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OBSERVATION XVIII

Inflammation de l'artère pulmonaire suivie de phlébite. Primipare, âgée de 29 ans; mort vingt-huit jours après l'accou-

(1) T. I, livraison 2, pl. u et m.

Ihement. Des symptômes de phlébite utérine ont été observés du 12 lu 25 juillet. Du 25 juillet au 3 août, la malade semblait marcher ers la convalescence. Le 3 août, invasion subite de symptômes ^lyspnéiques, qui se terminent par la mort au bout de six jours.

Autopsie. — Les veines ovariques et presque toutes les veines hyoogastriques se présentent comme des cordons durs; elles doivent :ette dureté aux caillots compactes, adhérents, décolorés, qui les -emplissent. La veine iliaque externe, la crurale gauche, et quelquesjnes de leurs divisions, renferment des caillots moins compactes, idhérents, mais de date évidemment plus récente.

L'artère pulmonaire , disséquée avec soin, offre une concrétion sanguine décolorée, légèrement adhérente aux parois, concrétion hqui va se divisant à la manière de l'artère , et pénètre jusque dans un certain nombre de ramifications assez ténues. Les caillots des | petites divisions étaient rouges, peu consistants, tandis qne les cail- I lots du tronc principal présentaient, par leur cohérence et par leur décoloration , des traces non équivoques de leur ancienneté. Au - centre du caillot principal, existait une collection de pus qui offrait ! tous les caractères du pus phlegmoneux. Plus loin le caillot sanguin était décoloré, mais ferme. A la base du poumon gauche, on trouve ; plusieurs noyaux de pneumonie lobulaire à l'état d'induration, rouages, et quelques plaques purulentes superficielles ; œdème des deux [poumons dans les parties postérieures des deux lobes inférieurs.

Il n'existait point de plilegmatia alùa dolens dans ce cas, bien qu'à I l'autopsie on ait trouvé des caillots adhérents dans la veine crurale. I\lais, suivant une importante remarque de M. le professeur Gruveil- Ihier(l), remarque confirmée d'ailleurs par les observation de Vir- <chow (2), P. Lee, Simpson , Hewitt (3), et plusieurs autres observa-

(1) Traite d'anatomie pathologique, t. Il , p. 315.

(2) Op. cit., p. 597.

(3) The Lancct , 19 décembre 1857.

teurs, on peut considérer comme physiologique l'oblitération fibrineuse des sinus utérins après l'accouchement : ce serait là , d'après 1 eminent professeur , le point de départ de la phlegmatia alba dotons des femmes en couches. Si l'on ajoute que la prédominance de la fibrine, dans l'état puerpéral, prédispose les femmes en couches à des coagulations veineuses sur d'autres points de l'économie, ainsi que nous l'avons fait observer plus haut; si l'on se rappelle que l'oblitération spontanée des jugulaires a été également observée à la suite du travail , on comprendra combien de pareils accidents sont à craindre chez les accouchées , et combien il est probable que les caillots anciens trouvés dans l'artère pulmonaire sont, en pareil cas, le résultat d'un déplacement.

B. Phlhi.sie pulmonaire.

Nous avons vu ailleurs que la thrombose est un phénomène commun aux affections les plus diverses ; et cet accident, qui vient si souvent compliquer les cachexies de toute nature, n'est jamais plus fréquent que dans la phlhisie pulmonaire, vers sa période terminale. Il est rare en effet de ne point trouver des oblitérations veineuses chez les tuberculeux qui succombent dans le marasme , soit dans les gros troncs, soit dans les petites ramifications : les veines du mollet en sont plus spécialement le siège, mais on peut trouver de semblables concrétions sur tous les points de l'économie ; les vaisseaux du bassin, les veines jugulaires, l'azygos elle-même, en renferment quelquefois. On doit par conséquent s'attendre à rencontrer assez souvent l'oblitération métastatique de l'artère pulmonaire chez les tuberculeux : sur 30 observations d'embolie pulmonaire rassemblées par M. le Dr Cohn, il en est 8 qui ont été recueillies chez des phthisiques. Il est donc évident que toutes les fois que chez un malade atteint de luberculisation , on trouvera des caillots de date ancienne dans l'artère pulmonaire, il faudra soigneusement

îxaminer le système veineux. Les deux observations suivantes en burnironl sans doute une preuve satisfaisante.

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