en trois parties :
Dans la première, j’analyserai les diverses lésions fonctionnelles apparentes qui nous révèlent l'in-
fluence de l'éther pris par inhalation ou absorbé par le rectum. Je poursuivrai l’action plus intime de cet agent sur les systèmes nerveux, cérébro-spinal et ganglionnaire, sur les grands appareils de l’hématose et de la circulation, sur le sang, la calorification et la structure des organes locomoteurs. Après avoir apprécié les circonstances diverses qui peuvent faire varier la marche progressive des effets de l’éther, et fait un historique abrégé des appareils jusqu'à ce jour employés, je terminerai en indiquant les précautions à prendre pour développer avec promptitude et sécurité cet ensemble de lésions fonctionnelles qu’on appelle éthérisme,
Dans la seconde partie, j'examinerai successivement l'action de tous les éthers autres que l’éther sulfurique. Cette face de la question avait été entüièrement négligée, je l'ai établie presque tout entière sur les expériences que j'ai tentées sur des chiens. En déduisant les conclusions qui résultent naturellement de ces expériences, je résumerai, en quelques propositions, l'action spéciale de chaque éther. Je réunirai enfin dans une dernière appréclation leurs propriétés générales, et j'établirai leurs analogies et leurs différences avec l’éther sulfurique.
La troisième partie sera tout entière consacrée aux applications thérapeutiques de l’éther sulfu-
rique, et à celles que les autres élhers pourraient recevoir.
Les mots éhérisation et éthérisme ont été indifféremment employés; c’est à tort, ce me semble. Pour éviter toute obscuritéje désignerai avec M.J. Roux, sous le nom d’éthérisation, la marche ascendante des effets-de l’éther; et sous le nom d'éthérisme, l’état de collapsus et d’insensibilité qui en est le terme. g
NN NO NN ER NT CRT NS NS NT NS RENAN NS SNS RSS SNS NS SN SNS NN SNS SSS NII SINS NS