‹ Des embolies pulmonairesChapitre 1 sur 49 · RÉFLEXIONS PRÉLIMINAIRES ET DÉFINITION DU SUJET · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS PRÉLIMINAIRES ET DÉFINITION DU SUJET

Les obstructions vasculaires, que l'on a presque toujours envisagées comme le résultat d'un travail morbide développé sur le point même où le vaisseau se trouve oblitéré, ne reconnaissent pas constamment une semblable origine. On sait aujourd'hui que le déplacement d'une masse solide entraînée par le courant sanguin peut également leur donner naissance : et depuis les travaux si remarquables de M. le professeur Virchow, on donne le nom d'embolies (1) aux caillots migratoires, qui, dans l'immense majorité des cas, constituent le point de départ des lésions de cette espèce.

Il ne faut point oublier cependant que les éléments les plus divers participent quelquefois à la formation de ces blocs erratiques, pour nous servir de l'ingénieuse expression de M. Gubler : les débris d'une tumeur encéphaloïde ou tuberculeuse, les fragments ossifiés d'une valvule du cœur, des plaques athéromaleuses ou calcaires, des phlébolithes détachés de leurs adhérences, et jusqu'à des enlozoaires ayant pénétré dans l'intérieur des vaisseaux, peuvent également occasionner des obstructions emboliques : nous savons enfin que l'introduction de l'air dans les veines suffit pour déterminer des accidents analogues.

(I) È(i.poXcç , cuncus qui inscrllur in aliquid.

Le mot d'embolie, pris dans son acception la plus étendue, semblerait donc s'appliquer aux corps étrangers de toute nature que le torrent circulatoire entraîne avec lui, pour les déposer sur un point plus ou moins éloigné de leur origine : mais, pour suivre les indications de l'élymologie, il ne faut jamais séparer cette expression de l'idée d'une oblitération vasculaire par cause mécanique. S'il en était autrement, il faudrait rattacher à la même famille les globules purulents, les cellules cancéreuses, et les produits septiques, qui donnent lieu si souvent à une infection générale. C'est là, d'ailleurs, un point sur lequel nous reviendrons plus loin : contentons-nous, pour le moment, de rappeler que le courant sanguin imprime à ces masses flottantes deux directions opposées : centrifuges dans le système artériel, rétrogrades dans le système veineux, elles s'éloignent du cœur dans le premier cas, et s'en rapprochent dans le second : on les voit alors s'arrêter soit dans les cavités droites du cœur, soit dans les ramifications de la veine porte, soit dans les divisions du tronc pulmonaire. Ce sont les lésions de cette dernière espèce que nous nous proposons d'étudier dans ce travail : nous croyons cependant devoir y joindre les embolies qui, nées au sein même des poumons, parcourent les veines pulmonaires, pour tomber dans l'oreillette gauche, et sont quelquefois projetées dans la circulation générale.

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