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J'atilèfiiiila5ub9iance:la vieconsid^réeindépeniiamment de ses manifestations ou qualités, l'unilé de la vie, le fond, pour ainsi parler, sur lequel tout se détiiche. Je no sache pas qu'aucuD philosophe en ait donné une définition bien diFFérenie, et je ne croîs pas <iu'oa puisse la concevoir autrement. Cette définition admise, nous sommes inévitablement conduits avec les panthéistes, à l'unification de la substance. Et je ne recule pas devant cette conclusion. Je rejette hautement et dans toutes ses conséquences la doctrine du dieu tout, mais je ne pense pas qu'il y ait rien à arguer contre ce point de la doctrine de Spinosa. On voit d'ailleurs que cela suit de la définition , et la définition est la seule possible.
(1) Quant 1 l'épanchemcDt pour ainsi dire d« celle idée de Dica al tOD applicalioD dans les religions, je renioie an eliapilre pramiei da ]pr«nu«r iin» i Du inXim; n( rf(*ï'»W il dt t'iiif it Vivfiiii.
366 ÎLÉlUnTS DI l'btat.
La sDbstancfl est la vie conçue indépendamment àt ses manifestaiions ou qualités. Or si ta vie a des manifestations multiples, variées, peut-on dire qu'il y a rÉellement plusieurs vies, c'est-à-dire qui se distinguent essentiellement et se limitent les unes les autres? Le mot d'être qui s'applique seul à tout ce qui a vie, ou i toute la création, n'indique-l-il passuffisamment que nous concevons la vie comme une unité. Personne n'a essayé dts le nier, mais personne également, pas même Lcibniizqui le pouvait, n'a proclamé l'unilicalion de la substance, tout en évitant l'abîme du panthéisme, parce que personne n'avait l'instrument nécessaire ponr dégagerdc celle unification la personnalité divine et la personnalité humaine, etque Leibnitzqui l'avait tronvé ne sut pas s'en servir pour cette fin. Cet instrument, c'est la cduse ou force. La vie une dans sa substance est diverse dans ses forces ou manifestations. Respectons donc l'unité et la diversité chacune en la place où elles se trouvent. La substance que nous ne voyons pas, uous la concevons unique; les forces que nous voyons ou sentons, nous les voyons ou sentons multiples et diiferenies. Disons dMc: Dieu est la substance unique, l'unité delà vie considérée en dehors de ses manifestations, et quelque étrange qucceite proposition paraisse, isolée du panthéisme, elle n'est, sous une forme pins précise, que celle qu'on a admirée au chapitre de saint Thomas : De l'existence de Dieu dans les choses.
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Dieu force oa caase.
Diea est la substance universelle, maïs il n'est que la force première et autogène. Il est logiquement impossible de diviser la substance ; la force, an contraire, implique nécessairement distinction. Car, comme force, elle ne peut pas ne pas produire, et l'engendré et le générateur eobi deux. Celte notion do force appliquée  Dieu n'est pas simple ; elle se confond avec celle de toute-puissance, mais comme nous ne pouvons attribuer à cette toute-puissance que des toslrnmenis que nous connaissons, nous entendons par force divine la force intellectuelle, la force passionnée, ta force volon< laire, sans restriction et sans fin. Nous transportons à Dieu la connaissance que nous avons de la force, mais en lui àiant toutes les entraves du iîni.
Ainsi, la force première et autogène est souverainement intelligente, souverainement sensible. Rien ne peut la tromper comme sagesse , rien ne peut l'épuiser comme amour, rien ne peut la borner comme puiseance , et nous sommes sa création. Mais que Dieu a-l-il pu créer, lui qui est la substance des choses I il n'a certainement pas créé ta substance qui est éternelle en lui. 11 a créé les forces. Mais comment les forces créées se distinguent-elles de la sienne? Par leur objet , par leurs limites, enfin, par leur filiation même. N'en ponrrait-on pas dire autant de ta substanceî Non sans doute, car l'objet de la substance humaine comme de la divine serait toujoars d'âtre l'unité de la vie. Ses li-
iM tLttaim n l>éut.
mites ne la distingueraient pas davantage, parce que quelles limites peut avoir la vie considérée indépendammeot de ses Dianifestaiions. Il ne resterait donc que la filiation qui pourrait la disiîoguer, et elle est impossible. La philosophie avait raison de dire que les subst»n«es ne M distinguent que par leurs attributs, nais tfle avait tort de ne pas conclure de li que W substances ao sont qu'une seule ei même substance , et q«a Ms ittribnis ou forces sont les ssuls prinùpes de diversité.
L'objet de la force divine , c'est le tout. Rien ne peut l'empêcher, elle est A elle m^me son origine. L'objet des forces créées n'est que la partie, elles ont les limites de leur objet; leur origine est en Dieu. VoilA es me semble une distinction bien tranchée et qui réserve tous les droits de l'individu. On dira : mais il n'y a pas distinction de nature. Et qu'en esl-îl besoin? Comme on voit dans le mystiredela généra* tion le père transmettre & son fils la foroo qui pn lait un antre éirede même espèce, et la force-moi du père ne pas différer en nature do la force-moi du fils, bien que ce soient deux forces individuelles, ainsi , dans ce mystère plus haut encore de la création, la génération divine qui produit toutes les firces les distingue de sa force propre sans avoir besoin de les faire d'une ni< ture différente de la sienne. Dieu est eeprilet toutes les forces sont des esprits, malsl'junitéde nature n'empéehe pas ptus ici la distinction qu'entre tous les membres d'une môme espèce.
Que sionpensaitqu'onpeutobjpcter contrôles força, comme dans U question des sutntances qu'elles liaiitot h fvn» première, U Hfotm m hieR fc^lt i V4m
QDiaSHHI 1
A «OBfott nécMiairinent an , à cAti de lai )« B0B-4tte,
et tout est dit. Il e«t impossible de sortir de pi, et toote objection e<it superSue. Il en est pas de même des pou* voirs : Dieu, pour sortir de son anité , a créé des poavoira inférieurs au sien ; mais il va de soi qu'une puissance ne se limite pss par une puissance inférieure , que lemâmepeui seul limiter le même, et que lesdegrés dans les pouvoirs constituent des diftèreoces qui no peuvent exister entre les prétendues substances, puisque la substance ne souftre pas de degrés. Comme le pouvoir d'un premier ministre et des divers agfnts placés sous ses ordres ne limite pas celui du souverain dans une monarcliie absolue , de même les agenu créés nelrmiipnt pas la force créatrice.
Dieu acréé diverses forces au premier rangdesqnelles, pour ne parler que do noire globe, il a placé la force raisonnable, sensible et volontaire, qui est l'homme. Il a été considéré , en étudiant Lcibnitz, comment la liberté absolue de cette force que Dieu a créée cause première de ses actes ne limite en rien son omnï- Ecipnce.ll a répandu pfir touie l.i nature d'autres forces inFL<rieure«: cellcsdesêtres animés et des fliri's qui nous paraissent inanimés , i'.ellcii qui font crnlirc la plante ot se former la pierre ; mais panoul et en tout elles sont les principesdumouvemenietlesagonu universels de la vie.'