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ENDOCARDITE ALCOOLIQUE

.lusque flans ces dernières années, il n'était nullement question de l'existence de cette endocardite. Toutefois, nous avons dû nous demander si véritablement l'intoxication alcoolique produisait sur la membrane interne du cœur des altérations primitives, ou bien si 11^ celles-ci n'étaient que la conséquence des lésions de nutrition bien évidentes qui se passent dans le tissu même du cœur. Mag-nus Huss (1) a très-bien indiqué la succession des altérations survenant dans cet org-ane. «Le cœur s'hypertrophie, dit-il, puis, à une époque plus avancée, il devient g-raisseux. » 11 ne sig-nale nullement l'endocardite comme pouvant être le résultat de l'intoxication alcoolique.

(1) Ckronische Alcoholt -Krankhei ; Stockholm, 1882.

M. Lancereaiix (1) croit qu'il n'est pas rare de rencontrer des lésions valvulaires chez des individus intoxiqués par les liqueurs fortes et sans antécédents rhumatismaux. « Dans plusieurs cas, dit-il, soumis à notre examen, les valvules aortiques présentaient un peu au-dessous du tubercule d'Aranzi un léger épaississement blanchâtre ou g"risâtre, qui allait rarement jusqu'à rétrécir ou rendre insuffisant l'orifice correspondant. A l'œil nu, mais surtout à l'inspection microscopique, il était facile de reconnaître en ce point l'existence d'une production nouvelle, sous forme de prolong-ements conoïdes, papillaires ou disposés en rosaces et formés de substance conjonctive revêtue d'un épithélium plus ou moins altéré. Toute superficielle d'abord, cette lésion, par la suite, devient plus profonde et plus étendue, mais sans atteindre en g-énéral l'anneau fibreux qui circonscrit l'orifice, particularité qui la disting-ue de l'endocardite valvulaire rhumatismale, laquelle intéressant tout à la fois l'anneau sur lequel se trouvent implantées les valvules et les valvules elles-mêmes, produit en g-énéral des résultats plus fâcheux. L'occasion de constater l'altération de la valvule mitrale est beaucoup moins fréquente; les lésions des orifices du cœur droit son t plus rares encore ; dans quelques cas seulemen t la valvule tricuspide nous a paru être, sur plusieurs des points voisins de son bord libre, injectée et épaissie. » «Ces altérations cardiaques, ajoute M. Lancereaux, ne sont jamais isolées; toujours elles coïncident avec quelque autre lésion dont l'origine alccolique ne saurait être contestée. » Budd avait été frappé, du reste, de la coexistence fréquente de la cirrhose des ivrog-nes et des maladies du cœur; il attribuait ce fait, en g-rande

( l) Dictionnaire des sciences médicales, t. II, p. 646, 1865.

partie, à une tendance qu'auraient les habitudes alcooliques à produire des affections du cœur et des vaisseaux tout aussi bien que des lésions de la g-lande hépatique.

D'après M. Lancereaux, on voit que l'intoxication alcoolique serait une cause de l'endocardite. S'il en est ainsi, quelle serait l'orig-ine de celle-ci? L'endocardite serait-elle consécutive à l'altération du cœur? viendraitelle par conséquent jouer le rôle de complication? ou bien serait-elle primitive? et dans ce cas faudrait-il l'attribuer à une altération du sang-? Toutes questions qui sont encore aujourd'hui très-difficiles à élucider d'une manière complète etsatisfaisante. D'après les expériences de MM. Duroy, Perrin et Lallemand, l'alcool existe en g-rande quantité dans le sang* des alcooliques, par conséquent, il ne serait pas improbable que l'alcool exerçât son action sur la membrane interne du cœur, et donnât lieu au développement d'une endocardite chronique latente. Garpenter (1) voit dans ce contact une prédisposition évidente. «L'excitation continue, dit cet auteur, qui entretient dans le système circulatoire l'abus habituel des alcooliques est par elle-même une cause prédisposante à l'action morbide. Cette prédisposition est encore aug-mentée par le contact de l'alcool avec la membrane interne de ce système. »

Dans l'état actuel de la question il nous semble trèsdiffîcile de se prononcer. Toutefois s'il nous était permis de donner ici notre opinion, nous dirions, que vu l'altération subie par le cœur, vu la dég-énérescence g-raisseuse des parois des artères et des capillaires de ce viscère dans l'intoxication alcoolique, les lésions constatées sur la membrane interne du cœur nous paraissent rl) On the use and abuse ofalœlioUe Uquors in licatth and disease; Londoii,

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plutôt être le résultat d'une perturbation apportée à la nutrition de cet org-ane que le fait même de l'inflammation. Cependant, il ne serait pas impossible qu'à cette cause vînt se joindre l'action directe de l'alcool, et dans ce cas, l'existence de l'endocardite alcoolique pourrait être justifiée.

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