‹ Des Endothéliomes des MéningesChapitre 18 sur 21 · NES · texte numérisé non relu

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De part et d'autre les globes sont absents, excepté dans l'observation de Cornil et nous en donnerons la raison ; seules, les cellules plates permettent de penser qu'on se trouve en présence d'un sarcome particulier, peut-être d’un endothéliome. Mais l'endothéliome débute, le plus souvent, par les vaisseaux sanguins, et contient des globes épithélioides provenant de la prolifération de l'endothélium vasculaire. Or, ni dans nos coupes à l’'hématoxyline, ni dans nos préparations au picro-carmin, nous n'avons observé des modifications des vaisseaux ou des formations globulaires.

Le diagnostic que nous avons à faire est donc très intéressant.

Frank, examinant un néoplasme, y trouva un stroma alvéolaire de tissu conjonctif et des fentes pleines de cellules très volumineuses se colorant difficilement par les réactifs, ainsi que des cristaux de cholestérine, « ce qui est très caractéristique du cholestéatome».

N'est-ce pas là, à peu près, la constitution de notre tumeur? On n’en peut douter, et c’est bien au cholestéatome qu'elle peut être le plus facilement comparée.

Des cellules prenant mal les colorants, des espaces lacunaires allongés, semblables à ceux que Mille Solovief,a comparés à des fentes faites dans une lame de papier par un couteau la perforant en tous sens; voilà bien la description du néoplasme enlevé par M. le professeur Poncet. Mais, dans cette dernière tumeur, les cellules infiltrées de cholestérine

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sont moins nombreuses, les espaces lacunaires des cholestéatomes sont un peu moins abondants et ne sillonnent que certaines parties de la préparation. L'hypothèse que nous serions tenté de faire ne se réalise donc pas d’une façon absolue, et nos recherches ne nous autorisent pas à dénommer notre tumeur « cholestéatome ».

Un autre caractère important, qui ne permet pas la confusion, c’est la structure cellulaire elle-même. Les cellules de notre tumeur sont des cellules en voie d'évolution, c'est-à-dire des cellules embryonnaires; alors que quelques-unes sont régulières, ont un seul noyau, d’autres sont en voie de segmentation et contiennent plusieurs noyaux avec des nucléoles nombreux et très apparents. Le cholestéatome, au contraire, est formé de tissu adulte, et c'est ce tissu adulte qui secrète la cholestérine. On comprend, dès lors, pourquoi, dans le cholestéatome, la cholestérine est en plus grande abondance que dans notre tumeur.

Le principe de la spécificité cellulaire de Bard donne la clef de l’origine de ces néoplasmes.

L’adage : omnis cellula e cellulà ejusdem naturæ, est applicable aux cellules et à leurs produits, soit à l’état normal, soit à l’état pathologique.

Nous devons donc penser que le néoplasme que nous avons examiné, ainsi que celui de Cornil, ont débuté par les mêmes cellules que le cholestéatome.

Eberth, Glaezer, Frank ont rapporté aux cellules nuclées qui tapissent les travées sous-arachnoïdiennes d'Axel-Key la sécrétion de la cholestérine

Lee etla formation du cholestéatome. Ces idées sont admises aujourd'hui par la plupart des histologistes. Nous croirons, à notre tour, que les tumeurs cholestéariques analogues à la nôtre proviennent aussi des fibrilles d'Axel-Key. Du reste, les lacunes en lames de sabre correspondent exactement aux espaces interfibrillaires du tissu sous-arachnoïdien.

Nous avons démontré que les tumeurs que nous appellerons endothéliomes cholestéariques doivent être attribuées aux cellules endothéliales qui tapissent les fibrilles d’Axel-Key.

La tumeur examinée par M. le Dr Dor en estun exemple typique. Celle de Cornil est moins caractéristique et la différence s'explique par la présence, dans le néoplasme, de Cornil de deux processus : la prolifération vasculaire qui engendre les globes, la prolifération du tissu sous-arachnoïdien qui donne naissance à la cholestéarine. Dans ce cas, le néoplasme est à la fois un endothéliome vasculaire et un endothéliome cholestéarique et, pour nous exprimer d’une façon plus explicite, disons qu’il provient de la néoformation de deux tissus: d’un côté l’endothélium des vaisseaux de la dure-mère ou de la piemère, de l’autre l'endothélium des fibrilles sousarachnoïdiennes.

Passant de l’anatomie-pathologique à la clinique, il nous reste à expliquer pourquoi le cholestéatome est bénin et les tumeurs cholestéatomateuses malignes. |

On s'accorde à reconnaître la bénignité du cholestéatome et l'histologiste et le clinicien pensent l’un et

PUITS l'autre qu’un cholestéatome enlevé complètement ne doit pas récidiver. Le premier s'appuie sur l’expérience, le second sur la structure des cellules qui sont des cellules adultes, ayant même conservé leurs caractères de sécrétion primitive.

Au contraire, dans les endothéliomes cholestéariques, si l’on s’en rapporte à nos deux observations, la tumeur doit récidiver.

Le malade de Péan dut subir deux opérations, à trois mois d'intervalle; celui de M. le professeur Poncet a été opéré à trois reprises : d’abord le 15 février et le 4 novembre 1898. Après cette dernière opération, le malade resta trois ans dans un état très satisfaisant, put se livrer à son dur labeur d’agriculteur et même se maria.

Nouvelle opération le 21 juillet 1902; le malade, à l’heure actuelle va très bien : la plaie est cicatrisée, pas de douleurs, pas de récidive apparente.

Nous ne voudrions pas nous baser sur des observations trop peu nombreuses pour affirmer la malignité des endothéliomes cholestéariques sous-arachnoïdiens, mais, avec l’aide de lhistologie qui démontre la présence de cellules embryonnaires, et même de cellules géantes, nous avons des motifs suffisants pour croire à la malignité de ces tumeurs, malignité bien inférieure à celle du sarcome à myéloplaxes, par exemple, puisque le malade de M. le professeur Poncet n’a pas eu de récidive pendant trois ans et qu’actuellement, quatre mois après la dernière opération, son état est des plus satisfaisants.

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