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OBSERVATION I

(Résumée.) (CHamBarp. — L'encéphale, 1881).

CARCINOME ÉPITHÉLIOÏDE DE LA DURE-MÈRE

1. — Examen macroscopique. — La tumeur, qui siège à la base, au niveau de la fosse cérébrale moyenne droite, se

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laisse sectionner sans résistance et sans crier sous le couteau, et montre une surface de coupe peu vasculaire, granuleuse, friable, opaque, et d'une coloration blanc-grisâtre. Cette simple constatation nous prévient déjà qu'elle n’est ni un sarcome, ni une gomme, ni un carcinome vulgaire, et qu’elle ne renferme ni granulations calcaires, ni fragments osseux, Le suc obtenu par le raclage et la pression est épais, granuleux et, mélangé à l’eau, il se dépose sous forme de grumeaux, sans donner à ce liquide aucune lactescence; ce caractère, joint à ceux qui précèdent, tendrait à nous faire regarder la tumeur soumise à notre examen comme un épithéliome, espèce extrêmement rare, surtout à l’état primitif, dans la cavité crânienne.

2. — Examen microscopique. — A). Dissociation. — Un petit fragment, dissocié dans une goutte de picro-carminate d'ammoniaque, fournit une préparation dans laquelle on remarque les éléments suivants :

De larges cellules plates, semblables à celles qui forment les parois vasculaires dans les sarcomes angiolitiques, constituées par une lame protoplasmique extrêmement mince pourvue,à son centre, d’un noyau nucléolé, fortement coloré par le carmin. Souvent, elles se recroquevillent, aussi ressemblent-elles, pour la plupart, à des cellules fusiformes avec lesquelles un observateur non prévenu pourrait les confondre.

De nombreux globes épidermoïdes différant de ceux qui caractérisent les épithéliomes d’origine épidermique par l'absence d'eléidine dans les cellules marginales, et de transformation cornée des cellules centrales. Ces globes sont constitués par une ou plusieurs cellules globuleuses, polyédriques par pression réciproque, munies de noyaux et entourées par une série de cellules plates, semblables à celles que nous avons décrites plus haut, fortement tassées et intimément soudées les unes aux autres.

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B). Coupes colorées au picro-carmin. — L'aspect de la préparation rappelle, à la fois, les caractères du carcinomeet ceux de l’épithéliome. Un stroma conjonctif limite des alvéoles remplis de cellules dont le mode d’évolution et l’arrangement sont tous spéciaux.

Le stroma, relativement peu abondant, est formé de tissu conjonctif, ici lâche et celluleux, ailleurs plus serré et condensé. Il est parcouru par un riche réseau vasculaire. Ce stroma limite des alvéoles arrondis que subdivisent encore de minces cloisons conjonctives, parcourues par des capillaires d’une grande finesse; ils sont bourrés de cellules dont la disposition, très compliquée en apparence, peut être ramenée à la disposition schématique que voici :

Au centre de l’alvéole, un globe épidermoïde et l’espace entre le globe épidermique et les parois alvéolaires est rempli par les cellules plates qui, libres, non cimentées, mais fortement serrées les unes contre les autres, sont ordonnées, par rapport au globe épidermoïde, de manière à former une sorte de tourbillon dont il est le centre. Tout le contenu alvéolaire, en un mot, représente un gros globe épithélial avec trois Zones :

Une zone centrale, composée d'un petit nombre de cellules polyédriques et cimentées entre elles ;

Une zone moyenne, composée de cellules plates, appliquées sur les cellules centrales et cimentées entre elles et avec les dernières ;

Une zone périphérique, d’une épaisseur beaucoup plus considérable, formée de cellules plates, non cimentées, mais ordonnées comme celles de la deuxième zone.

La seule différence qu'il y ait entre ce schéma et la réalité, c'est que les alvéoles un peu volumineuses, au lieu de ne renfermer qu'un globe central, en renferment un nombre assez variable, de dimensions variables aussi, et inégalement disséminés.

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