CHAPITRE PREMIER Considérations physio-pathologiques
Un rein peut être sain, alors que l'élimination
urinaire est insuffisante
1° Trouble de l'élimination de l'eau
En effet, le rein n’élimine les substances qu’autant que la quantité d’eau mise à sa disposition le lui permet.
L'apport d’eau au rein est donc un des premiers éléments de l'élimination rénale. Brièvement résumé, le cycle de l’eau comporte trois phases.
a) La phase d'absorption :
Retenue plus ou moins longtemps dans l'estomac, l’eau passe dans l'intestin où elle est absorbée.
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Puis elle se rend, dans sa majeure partie, dans le foie, par la veine porte.
Le foie intervient alors dans l’absorption de l’eau, rem. plissant un rôle hydro-régulateur important. Ce rôle n’est pas passif, car il existerait une contractilité propre du tissu hépatique et un mécanisme de fermeture des voies aiférentes sus-hépatiques formant un véritable système sphinctérien. De plus, au cours de l'hypertension portale existe une gêne de l’absorption intestinale et de la traversée hépatique. Enfin sont à l’étude les problèmes d'hormones diurétiques et anti-diurétiques d’origine hépatique, ainsi que les rapports du fonctionnement de la cellule hépatique avec les changements physico-chimiques des humeurs qui règlent, en grande partie, les échanges hydriques organiques.
b) La phase de circulation.
Le sang, chargé de l’eau absorbée, gagne le cœur droit puis, après avoir traversé les poumons, le cœur gauche-
Il se répand par les capillaires dans tous les tissus et dans tous les parenchymes de l’orgenisme. À cette phase de circulation de l’eau, étape sanguine, s'ajoute alors l'étape tissulaire. Grâce au mécanisme régulateur de la composition du sang, il n'existe pas à proprement parler d'hydrémie. Le sang, en effet, chargé d’un excès d’eau, à la suite d’ingestion hydrique, s'en débarrasse, d’une part, en l’excrétant par les reins, d'autre part, en la deversant dans le système lacunaire d’où elle repasse dans le sang au fur et à mesure que se poursuit la déshydratation nar la voie rénale.
c) La phase rénale d'élimination.
Où intervient enfin l'intégrité ou l’atteinte du parenchyme rénal.
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Nous n’envisagerons pas la phase d'évacuation urinaire A PAS r urétéro-vésico-uréthrale.
d) Au-dessus de ces étapes viscérales et pouvant les diriger s'impose l’action du système neuro-endocrinien dans le cycle de l’eau. IT intervient en agissant sur le rein lui-même ou sur le transit pré-rénal de l’eau par ses centres hypophyso-tubériens, par les nerts vaso-moteurs. Ces centres peuvent être influencés par des altérations lésionnelles ou par des excitaiions d’ordre réflexe.
2° Répercussion fonctionnelle rénale d insuffisances
fonctionnelles supra- rénales
En dehors de perturbations sur le transit de l’eau qu’entraînent les troubles fonctionnels pré-rénaux, ceux-ci peuvent perturber les fonctions rénales, allant même jusqu’à l’altération parenchymateuse. Le rein, écrit BLANC, est un organe interposé au milieu de l'appareil circulatoire comme un galvanomètre dans un circuit. Un changement de régime dans les pressions sanguines modifiera son travail normal. Un apport sanguin insuffisant ou, au contraire, trop violent, une stase veineuse par obstacle périphérique ou trouble de la dynamique cardiaque, provoquant des phénomènes de stase glomérulaire, conditionneront un déséquilibre fonctionnel. Bien des auteurs voient dans cette instabilité circulatoire, la cause des variations fonctionnelles que nous étudierons.
D'un autre côté, outre son rôle mécanique dans le cycle de l’eau, le foie, par ses troubles fonctionnels, pourra, soit par l'intermédiaire de la circulation sanguine, soit en laissant passer des substances toxiques, entraver la fonction
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rénale. VILLARET a insisté sur l'importance des anastomoses porto-rénales qu’il a décrites et sur l'existence fréquente d’hypérémie et même de sclérose de la corticalité du rein chez des sujets atteints de congestion ou de stase de la circulation porte, quelle qu’en soit la cause.
Enfin, outre son rôle sur la circulation de l’eau, l’action neuro-endocrinienne pourra avoir une action directe sur la sécrétion rénale. AMBARD admet son influence sur les seuils. CARNOT et RATHERY constatent, au cours d’expériences, que la suppression de l’innervation secrétoire entraîne une brusque augmentation dans le rendement d’un rein perfusé. Ces auteurs admettent, ainsi, l'existence de nerfs fréno-secréteurs du rein. Le système nerveux agirait donc, non seulement sur les substances à seuil, mais aussi sur les substances sans seuil.
On voit donc que des conditions nombreuses extra-rénales s'imposent déjà pour un bon fonctionnement rénal, en dehors même de l'intégrité propre du parenchyme du rein.
Nous désignerons sous le nom de syndrômes para-rénaux, les perturbations de ces conditions et leurs répercussions sur le travail rénal.
Un rein lésé peut être fonctionnellement suffisant
RATHÉRY et FROMENT, dans un tout récent article (Presse Médicale, 4 avril 1934) posent, à la base d’une classification, les principes suivants :
1° Un rein peut être altéré et le trouble fonctionnel être nul ;