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La question est plus délicate. On a refusé à Dieo li souffrance; c'est lui dénier l'infinité en amour. Cette erreur vient des fausses idées qu'on se fuit de la perfection et do ce préjugé du bonheur, assigné comme fin i tous les êtres. On est arrivé par là en morale, ou à prétendre que la venu est le vrai bonheur, ce qui est une
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chimère de rhétorique ; oa à prêcher l'égoisint?, parce que c'est un des meilleurs moyens d'atieiadre le bienêtre, celte forme la plus visible du bonheur. £n ihéodicée, OD a imaginé la souveraine béatitude qui est It perfection de l'insensibilité et de la contradiction. Les théologiens catholiques Tont si bien senti qu'ils ont attribué à la vierge et souvent même au christ cette sympathie dont ils dépouillaient le Uieu triple, afin que le ciel ne demeurât pas trop étranger ô la terre. Mais ilji'est pas d'autre but k la vie en général que l'action, le travail, c'est-à-dire le développement même de la vie, pourquoi le grand-êlre, qui est la vie en soi, aurait-il un but en dehors de ce but universel, et comment sa perfection y serait-elle iniéresséeî Ou il est insensible, et alors il ne jouit ni ne souffre, ou il est sensible, et alprs il jouit et souffre. Ou il faut f^ire de sa vie celle d'une pensée pure ; ou si on y introduit la vie de la sensibilité, il faut y introduire également tou-' testes conditions de la sensibilité. Ou il aime l'humanité, ou il la regarde avec indifférence. Dans le premier cas il doit ressentir du plaisir ou de la peine, selon que les créatures se rapprochent ou s'éloignent de leur fin. On dira que tout étant le fruit de sa volonté et selon les règles qu'il a établies, on ne conçoit pas qu'il s'afflige des dioses qu'il a prévues ou qui ne sont qu'un efet de ses lois. C'est là une objection sans force, car Dieu en créant n'a pas écoulé la voix de son caprice, mais le conseil éternel du bien et du beau qui sont en lui ; il pouvait vouloir que son œuvre fût autre, mais il ne l'a pas voulu, ci c'est là sa sagesse. Car il no nous appartient pas de concevoir quelque chose de mieux que notre univers, et nous sentons invinclble-