V. La mort peut suivre les inhalations d’éther nitrique
VI. Elle est probablement due à la congestion des méninges et de la pulpe nerveuse cérébro-spipale, congestion surtout intense au niveau de la protubérance du bulbe et du point de jonction de ces deux portions de l’encéphale.
Vil. Les mouvements convulsifs des muscles du
cou, les mouvements de rotation à droite ou à gauche qu’on observe si souvent, paraissent indiquer une action spéciale de l’éther nitrique sur la moelle allongée dont il exciterait les propriétés motrices, et sur le cervelet dont il pervertirait les fonctions. VIII. L’éther nitrique paraît agir encore en produisant une vive irritation du tube digestif.
OBSERVATIONS. —-I] m'est impossible d’assigner au développement des phénomènes que provoque l’éther nitrique, un ordre constant, une succession réoœulière, comme l'ont fait MM. Flourens et Longet pour l’éther sulfurique. Les faits qui m'ont le plus frappé, sont d’abord la profonde perversion des mouvements que j'ai constamment observée, elle semblerait indiquer une action profondément perturbatrice sur la moelle épinière et sur le cervelet. L’exaltation initiale des mouvements, {a première période d’excitation, persistent souvent jusqu’à ce que tous les accidents éthériques se soient dissipés. Cependant l’éthérisme complet amené par l’éther nitrique est caractérisé par le relâchement absolu du système musculaire.
J'ai vu une fois (3° expérience) l'émission involontaire de l’urine et des matières fécales, survenir à la 14° minute de l’inhalation; les muscles du cou seuls étaient agités de quelques spasmes. Faut-il attribuer ce fait à l'énergie plus grande des contractions péristaltiques viscérales, ou à la
paralysie des sphincters de l’anus et de la vessie? Je pencherais assez vers cette dernière opinion, car l’animal n’exerçait plus aucune résistance, ses muscles abdominaux étaient entièrement relâchés. Il est vrai qu’on pourrait dire avec M. Longet, que le système ganglionnaire n’était point encore éthérisé, et qu'il était devenu le diverticulum de la force nerveuse; que les contractions péristaltiques de l'intestin s’exerçant avec leur énergie habituelle, plus celle qui leur était surajoutée, pouvaient parfaitement provoquer l’éjection des matières fécales. Je comprendrais très-bien cette explication pour le rectum plein de fèces, maiselle me paraîtrait moins claire pour rendre compte d’une émission d'urine peu abondante, et qui par cela même exige de fortes contractions vésicales et le concours des muscles abdominaux, quand les Sphincters jouissent de leur contractilité.
Chez le même animal, le doigt porté sur la conjonctive, ne provoquait pas l’occlusion des paupières, l’œil avait donc perdu sa sensibilité. Ce fait démontre que la moelle n’exercait plus son pouvoir réflexe, puisque c’est en vertu de cette action que les paupières s’abaissent sur le globe oculaire dont on excite la sensibilité.
Presque toujours, les animaux qui avaient respiré de l’éther nitrique , ont bu avec une excessive avidité des quantités d’eau quelquefois prodigieuses. Ce fait, joint aux vomissements que j'ai déjà
signalés, indique une vive irritation de l’estomac : irritation d'autant plus curieuse qu’elle se manifeste en quelques minutes.
Enfin, le même chien qui a fait le sujet de ma 3° expérience, a présenté une amaurose complète pendant les premières minutes qui ont suivi son éthérisation.
La plupart des considérations que je viens de présenter, se rattachent à des expériences isolées : elles ne pouvaient être assez généralisées pour figurer dans mes conclusions, J'ai préféré les mentionner en particulier.
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