II. — Plates cultures, ou cultures sur plaques
1° Gélatine pepltonisée. -- Nous ne décrirons ve la nude dont se préparent ces plaques.
Ces plaques faites, on peut voir au bout de 3 ou 4 jours les colonies se développer.
D’abord vers la fin du 3e jour, une série de points, visibles seulement au microscope, apparaissent à la superficie de la plaque et dans la profondeur de la gélatine. Elles sont translucides, d’une couleur blanc jaunâtre.
Vers le 4e ou le 5° jour, on peut les voir à l’œil nu sous forme de points isolés. Leur forme est arrondie.
Elles sont très nettement limitées vers la périphérie.
Au milieu de ces colonies existe une partie plus foncée. Cette partie est d’un gris sombre, alors que la partie périphérique plus claire tire sur le gris jaunâtre.
Les colonies s’accroissent très lentement. Ù
Le volume de la colonie dépasse rarement celui d’une tête d’épingle.
Si l’on cueille une colonie avec un fil de platine, et qu'on la transporte dans un tube de gélatine, la forme caractéristique de la piqüre réapparaît.
L'examen de ces colonies nous montre qu’elles sont constituées par des cocci placés les uns à côté des autres.
2 Agar-agar.— Sur les plaques d’agar-agar, les cultures se développent de la même façon : mais le développement est beaucoup plus lent que sur la gélatine peptonisée.
CT
Étude des bactéries. — Morphologie. Biologie.
Les préparations colorées de ces micro-organismes provenant d’une culture sur gélatine ou agar, montrent qu’on est en présence d'un bâtonnet de 2 à 3 & de longueur sur 1 wenviron pour la largeur. Ses extrémités sont arrondies. Ils sont placés pêle-mêle affectant toutes les directions possibles. Ils sont rectilignes, uniformes dans toute leur étendue. Ils nous ont paru dépourvus de capsule.
Lorsqu'on fait une préparation en lame creuse montée dans un liquide faiblement coloré au violet de gentiane, on peut voir nettement les mouvements dont les bactéries sont animées. Cette mobilité décroît avec l’âge de la bactérie et disparait même.
Dans les premiers temps de lensemencement, ce micro-organisme conserve sa forme en bâtonnet à mesure que les cultures vieillissent, on trouve des bâtonnets plus petits, et d’autres ayant des formes ovoiïdes. Ces derniers résistent à une température élevée, et pourraient être considérés comme des spores.
Développement du micro-organisme suivant le milieu de culture.
Sur les plates cultures et dans les tubes à la gélatine pepturi on trouve toujours les formes en bâtonnet.
Dans l’agar-agar par piqûre et sur plaques, les micro-organismes sont courts, larges.
Dans le bouillon peptonisé, les bâtonnets sont plus allongés, plus grêles. Les cultures faites sur des coupes d’utérus reproduisent le même micro-organisme avec la même forme et la même facilité d'évolution.
Inoculations. — Pour savoir si ces différents micro-organismes m’étaient pas vulgaires, jouant un rôle secondaire dans la pathogénie des lésions utérines, nous avons eu recours à l’expérimentation :
Voici comment nous avons procédé :
Après nous être assuré que les micro-organismes cultivés dans les tubes et sur plaques conservaient leurs mouvements après examen sur lames creuses, nous avons ensemencé dans du bouillon de veau stérilisé (er tube) de la culture de cocci et dans un 2e tube de la culture de bactéries. Nous avons ensuite placé à l’étuve à 370 ces deux tubes. Le lendemain, ces deux tubes sont troubles, dans l’un les cocci sont arrondis, d’un volume inférieur à ceux ensemencés
dans l’autre, les bactéries sont trapues, larges, pa un disposées en croissant. : b;
Nous servant alors d’un spéculum en vérre stérilisé, nous ‘injectons dans le vagin d’une lapine A de la culture de cocci au moyen d’un compte-gouttes stérilisé. Nous plaçons ensuite dans le vagin de cette lapine un tampon d'ouate hydrophile stérilisée maintenu par un fil.
Même manœuvre sur une lapine B pour l'injection de la culture de bactéries.
Ces animaux ont, le lendemain de l'inoctlation, de la fièvre, quatre jours après ces injections, vaginite très accentuée. Ce liquide vaginal examiné contient des microcoques et des bactéries courtes, quelques-unes en forme de croissant.
Des tubes d’agar etde gélatine ensemencés avec ce liquide donnent les mêmes micro-organismes.
Sur quatre autres lapines, mêmes résultats. Sur six chiennes, après inoculation intra-utérine (faite au moyen de la seringue à poire de caoutchouc), tantôt de culture de cocci, tantôt de cultures de bactéries, nous avons obtenu des résultats semblables : fièvre, vulvite, vaginite; mais disparition de ces phénomènes au bout de dix jours.
Deux fois en scarifiant la muqueuse utérine, nous avons déterminé un peu de congestion de l'organe et un écoulement séro-sanguinolent pendant deux jours; mais pas d’ulcération manifeste, pas de lésion persistante d’endométrite. >
DOEDERLIN (loco citato) avait constaté que : Les espèces de microorganismes contenues dans l’utérus, inoculées à des animaux, amènent la fièvre.
Dans les cas où il y a peu de micro-organismes et où les accidents cliniques sont très peu forts, les animaux n’éprouvent aucun accident.
(Ueber microorganismen in den weiblichen genitalien während der schwangerschaft und in puerperium par GOENNER, Correspondenz Blatt f. schweizer aerzte, n° 23, p. 729, der décembre 1887.)
Goënner a fait ses recherches sur 31 femmes près d’accoucher et sur les lochies des femmes en couches.
Avant l'accouchement, il a trouvé dans les sécrétions du col utérin beaucoup de bacilles et peu de microcoques. Mais ces derniers se multiplient par les cultures beaucoup plus que les premiers, sans d’ailleurs que le milieu nourricier et la température aient quelque
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Sete
À | A Une à cet égard. Les microcoques ne sont pas Ne pour Fr | les cobayes.
Il a pu isoler et cultiver deux espèces de bacilles.
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| Quant aux espèces de bactéries, elles sont très nombreuses. … Danses sécrétions des femmes en couches, on reconnait toujours a
des staphylocoques. Les streptocoques se rencontrent presque exclu- F
sivement dans l'endométrite septique; bien que leurs cultures aient $
réussi 4 fois, les expériences d’inoculation sont restées infructueuses. à
Goënner n'hésite pas cependant à les considérer comme l'agent cau- :
sal de la fièvre puerpérale et il repousse l'idée d’Ahlfeld qui cherche $
l’origine des affections puerpérales dans la désinfection insuffisante 4
des sécrétions des femmes en couches non malades.
M: le professeur Strauss et son préparateur, notre ami le D' San- | É
chez Tolédo ont entrepris des recherches bactériologiques sur l’état DEN
de l'utérus après la parturition. (Voir Gaz. hebdom. de méd. et de chir., ji Ÿ
20 avril 1888, p. 252.) Ces recherches ont été faites sur des femelles de lapin, de cobaye, de rat, de souris, sacrifiées à des intervalles de temps variables depuis “4 lemoment de la mise bas. Or, ils n’ont trouvé dans aucun cas de $ microbes dans l’intérieur de la cavité utérine ; par conséquent, les nombreux microbes qui existent dans le vagin ne pénètrent pas dans l'utérus, ou s'ils y pénètrent, sont détruits. 2% Dars une autre série d'expériences, MM. Strauss et Sanchez ont + injecté dans l’utérus de femelles d'espèces variées, après la parturition, de grandes quantités de cultures pures, de microbes pathogènes; ces animaux restèrent indemnes, alors que des animaux témoins, inoculés sous la peau avec les mêmes liquides, mouraient tous. Ces résultats sont des plus intéressants, alors que l’on connaît la grande vulnérabilité de l’utérus de la femme. Il y a là un contraste qu'ils n’essayent pas d'expliquer, mais qu’ils se bornent à constater.
Nous ayons trouvé dans les coupes utérines provenant du col utérin réséqué dans les cas d'endométrite septique ulcéreuse chronique avec hypertrophie du col et ectropion des lèvres, les mêmes microorganismes que ceux observés dans le mucus utérin et dans les cultures du mucus.
Les procédés de coloration dont nous avons le plus souvent usé et qui nous ont donné les Que résultats ont été ceux de Veigert et
de Kühne.
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Nous avons remarqué que les cocci et les bactéries se trouvent le plus souvent dans l’intérieur même des cellules. Ê
Ils remplissent parfois d’une façon complète le protoplasma de celles-ci. |
Ils peuvent pénétrer, comme les gonocoques, dans les interstices de l’épithélium de la muqueuse utérine, et déterminer par irritation une accumulation de leucocytes dans lesquels ils se rendent. Par eux, ils peuvent être disséminés dans toutes les couches sous-jacentes à la muqueuse de l'utérus.
La pénétration des micro-organismes dans la muqueuse utérine et les couches sous-jacentes à la muqueuse explique la résistance des lésions utérines à tous les traitements palliatifs dirigés naguère contre celles-ci. ;
Les microbes amènent la nécrose des cellules épithéliaies. Leur chute et le catarrhe purulent consécutif sont la conséquence de cette action.
0. Küstner (Centrabl. f. Gyn.,8 mars 1884) dans tous les examens de mucus utérin auxquels il s'était livré, avait trouvé une grande quantité de micro-organismes, le plus souvent de forme ovale, quatre à six fois de forme indéterminée. L'auteur, de plus, croyait avoir constaté la forme de bacilles.
Nous voyons donc d’après cet exposé que ces micro-organismes que nous n’avons jamais trouvés dans les utérus sains, ont des caractères morphologiques et des qualités pathogènes qui nous permettent de leur reconnaître un caractère spécifique. ©
Quelle que soit leur forme, atténuée ou vivace, ils sont reproduc tibles, agissant en vertu de leur multiplication et de leur action sur les tissus.
Endométrites tuberculeuses. — Bacilles de Koch.
Les bacilles tuberculeux ont été constatés dans les sécrétions utérines.
Derville dans sa thèse, dit :
« Sans idée préconçue, par simple curiosité, nous avons coloré suivant la méthode d’Erlich quelques-unes des lamelles que nous destinions à la recherche des gonocoques. Quel ne fut pas notre
étonnement ‘en constatant dans ces préparations la présence nette et indiscutable des bacilles tuberculeux ! »
Avant Derville, la présence de la tuberculose dans les sécrétions
utérines avait été reconnue par M. le professeur Cornil, puis constatée par MM. Babès, Schuchardt et Krause (dans deux cas), Wesener (dans deux cas aussi), Koch, Caze et Simon.
Nocard, chez deux vaches tuberculeuses, avait pu retrouver le bacille de Koch dans les sécrétions utérines. Le diagnostic métrite tuberculeuse fut vérifié par l’autopsie. Le vagin dans les deux cas était intact.
Le nombre des bacilles de la tuberculose constatés dans le mucus utérin est, d’après Derville, généralement assez restreint. Cet auteur explique cette rareté des parasites plutôt par leur dilution dans les mucosités utérines ainsi que dans les produits d’inflammation qu’entraîne la réaction des tissus irrités par la présence (les parasites, que par la nature du terrain peut-être peu favorable à leur multipli-
cation rapide. Il est incontestable aussi que si les lésions utérines
tuberculeuses sont peu avancées, les bacilles doivent être moins nombreux.
Quant à la disposition des bacilles examinés, elle était variable.
Quelques-uns paraissaient inclus dans des leucocytes, d’autres nageaient librement dans le liquide.
Les bacilles tuberculeux nous ont paru souvent en amas etun peu granuleux,comme on les trouve dans certains spécimens de crachats.
La gélose glycérinée nous à paru être le meilleur milieu de culture pour la tuberculose utérine.
Dans les endométrites tuberculeuses, le procédé de double coloration de Gram, nous a réussi mais à la condition de laisser séjourner les coupes pendant 24 h. dans le bain colorant.
Le procédé d’Ehrlich très commode et très sûr avec les quelques légères modifications que Weigert et Koch y ont apportées, nous a donné de fort belles préparations.
D’après notre ami le Dr Villemin quia étudié très complètement l’action de quelques agents chimiques sur le développement du bacille de la tuberculose, c’est l’acide hydrofluosilicique, lammoniaque, le fluosilicate de fer, le fluosilicate de potasse, le polysulfure de potassium et le silicate de soude qui arrêtent complètement Péclosion de ces bacilles.
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Nous avons expérimenté ces différents agents, et avons reconnu l'exactitude des résultats obtenus par notre distingué collègue. 4
Endométrites blennorrhagiques.
La blennorrhagie peut se cantonner dans les cuis-de-sac glandulaires utérins comme elle se cantonne dans l'urèthre postérieur de l’homme, et produire ces écoulements glaireux, reconnus presque ineurables autretois, et contre lesquels on à épuisé tout l'arsenal thérapeutique.
Ces catarrhes virulents doivent être examinés sous le microscope,
On reconnaitra la présence des gonocoques dans les sécrétions “utérines, sans que pour cela il y ait vaginite concomitante.
Presque toujours en effet le microscope nous a montré : des glo-
: bules de pus remplis de ces microbes, des cellules épithéliales libres,
des micrococeus enfermés dans les cellules, et des micrococcus libres.
Au début, c'est dans les diverticules de la muqueuse du col utérin que se placent les gonocoques.
Ces micro-organismes produisent une violente irritation sur les cellules de la muqueuse oùils se développent très rapidement,
L'infammation microbienne du revêtement muqueux s'étend de proche en proche du col au corps utérin.
La lésion muqueuse d'abord gagne en profondeur et peut se propager à tout l'appareil génital et à son voisinage,
Dans les endométrites blennorrhagiques, nous avons remarqué que la multiplication du gonocoque dépendait le plus souvent de la sécrétion de la muqueuse utérine,
L'augmentation notable de cette sécrétion, quelle qu'en soit la ause (fatigues, règles) amène tout de suite une prolifération plus abondante du microbe,
Gonococcus de Neisser. — Si nous passons maintenant à une description complète de ces micro-organismes, nous voyons que, comme dans l’urèthre de l'homme, les gonocoques de l'utérus sont des cocci, en partie libres, en partie contenus dans l’intérieur des globules dans lesquels ils produisent des vacuoles et qu'ils détruisent ensuite complètement.
: Ua ro eue
Pour pe obtenir isolés, sans présence d'autres micro- organismes
provenant d’écoutements vaginaux. il faut prendre du mucus avec une
pipette stérilisée dans la cavité cervicale de l'utérus, après une injec-
tion vaginale antiseptique. Le pus ensuite est séché sur une lamelle et flambé à la lampe. Les colonies de gonococcus se colorent facile-
ment par les couleurs d’aniline en solution aqueuse faible.
Les préparations sont montées ensuite dans le baume au xylol, après leur avoir fait subir les manipulations habituelles (lavages et
déshydratation).
L’acide osmique teint légèrement en brun les gonocoques. Ils sont L
moins apparents avec l’éosine. Ils se présentent sous l’aspect d’un
petit point arrondi, réfringent. Le meilleur réactif colorant nousa
paru être le liquide d'Ebrlich au violet de gentiane.
Les gonocoques sont très mobiles à l’état frais, examinés en lame creuse. Leurs mouvements vifs sont soit rotatoires, soit oscillatoires. Ils ont une forme arrondie, rarement ovailaire. ls sont rarement isolés, et se trouvent presque toujours réunis deux à deux, formant un 8 de chiffre, ou en amas si étroitement accolés l’un à l’autre par une surface aplatie qu’ils paraissent n’en former qu’un seul.
Ils forment des colonnes de dix à vingt entourés d’une enveloppe unique, enveloppe hyaline qui apparaît d’une façon plus nette quand
on diminue l'éclairage. C’est dans le liquide où ils sont libres, c’est à
la surface et dans le protoplasma des globules de pus, et aussi à la surface et dans les cellules épithéliales desquamées de la muqueuse utérine que l’on trouve ces micrococcus.
Là où ils existent, les noyaux de ces éléments cellulaires sont en voie de destruction ou manquent déjà complètement :
Dans certains leucocytes, la diminution des noyaux correspond à l'accumulation des diplocoques.
Les gonococci les plus volumineux siègent à l’intérieur des cellules. Ceux qui sont plus petits sont en dehors d'elles formant des amas arrondis et libres.
Les dimensions de ces micro-organismes nous ont paru varier entre 0,2 met0,41.
A mesure que le mucus utérin devient plus clair. On voit diminuer les gonocoques qui disparaissent tout à fait lorsque ce mucus est devenu entièrement limpide par suite d’un traitement approprié.
L'action des gonocoques paraît tout d’abord bien localisée au point
be, de rigucd
où la muqueuse a été contaminée, c’est-à-dire au col utérin. De là il se propage à la cavité utérine. Comme nous avons eu souvent l’occasion de le constater (et le fait mérite d’être retenu), ils peuvent
se borner à déterminer de la métrite sans vaginite concomitante.
Dans ces cas, la contagion s’est faite, comme nous avons pu le constater souvent, à la suite derapports sexuels contractés avec un homme atteint de suintement chronique. J
Ces suintements chroniques renferment, comme l'avait bien vu le Dr Jullien (Traité des maladies vénériennes, 1885) et Crivelli (Th., 4886) et comme nous avons pu le constater très fréquemment aussi, après un examen minutieux, de nombreux gonocoques, moins nombreux cependant qu’à la période aiguë de la blennorrhagie.
Au moment du coït, le col utérin physiologiquement parlant, animé de contraction déterminant une sorte d’aspiration peut parfaitement attirer la goutte uréthrale (goutte militaire) et fournir un milieu de culture insuffisant pour déterminer de la vaginite, mais suffisant pour laisser pulluler dans la matrice les gonocoques.
La réciproque n’est que trop vraie : la femme atteinte de métrite blennorrhagique chronique du col peut parfaitement contaminer l’homme avec lequel elle a des rapports. L’examen microscopique du mucus utérin, daris ce cas particulier, est seul capable d'éclairer d’un jour nouveau la science, et de mettre fin à ces discussions interminables sur les uréthrites blennorrhagiques de l’homme contractées avec des femmes n'ayant en apparence rien, discussions ‘sur lesquelles on était loin de s’entendre autrefois.
Recherchons maintenant la façon dont ces micro-organismes procèdent pour engendrer histologiquement et bactériologiquement parlant l’endométrite blennorrhagique.
À la suite d’un contact infectieux les gonocoques sont déposés sur Ja muqueuse du col utérin où ils se développent et prolifèrent. Ils s'étendent rapidement entre les cellules épithéliales,les détachent et en détruisent un certain nombre (nécrose cellulaire).
Ils produisent sur les vaisseaux sanguins une vive réaction suivie de l'issue des corpuscules blancs du sang et du sérum formant un milieu de culture dans lequel il se développent en grande abondance et se présentent sous l’aspect de petites masses arrondies et agglomérées.
Tous ces éléments se retrouvent dans la sécrétion purulente de
5 0 pirate
utérus qui contient alors du pus de l’épithélium et des gonococci,
Dans les espaces lymphatiques de la ruanguse, les gonococci Ês AC croissent d’une façon considérable.
La constitution de cette membrane s’altère graduellement ; elle se charge de gonococci et l’épithélium est détruit sur une étendue de plus en plus considérable.
Les gonocoques pénètrent dans les culs-de-sac glandulaires de utérus, et s’y cantonnent. De superficielle, l'’inflammation microbienne devient profonde au fur et à mesure que les vieilles cellules tombent en deliquium, et donnent naissance à d’autres jeunes éléments épithéliaux.
Il n'y à qu'à examiner la disposition tubulée des cæcums et la situation profonde des culs-de-sac glandulaires de la muqueuse utérine pour se rendre compte de la chronicité de la lésion due à la ténacité du principe virulent à séjourner dans ces glandes.
Comme pour toutes les autres lésions septiques de l'utérus, les irritations mécaniques du col et les congestions qui en dépendent, le manque de repos de lutérus, la menstruation, les conditions névro-vasculaires défectueuses de l’organe, l’atonie de la musculature utérine qui ne concourt point à la détersion de la cavité, et favorise la pénétration des germes phlogogènes, toutes ces causes réunies contribuent par leur action à la production de la forme chronique de l’endométrite blennorrbhagique.
Cette action est favorisée par les déviations utérines fréquentes et par la sténose mécanique ou spasmodique empêchant l'existence d’un drainage naturel persistant de l’organe.
Le Dr Vedeler (Magasin norwégien des sciences médicales, travaux. de 1885, p. 226) a bien fait remarquer le rôle important que joue le virus gonorrhéique dans le développement des maladies de la matrice et de son enveloppe péritonéale.
Il semble, d’après l’auteur, que cet agent septique ne se développe bien que dans les membranes muqueuses, revêtues d’une seule couche de cellules épithéliales cylindriques ; c'est pourquoi on ne le rencontre que dans lurèthre, dans les glandes péri-uréthrales, dans le canal excréteur de la glande de Bartholin, et enfin dans la muqueuse intra-utérine.
Contrairement à l'opinion la plus répandue, l’auteur considère cette dernière comme étant le plus souvent affectée tout d’abord,
tandis que l’urèthre resterait ordinairement indemne, au moins primitivement.
© La découverte du gonococcus dans la sécrétion utérine est par conséquent de la plus haute importance ; elle devra être toujours considérée comme suspecte dans le cours des maladies de l'utérus, hors l’état de grossesse.
Si dans les sécrétions utérines, on rencontre les gonococcus en très
. petit nombre, on peut affirmer qu'il s’agit là d’un simple cas de con-
tagion ; on pourra même peut-être alors démontrer que le principe vivulent provient d’une vieille blennorrhée et qu’il a été transmis par le coît.
L’inflammation gonorrhéique est d’une nature très tenace. Chez l'homme lui-même, où elle peut le plus souvent être guérie dans l'espace de six semaines, la blennorrhée conserve quelquefois ses propriétés virulentes pendant plus d’une année ; mais chez la femme, elle demeure infectante plus longtemps encore.
Cette ténacité du principe virulent est attribuée au développement de spores que l’auteur croit avoir observées, comme des points colorés parmi les gonococcus cultivés, mais morts. 11 n’a pu réussir cependant à les mettre en évidence au moyen de la méthode dite de coloration double.
” D’après cela, nous pouvons conclure que le gonococeus de Neisser se trouve toujours dans les produits de sécrétion d’origine blennors rhagique de la muqueuse utérine. Ces produits de sécrétion lui doivent leur spécificité. Sa présence est un élément de certitude dans le diagnostic des cas douteux.
Cullures. — La gélatine-peptone nous à paru un milieu favorable au développement des gonocoques utérins. Ces micro-organismes fluidifient la gélatine. Ils se développent moins bien iorsque celle-ci a été alcalinisée.
20 L’agar-agar additionné de peptone de viande à 2 (/0 donne un excellent terrain d'ensemencement.
Les limites de température entre lesquelles les cultures réussissent sont de 25 à 30 degrés. Exposée à 48 ou 50 degrés, une bonne culture perd la force de se développer, devient impuissante,
3° Dans le sérum de sang stérilisé et coagulé suivant la méthode de Koch et à une température de 37 à 39 degrés, on peut obtenir des cultures pures de gonocoques. Dans ces cultures, les cocci ne dimi-
“nuent en rien de dimensions, et ils peuvent supporter la dessiccation ‘pendant plusieurs semaines, sans que leur vitalité soit détruite.
Les gonocoques se développent dans un bouillon de culture en
-donnant au liquide une teinte laiteuse qui disparaît par le dépôt de corpuscules blanchâtres au fond du tube:
- Dansle bouillon de veau stérilisé, une goutte de liquide prise dans un tube de gélatine peptonisée et ensemencé avec du mucus utérin blennorrhagique se trouble en 12 à 24 heures et indique une multiplication de spores. Le tube témoin reste clair.
: Le bouillon examiné à ce moment à un grossissement de 4000 dia-
mètres contient des micrococeus très petits 0,5 & pour la plupart ‘accolés deux à deux, mais formant quelquefois des chaînettes, des tétracoccus, des zooglées. Ces organismes sont animés d’un mouvement oscillatoire apparent.
Un 2° ensemencement est fait dans du bouillon de veau stérilisé avec du liquide trouble du 1°" tube de bouillon. 48.heures après, état trouble du tube. Le tube témoin reste limpide. A l’examen microscopique on trouve surtout des diplococcus en très grand Dares chaïnettes de trois grains, zooglées.
On refait avec la 2e culture exactement ce que l’on avait fait avec la première.
Examen et cultures. On voit une abondance plus grande de zooglées de 20 à 30 grains. |
Les tubes de la 5e et de la 6e culture donnent au bout du même temps les mêmes résultats.
Inoculations. — Cette sixième culture est inoculée sans succès dans V’utérus d’une chienne.
Elle ne détermine le lendemain de l’inoculation que de la vulvite et de la vaginite durant cinq jours.
L’examen du liquide vaginal et les cultures dans du bouillon de veau stérilisé reproduisent les mêmes micro-organismes en quantité considérable : et forment comme une trame de cocci de dimensions identiques entre eux et prenant presque tout le champ du microscope.
Nous avons inoculé en procédant de la même façon trois autres chiennes avec des bouillons de culture provenant tous de malades différentes atteintes d’endométrite blennorrhagique.
Nous n’avons réussi qu'à déterminer comme pour la {re inocu-
lation de la vaginite et de la vulvite chez les chiennes. Ces affec-
Ru tions sont restées insignifiantes comme symptômes et comme durée. À
He ‘ En scarifiant la muqueuse utérine de ces animaux avant l’inocu-
F lation, les résultats n’ont pas été plus brillants.
Donc la muqueuse utérine de la chienne est réfractaire à toute ino- | culation blennorrhagique.
Il semble que le gonocoque utérin perd de ses qualités virulentes par la culture ou parle transport, en un mot qu’il s’atténue.
Sur une lapine inoculée à Phôpital Bichat le 5 octobre 1887 avec du mucus utérin cultivé provenant d'une endométrite blennorrhagique, nous remarquons le 40 octobre une vaginite très accentuée : gonflement, rougeur de la vulve, phlyctènes purulentes au pourtour de celle-ci, liquide muco-purulent s’écoulant en abondanc. Ce liquide “examiné présente des cocci en quantité et des cellules à gonocoques.
Le 12 octobre la lapine inoculée meurt, autopsie immédiate : vagin ‘rouge, fortement vascularisé, liquide séro-purulent dans le vagin. < Nous constatons de plus, notre excellent collègue et ami le Dr Hallé étant présent, de la lymphangite utérine. Une traînée de fins globu- ‘les de pus s'étend le long du ligament large du côté gauche. Rien à droite. Rien dansles autres organes. Un tube de pepto-gélatine ense- -mencé le 10 octobre avec le liquide utéro-vaginal de la lapine, donne une culture pure de gonococci.
Ainsi done, une seule fois nous avons vu survenir la moft chez une lapine après une inoculation vaginale de gonocoques. Ceite mort a ‘été produite par Iymphangite utérine.
Resterait à inoculer dans l’urèthre de l’homme le liquide trouble du bouillon ensemencé avec le mucus utérin blennorrhagique pour voir si la blennorrhagie uréthrale ne pourrait pas se produire après cette inoculation.
Resterait aussi à faire l’inoculation de ce liquide dans l'utérus sain -dane femme, pour suivre jour par jour chez elle le développement de la métrite blennorrhagique.
Nous n’avons pas eu de sujets masculins de bonne volonté inoculables à notre disposition.
Quant aux femmes, nous n’avons pas voulu tenter cette expérience à cause de la propagation possible des gonocoques du col de “Putérus aux trompes et aux ligaments larges.
+ Les agents thérapeutiques employés contre les gonocoques des
métrites nous ont donné les résultats suivants :
- Les solutions de nitrate d'argent à 1 pour cent. et d'acide borique à 60 pour 1080 ne sont d'aucun effet. Ilen est de même de l’acétate de plomb, du sous-nitrate de bismuth, des sulfates de zinc, de cuivre et de fer. Dans une solution de bichlorure de mercure à 4 pour 1000 les gonocoques perdent leurs mouvements oscillatoires et rotatoires.
Gette dernière solution empêche et arrête le développement des gonocéques. La sulfate et le nitrate de mercure à 1/15000 agissent de la même façon. L’iodoforme, la térébenthine, la créosote, l’acide phénique, le thymol, le naphtol, l'iodol, les acides benzoïque et salicylique rendent le sérum sanguin impropre à la culture. Le chlorure de sodium, le bromure et le chlorure de potassium, le chlorure de chaux, le nitrate, le chlorate ct le permanganate de potasse ne peu- vent détruire les gonocoques du mucus utérin. : Hn’en est pas de même du chlorure de zine à 4/20 qui nous a ‘paru avoir la même action germicide que les sels de mercure.
- Quoi qu’il en soit, il est des cas où ce serait une illusion de croire, que tout organisme vivant ou toute spore germe a disparu des tissus après l'emploi de ces procédés, maïs expérience prouve que ces organismes ont été tout au moins modifiés et mis hors d'état de nuire. Cela suffit.
* J/infection gonorrhéique du tissu utérin peut dans ce tissu fomenter des lésions transformant celui-ci en un milieu favorable à la végétation d’autres variétés de microbes.
C'est ainsi que les lésions pneumoniques transforment les poumons en un terrain favorable à l’invasion et au développement des bacilles de la tuberculose.
Mais cette idée que nous émettons est purement hypothétique.
En réalité, il est impossible de dire, quant à présent, si la forme bactérienne de lendométrite que nous avons décrite est primitive ou secondaire, si elle est un type ou un état accidentel, en d’autres termes, s’il existe des écoulements utérins provoqués primitivement, puis entretenus par la présence de bactéries, ou bien si la pénétration et la substitution de celles-ci se fait à une période ultérieure de la blennorrhagie ordinaire. j
Nous constatons que ces différents types existent. C’est tout ce que nous pouvons faire.
Pour nous, après les recherches bactériologiques auxquelles nous nous sommes livrés, nous pouvons affirmer que toutes les endométrites sont septiques. Que les microbes soient blennorrhagiques, tuberculeux, pyogéniques, nous avons toujours trouvé avec eux les effets de leur apparition.
C’est la présence des micro-organismes qui conduit aux al: diffuses à granulations sessiles développées en groupes, érodées et ulcérées par le catarrhe chronique, ou bien répandues sur toute la muqueuse, semblables à celles de la conjonctivite granuleuse.
Ce sont eux qui conduisent à l’état morbide pulpeux de la couche muqueusé, qui forment les végétations polypeuses répandues sur la muqueuse hyperplasiée ; eux enfin qui constituent toutes les variétés anatomiques des endométrites dans toutes leurs formes parenchymateuses et interstitielles, dans toutes leurs modifications plastiques sur lesquelles nous n'avons pas à insister.
De purement superficielle l’inflammation microbienne se propage aux couches profondes de la muqueuse et de là au muscle utérin.
… C'est ce que nous avons pu constater sur des coupes de cols utérins enlevés par le Dr Terrier.
Cette présence des micro-organismes dans la partie musculaire de l'utérus donne raison aux auteurs qui avaient fait ressortir la solidarité de toutes les parties constituantes de l’organe dans l’inflammation de celui-ci. Ces auteurs sont DE SINÉTY (Traité des maladies des femmes), COURTY (p. 773), CHURCHILL (p. 300, trad. de LEBLOND, 1881), SIREDEY (p. 628 et 630, art Métrite, Dict. de méd. et de chir. pratiques).
Donc, les micro-organismes développés dans la muqueuse utérine, amènent l’infiltration exsudative, la turgescence, l'inflammation chronique du reste de l’organe, etc.
L’inflammation microbienne peut être aussi profonde d'emblée. Elle se montre telle lorsqu’au moment des règles, de accouchement ou de l’avortement, la desquamatiou épithéliale, laissant béantes les cavités glandulaires, permet aux micro-organismes d'y pénétrer. Dans ces cas, au fur et à mesure que la muqueuse est refaite les micro-organismes superficiels au début sont tassés par les cellules épithéliales de celles-ci.
Le degré de virulence de l’élément pathogène joue un rôle considérable dans la marche de la lésion utérine.
Elle sera ant plus lente suivant ie nature et ie degré d'intensité de cet élément.
Les poussées aiguës de métrite entées sur une forme chronique s'expliquent par la fluxion périodique qui se produit chez les femmes. A cette époque, let terrain à été favorable. à l’évolution microbienne ; et l’élément pathogène qui sommeillait (microbisme latent) Fo r'é« veille au moment de la congestion menstruelle,
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