‹ Des effets physiologiques et thérapeutiques des éthersChapitre 28 sur 48 · V. Son inhalation peut amener la mort en 10 à 18 minutes · texte numérisé non relu

V. Son inhalation peut amener la mort en 10 à 18 minutes

VI. Les animaux qui succombent sous l’action de l’éther iodhydrique, présentent les mêmes altérations anatomiques, que ceux qui meurent sous l'influence de l’éther sulfurique. — Le renflement

lombaire de la moelle épinière paraît seulement plus injecté.

OBSERVATIONS. — Dès les premières expériences que je tentai sur l’éther iodhydrique, je crus avoir trouvé un agent anesthésique bien supérieur à l’éther sulfurique. Quelques inhalations, en effet, suffisaient pour faire taire toutes les réactions motrices et amenaient une prompte insensibilité. Mes espérances furent déçcuesaussitôt que je voulus prolonger mes expériences au delà de quelques minutes.

Les phénomènes qui traduisent l’action de l’éther iodhydrique, sont soumis dans leur ordre de succession, c’est-à-dire dans leur marche, à des variations dont aucun autre éther ne nous offre l'exemple. La première impression est sédative, elle produit des effets analogues à ceux de la 2° ou même de la 3° période de l’éthérisme ordinaire. Vers la 2° ou la 3° minute, cette sédation se dissipe, en général, et des spasmes ou des contractions permanentes la remplacent ; puis elles s’éteignent ellesmêmes, et font place à une inertie absolue que suit la mort quand l’inhalation est continuée.

La marche de l’éthérisme iodhydrique présenterait donc généralement trois périodes : 1° une période de sédation et d’insensibilité; 2 une période d’excitation très-manifeste (les mouvements ne sont pas incompatibles avec l’insensibilité) ; 3° une période de collapsus ou d'inertie.

IT faut dire cependant que la première période est quelquefois précédée d’une excitation légère. Deux fois l'excitation m’a paru se concentrer sur le cervelet. Le chien de la 3° expérience a présenté des mouvements rotatoires alternatifs et en sens inverse; celui de la 5° était obligé de suivre un mouvement de propulsion en avant qui était irrésistible. L'animal qui a fait le sujet de la 4° expérience a présenté une paralysie de la rétine bien évidente. Enfin celui de la 7° m'a offert des variations du pouls tout à fait en rapport avec celles qu’il parcourt dans l’éthérisme sulfurique. Dans la première période, le pouls ne battait que 15 fois par minute; puis son rhythme s’est élevé jusqu’à 76 pulsations : c'était le terme de la période d’excitation. Il était redescendu à 50 dans la période d’inertie, lorsque l’expérience a été discontinuée. En définitive, l’éther iodhydrique nous prouve ce fait important : que l’énergie d’une substance inhalée n’est pas toujours en rapport avec sa volatilité. En effet, après l’éther nitreux, c’est lui qui produit la mort le plus rapidement, c’est lui qui imprime de la manière la plus instantanée des modifications profondes à tout l'organisme. L’éther nitreux est l’éther le plus délétère; mais je crois que son action tient à sa constitution chimique et aux combinaisons qu’il peut former avec le sang, bien plus qu’à la quantité de sa vapeur qui pénètre dans le poumon dans un temps donné.

L’éther iodhydrique nous démontre enfin combien le mode d'administration d’un médicament peut en varier les effets. Ce même composé, que nous avions vu administrer à des doses énormes, et qui pouvait être impunément ingéré dans l’estomac; cet agent enfin qui paraissait jouir de la plus parfaite innocuité, devient un poison violent quand on administre sa vapeur, quand on en fait absorber des quantités beaucoup plus infimes, et cela, par le fait seul que ce n’est plus la même muqueuse qui l’introduit dans l’organisme.

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