CONCLUSION
Nous pouvons énoncer maintenant le résullat auquel nous sommes arrivé. La science dogmatique n’est pas appelée à se développer suivant un type uniforme et immuable ; il est dans sa nature de subir les transformations que le temps apporte à toutes les sciences humaines. [ ny a d’immuable que les principes éternels sur lesquels elle repose et qui resteront la norme et comme les phares de la conscience religieuse. Quant aux formules qué ces principes revêtent, elles seront toujours dans un rapport intime avec les individualités et avec les époques auxquelles elles doivent s’adapter, et dont chacune a sa tâche, ses lumières, ses besoins particuliers.
La dogmatique, au fond, suit la même marche progressive que le royaume de Dieu et l'esprit humain en général. À mesure que l'Évangile pénétrera davantage de son sel divin la société humaine, une plus grande part de lumière, une plus riche somme de connaissances tombera en partage aux enfants de Dieu. Assigner dès maintenant des limites à ces connaissances est impossible. Notre intelligence, cela est évident, saisira toujours mieux, si ce n’est plus. Or, en matière religieuse voir mieux, c’est voir davantage. De leur côté les sciences philosophiques participeront à ce progrès; les procédés de l'analyse psychologique se perfectionneront, la science de la méthode deviendra plus sûre; les limites de la raison humaine, la portée, la valeur de
ses affirmations seront toujours mieux déterminées, et la philosophie contribuera ainsi, elle aussi, à nous rapprocher de labsolue vérité.
La foi au progrès dans la science dogmatique est une des choses les plus réjouissantes et les plus encourageantes qu'il puisse y avoir pour le chrétien : d’une part, elle nous console des lacunes et des imperfections de la condition actuelle de notre science; d'autre part» elle nourrit en nous l’espoir que cette science se relèvera du mépris et de l'abandon, disons mieux, de l’impuissance dans laquelle nous la voyons languir aujourd’hui ; enfin, elle nous convie à chercher, chacun pour sa faible part et dans la modeste limite de ses forces, à bâter la venue de ces temps bienheureux, après lesquels soupire toute créature, où suivant la belle expression du prophète «la terre sera remplie de la conaissance de la gloire de l'Éternel , comme les eaux comblent la mer.»
Vu, le Président de la soutenance, BRUCH.
Permis d'imprimer, Strasbourg, le 6 juillet 1860.
Le Recteur, DELCASSO,