‹ Des endocarditesChapitre 16 sur 33 · C. Traumatique · texte numérisé non relu

C. Traumatique

On ne sera pas étonné d'y voir %urer certaines

maladies, telles, par exemple, que la pneumonie, la pleurésie, la péritonite, la phlébite, la péricardite, car nous avons dit que ces maladies, tout en jouant le rôle de complications, pouvaient, ou du moins paraissaient, être l'orig-ine de l'endocardite. Ainsi, parfois , nous les voyons naître sous 1 influence d'une même cause, le froid. D'autres fois, ae voyons-nous pas se développer simultanément la péricardite et l'endocardite sous la :même influence, le rhumatisme? Et dans ce cas est-il possible de dire que l'une a précédé l'autre? que celle-ci a joué par rapport à celle-là le rôle de complication? Aussi avons-nous préféré élarg-ir le cadre de nos causes, de telle sorte qu'en étudiant chaque variété d'endocardite, nous serons plus à même de jug-ei' l'influence que ces maladies peuvent exercer sur l'inflammation de l'endocarde.

Mais, avant, nous croyons nécessaire d'examiner quelle peut être l'influence de l'âg'e et du sexe sur la production de l'endocardite.

J^ge, — L'anatomie patholog-ique nous a montré que le fœtus peut, d'après Friedreich (1), être atteint d'endocardite. Dans ce cas, elle affecte presque toujours le cœur droit, et dans celui-ci les valvules syg-moïdes de l'artère pulmonaire. De telle sorte que cette maladie serait le plus souvent la cause des rétrécissements cong-énitaux de l'artère pulmonaire.

Pour Billard (2), l'endocardite se rencontre rarement chez l'enfant à la mamelle. Il n'en est pas de même de la péricardite qui, pour cet auteur, serait une cause irequente de mort. Mon maître, M. le professeur Tardieu,

(-1) Loc. cit.

rl) Maladies des enfants nonveaiu-nis, 1828.

a pu confirmer cette opinion de Billard. Dans les autopsies judiciaires, il a eu souvent l'occasion de constater que la mort était due à une péricardite aig'ue.

A une époque plus avancée de l'enfance, on rencontre encore l'endocardite, mais moins fréquemment pourtant que chez l'adulte. Cette afTection est sig-nalée par tous les auteurs qui se sont occupés des maladies de l'enfance, West, Rilliet, Barthez et Joy (1), etc. Il ne pouvait en être autrement, puisque nous rencontrons chez l'enfant les mêmes conditions qui favorisent sou développement chez l'adulte. Ajoutons à ces causes les fièvres éruptives, si fréquentes dans le jeune âg-e, fièvres érup- Uves qui, ainsi que nous le démontrerons plus loin, s'accompag'nent assez souvent d'endocardite. Mais, de tous les âg'es, c'est évidemment dans l'âgée adulte que l'endocardite se montre le plus fréquemment. Dans la vieillesse elle n'est pas rare, mais le plus ordinairement elle est à l'état chronique. Parfois chez eux l'endocardite existe à l'état aig'u, et alors elle survient soit sous l'influence des mêmes causes que nous avons invoquées pour l'endocardite aig-uë, soit sous l'influence d'un état chronique du cœur.

De la g-rande fréquence de l'endocardite chronique chez le vieillard, il ne faudrait pas conclure que les lésions valvulaires dussent être toutes produites par l'inflammation de la membrane interne du cœur. Dans certains cas, ces altérations paraissent résulter d'une lésion de nutrition. Telle est, du moins, avons-nous dit, l'opinion de plusieurs de nos maîtres, MM. Béhier, Monneret, Grisolle.

Le sexe ne semble pas avoir une grande influence sur la production de l'endocardite. L'homme paraît ce-

(1) Library of medicine, t. m.

pendant plus prédisposé que la femme àconlracler celle affeclion. Il esl, en effet, exposé plus fréquemment qu'elle aux causes de refroidissement, et, par cela même, il est atteint plus souvent aussi de rhumatisme et d'endocardite. Telle n'est pas l'opinion de Willig-k.

Quant aux autres causes de l'endocardite, nous les indiquerons dans l'élude que nous allons faire de chaque variété en particulier.

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