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INTRODUCTION

7 . L’exposé des motifs du Projet de loi, portant fixation É du Budget général des recettes etdes dépenses de l’excr- * eice 1910, présenté à la Chambre des députés française: $ par M. Caillaux ministre des Finances, débute ainsi : __ « Les budgets de la plupart des grands pays du monde 3 ploient sous la charge des dépenses publiques. En ä s Allemagne, en Autriche, en Russie, en Italie, aux Elats- Unis, même en Angleterre, l'équilibre entre les recettes ‘et les dépenses est rompu. La tâche des ministres des finances devient chaque année plus ardue, et ils ne peuvent résoudre le problème budgétaire qu’en sollicilant 5 des augmentations d'impôts parfois considérables. »

Guérin + | 1

ENORES

La portée d'une telle remarque s'accroît d'autant plus que, placée par le Ministre des Finances au frontispice de son Budget, elle cherche à excuser le chiffre formidable auquel aboutit ce dernier. Si Jon se reporte aux éléments statistiques, on peut en effet se convaincre aisément qu’en ce qui concerne la France l'accroissement ‘continu des dépenses a été particulièrement sensible

dans ces dernières années (1). :

Dans la période s’écoulant depuis 1893 jusqu’en 1910,

soit dix-huit ans, les crédits ouverts par le budget primilifsontpassésde3.291 millions à 4.051 millions, soitune augmentalion totale de 760 millions et un accroissement annuel de plus de 12 millions ; etdans la périodes’écou lant depuis 1892 jusqu'en 1908 (situalion provisoire de l'exercice), soit seize ans, le total des crédits fixés d’après les lois de règlement s’est élevé de 3.379 millions à 4.101 millions, soit une augmentalion totale de. 722 millions et un accroissement annuel de plus de 45 millions.

Cependant dans cet intervalle La paix politique n’a été troublée que par quelques expéditions coloniales sans grande envergure ; des conversions heureuses ont diminué la dette d'environ 102 millions ; les dépenses de l'Algérie ont été détachées du budget général, et quel-

ques réformes, de moindre importance au point de vue

:, Voir annexe I,

ue

financier, telles que la loi de séparation de l'Eglise et de

l'Etat, ont entrainé une diminution assez notable des dé-

penses (1).

- Mais de nouvelles nécessités budgétaires se sont par contre fait sentir. La nation a dû consentir encore des sacrifices pour maintenir son armée etsa marine dans un état d'égalité relalive vis à-vis des puissances avec lesquelles les hasards de la politique pouvaient l'amener à se trouver en contact. L'amélioration de l'outillage national a été poussée plus avant pour permettre à la France de lutter sur le terrain économique avec ses concurrents mondiaux. L'instruction publique a été développée. L'Etat a vu accroître et diversifier ses fonctions pour répondre au besoin d'intervention que préconisaient les classes dirigeantes. Enfin des réformes

sociales remarquables ont élé entreprises dans un but

supérieur d'humanité et de solidarité : le droit à l'as.

sistance est entré dans le domaine de la pratique avec les lois d'assistance médicale gratuite et d'assistance aux

vieillards, incurables ou infirmes : les retraites ouvrières

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ont été ébauchées.

Ne possédant pas vis-à-vis de ses collègues dans l'établissement du budget des dépenses une prépondérance : marquée reconnue par la Constitution ou par les tradi -

Fr

tions du pays, le Ministre des Finances ne peut en géné-

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