EN RER
En 1922, Dumarest, protagoniste et défenseur de la collapsothérapie en France donnait pour 229 cas traités, 40 pour 100 de très favorables, 13 p. 100 de favorables. avec 47 p. 100 d’insuccès.
En 1924, Burnand, établissant sa statistique sur 236 malades soignés au cours de 12 années (juqu'en décembre 1912). et chez lesquels le pneumothorax ayant « donné d'emblée des résultats favorables autorisait un espoir de résultats durables », constatait que 129 étaient vivants, 82 décédés, les 25 autres ayant été perdus de vue. Cette statistique comprend des cas très graves remontant au début de la méthode. |
L. Bernard, Baron et Valtis, sur 201 cas, comptent 56 p. 100 de cas favorables.
Pissavy, en 1927, accuse :
48 p. 100 de mortalité sur 82 malades traités depuis 3 ADS ;
56 p. 100 de mortalité sur 36 malades traités depuis 4 ans.
Récemment, Rist et Hirschberg ont publié une étude statistique importante qui se suraJoute à celle de Naveau. Nous ne voulons pas les suivre ici dans l'opposition qu'ils établissent entre les malades traités et les « témoins » qu'ils avaient été obligés d'abandonner à leur évolution spontanée. Le nombre des cas traités et le recul suffisant avec lequel ils jugent du sort de leurs - malades (traités de novembre 1912 au 1° janvier 1926) donnent à leurs résultats une réelle valeur. Sur 759 malades atteints de tuberculose fibro-caséeuse-ulcéreuse commune unilatérale :
51 sont considérés guéris soit 6,5 pour 100 ;
336 en traitement sont améliorés ou guéris soit 45.5 p. 100 ; au total, 52 p. 100 de cas favorables.
Reprenant leur enquête sur 189 malades traités de 1919 à 1921 (c'est-à-dire avec un recul de 8 ans), ils accusent, après ce délai, 58 cas de guérison avec pneumothorax encore entretenu ou interrompu (23 malades ont été perdus de vue après la 2° année de traitement).
Dans ce travail, nous donnons l’exposé sincère de nos résultats, de nos échecs comme de nos succès, en rapportant la statistique de notre maître, le Docteur Roubier. Elle porte sur 135 observations recueillies pendant 9 ans, de 1920 jusqu'au 1° janvier 1929. Au moment où ont élé créés nos premiers pneumothorax, l'indication thérapeutique et la technique opératoire élaient déjà bien précisées ; d'autre part, notre statistique porte sur un nombre d'années suffisant pour nous permettre un classement ; aussi pensons-nous être en droit d'accorder quelque valeur à nos résultats. Il importe en outre de retenir que cette statistique n’englobe qu'une clientèle hospitalière ; trop souvent le pneumothorax est institué à une période avancée, trop de malades se trouvent dans l'impossibilité d'associer au traitement par le pneumothorax une cure d'air et de repos suffisamment complète et suffisamment prolongée.
Avant de publier nos résultats, nous voulons, en nous aidant de nos observations, discuter les différents facteurs qui peuvent conditionner le succès ou l'échec de la méthode. En d’autres termes, peut-on, au moment d’entreprendre un pneumothorax, ou en cours de traitement, élablir un pronostic ? Sur quels éléments se basera-t-on?