‹ Des endocarditesChapitre 1 sur 33 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

il y a quelques années, la question que nous devons traiter aurait eu pour titre, il est permis de le supposer, de H endocardite. Aujourd'hui elle est intitulée des endocardites. Quelle est la raison ? Il est nécessaire, avant de commencer cette étude, de donner à cet égard quelques explications.

S'il n'y avait à considérer dans l'étude de l'endocardite qu'une maladie naissant constamment sous les mêmes influences que le rhumatisme ou coïncidant avec lui, on pourrait affirmer qu'il n'y a qu'une endocardite de nature rhumatismale ou occasionnée par le froid.

On ne pourrait donc pas dire qu'il y a des endocardites, on pourrait seulement affirmer qu'il existe une endocardite, variable suivant le moment oii apparaissent les différentes formes anatomiques qui la caractérisent, variable suivant son siég-e, variable môme suivant ses symptômes.

Ces variétés de forme n'indiqueraient pas en réalité des maladies différentes les unes des autres, elles ne pourraient exprimer que les différentes périodes indi-

1866, — Marlineau. t

quant la marche de la maladie chez un individu, ses différentes manifestations symptoinatiques. On ne pourrait donc reconnaître qu'une endocardite. Mais les choses se présentent d'une manière différente : on sait aujourd'hui qu'il existe des endocardites dans d'autres cas pathologùqaes que dans k rhumatisme. Je n'en veux pour exemple que ^'endocardite puerpérale, syphilitique, alcoolique. Ces maladies naissent d'une cause différente du rhumatisme. Elles sont donc d'une autre orio'ine et constituent par suite d'autres endocardites.

On est ainsi conduit forcément à admettre des endocardites plutôt qu'une endocardite.

Acceptant cette idée ([u'il y a des endocardites qui sont d'origine différente, nous sommes forcé de nous arrêter un instant, afin de préciser l'opinion à laquelle nous nous rattachons.

Quelle est la nature d'une maladie? Comment doit-on l'entendre? Ce qui exprime la nature d'une maladie, ce n'est pas assurément le processus pathologique des lésions. Parce que l'endocardite aig'uë se terminera par ulcération ou par le passag'C à l'état chronique, est-ce que nous serons plus éclairés sur son origine ou sur sa vraie nature? Évidemment non. Les caractères anatoniiques eux-mêmes peuvent-ils nous être d'un g-rand secours? A ce point de vue tout ne se ressemble-t-il pas dans toute endocardite ? Les cas en effet sont excessivement rares dans lesquels un caractère anatomique nous conduit avec un certain deg-ré de précision à la connaissance de la cause.

Cependant, en ce qui touche lacause^ il y a certainement des endocardites de nature différente. De celles-ci, la plus commune est assurément l'endocardite rhumatismale, c'est celle qui est la mieux connue, c'est elle qui constitue le terrain si brillamment parcouru par

M. le professeur Bouillaud. Les autres laissent encore beaucoup de points obscurs, que l'avenir éclairera peutêtre d'une manière complète.

Quant à nous, nous nous efforcerons dans le cours de ce travail de mettre en relief toutes les parties litig'ieuses et de montrer tout l'intérêt qu'il y aura pour les patholog-istes à chercher à résoudre ces questions encore si peu connues des endocardites non rhumatismales.

Pour toutes ces raisons, après avoir donné un historique aussi complet que possible, et dans lequel nous chercherons à établir ce qui revient à chacun dans la découverte de l'endocardite, nous traiterons l'anatomie patholog"ique de cette affection en général, les lésions qui en sont la conséquence soit dans le cœur lui-même, soit dans les org-anes éloig-nés. Puis, après en avoir décrit la symptomatolog-ie, la marche, la durée, les terminaisons et les comphcations, nous en étudierons les causes, et à ce propos nous passerons en revue les endocardites. Nous essaierons d'en donner une classification. Puis nous terminerons par l'étude du diag-nostic, du pronostic et du traitement de l'endocardite.

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