‹ Des éléments symtomatiques établissant le diagnostic différentiel entre le lupus, la syphilis et le cancer de la faceChapitre 5 sur 14 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Il nous est arriv;é maintes et maintes fois durant le cours de nos différents stages dans les hôpitaux de faire ce que nous appellerons un diagnostic purement objectif, ^ un diagnostic « à première vue ».

Gela nous arriva souvent à la consultation de Ehôpital

Saint-Louis que nous avons suivie à différentes reprises pendant nos années d’étudiant et plus spécialement pendant l’année où nous avons eud’honneur d’être externe de M. le professeur Fournier.

Dans les affections cutanées ^et syphilitiques plus que dans toutes les autres, en effet, le diagnostic se fait fréquemment d’un coup d’œil, en citerons-nous des exem-

pies? les plaques de vililigo, la phtyriase, la roséole syphilitique avec se^ taches cuivrées, et tant d’autres.

Il en est de même pour certaines affections plus spéciales, comme le lupus, la syphilis, le cancer, lorsqu’un malade se présente porteur d’une lésion locale, avec des caractères mal définis dans lesquels on retrouve à la fois des lésions symptomatiques appartenant à l’une et à l’autre de ces alfections.

D’autre part, si l’interrogatoire que nous faisons subir au malade, combiné à l’examen plus complet de la lésion ne vient pas éclairer ou corroborer notre diagnostic, soit parce que le malade ne se rappelle pas, et malheureusement, trop souvent, surtout pour les femmes, parce que ce ou cette malade ne « veut » pas se rappeler tel ou tel phénomène observé auparavant, nous sommes exposé à commettre une erreur de diagnostic, et cela de la meilleure foi du monde.

Plus particulièrement, il arrive que dans certaines lésions cutanées, notre diagnostic est très hésitant entre tuberculose et syphilis, précisons, pour ne pas sortir des limites que nous nous sommes 'tracées, entre : lupus, syphilis, et cancer de la face.

Qu’arrive-t-il dans ces cas-Ià ? Ceci ; nous somm< s très souvent portés à poser le diagnostic de syphilis, et, comme nous avons un moyen de contrôle qui deviendra un critérium s’il est suivi de guérison, nous mettons le malade au traitement antisyphiîitique : pilules et iodure, ou plus souvent, injections de calomel, iodure, pansement avec l’emplâtre de Vigo.

Si n'^us obtenons uie guérison complète, nous n’hési-

— li¬

ions plus à dire : syphilis, ignorée ou non, héréditaire ou acquise.

Mais à côté de ces cas très nets, il en est d’autres où le traitement mercuriel a donné d’heureuses modifications, qui laissaient supposer la nature syphilitique de la lésion, puis, tout d’un coup, ces modifications cessaient, ou bien une récidive se produisait à une échéance plus ou moins éloignée et le diagnostic primitivement posé devenait faux.

Y a-t-il des éléments symptomatiques, absolument nets, de diagnostic différentiel entre ces trois affections ? En trouverous-nous dans l’étude du diagnostic clinique, anatomo-pathologique ou thérapeutique ? Ce sera là l’objet de notre thèse.

Nous n’avons pas eu d’ailleurs, la prétention de présenter un travail original, une thèse à proprement parler, nous avons seulement voulu essayer de démontrer en nous appuyant sur les travaux si complets faits par nos maîtres MM. Fournier, Lancereaux, Gaucher, Gornil, combien est parfois difficile le diagnostic de ces 3 affections, et combien le jeune patricien doit être circonspect, réservé, avant de se prononcer et d’instituer un traitement curatif approprié. C’est pour nos camarades qui n’ont pu comme cela arrive fréquemment faire beaucoup de maladies de peau, c’est pour les « Jeunes » que cette modeste étude a été composée par un « jeune » qui aura atteint son but s’il a pu faire œuvre utile en préservant ses confrères d’une erreur, combien préjudiciable, résultant d’un diagnostic posé trop rapidement, erreur que l’on peut

faire fréquemment, surtout au début de la pratique médicale.

Mais avant de présenter ce modeste travail de fin dMtudes, nous considérons comme un devoir d^exprimer à tous nos maîtres qui ont guidé nos travaux d’étudiant, rhommage de notre profonde gratitude.

Nous saluerons, tout d’abord, respectueusement, la mémoire de notre premier maître M. le D"" Péan qui a bien voulu guider nos premiers pas dans l’étude de la chirurrurgie. Nous prierons MM. les D’"® Lucas-Championnière et Tennesson d’agréer les remerciements du jeune étudiant qu’ils voulurent bien accepter comme « bénévole » dans sa seconde année de médecine.

A M, le D"* Richardière dont nous avons été l’externe pendant six mois seulement à notre retour du service militaire, nous adressons nos remerciements pour les bons conseils qu’il nous a prodigués dans l’étude de l’auscultation. Nous prions MM. les D'’® Théophile Anger etLejars, M. le D"’ Gougenheim dont nous avons été l’externe, M. le D*' Bar chez qui nous avons appris les premiers éléments de l’obstétrique, d’agréer ici l’expression de toute notre reconnaissance pour leurs sages conseils dans l’étude de la chirurgie et de la médecine.

A M. le D'' Gaston nos bien vifs remerciements pour les conseils si éclairés qu’il nous a donnés dans la préparation de notre thèse.

Qu’il nous soit enfin permis de rendre un public hommage aux conseils, si pratiques et prodigués avec tant d’affabilité, de M. le Professeur Fournier qui fut notre

maître pendant une année, et qui aujourd’hui, a bien voulu nous faire le grand honneur d’accepter la présidence de notre thèse.

Nous essaierons d’abord de tracer rapidement un exposé clinique du lupus type, en y joignant les variétés que l’on rencontre le plus fréquemment ; nous ferons de même pour le diagnostic clinique des syphilides, et enfin nous dirons quelques mots de l’épithélioma. On pourra se rendre compte d’après le tableau sommaire de ces trois affections, combien sont fréquents leurs divers points de ressemblance, et combien le doute peut être permis, voire même Terreur de diagnostic; c’est, comme nous l’avons dit plus haut, en nous aidant dans cette description des travaux si complets écrits par nos maîtres et que nous avons pu compulser à la bibliothèque de Thôpital Saint- Louis que nous faisons cette étude ; et si les répétitions, les redites sont frappantes, c’est à dessein que nous l’avons fait pour que l’analogie des principaux caractères soit mieux démontrée.

Page 1