Des épanchements de sang dans les plèvres consécutifs aux traumatismes
Les plaies pénétrantes de poitrine et leur compli-^ cation la plus fréquente, l'épanchement sang^uin de la plèvre, ont été bien des fois étudiées et par des auteurs dont les opinions font loi en chirurg^ie, cependant, plusieurs côtés de la question nous ont paru demeurer encore obscurs. Les règ'les du traitement de l'hémothorax sont restées vag-ues, l'on ne connaît g'uère les modifications subies par le sang" dans la plèvre, l'on ig^nore pourquoi, dans certains cas, l'épanchement suivant une marche heureuse se résorbe et disparait complètement, alors que dans des circonstances à peu près semblables, il séjourne dans la poitrine et provoque des accidents g*raves.
Nous avons entrepris ce travail dans l'intention d'éclaircir ces différents points.
Pour suivre l'évolution d'une collection sang^uine pleurale, nous avons fait des expériences sur des
animaux : puis rapprochant les résultats obtenus des enseig'nements fournis parla clinique, et, nous appuyant sur cette étude comparative, nous avons proposé à l'article du traitement une règ'Ie de conduite qui, nous l'espérons, pourra paraître rationnelle.
Nos observations personnelles, celles que nous devons à la g^énérosité de nos maîtres ou de nos camarades, ne nous ont pas semblé être en nombre suffisant pour analyser dans ses détails la marclie des phénomènes cliniques, ni pour apprécier la valeur des méthodes de traitement employées. Aussi, avons-nous relevé un assez g-rand nombre de faits dans les revues périodiques ou dans les ouvrag'cs des auteurs qui ont traité de la matière qui nous occupe.
Sans avoir la prétention de rassembler toutes les observations publiées sur ce sujet, nous avons recueilli toutes celles que nous rencontrions , lorsque les sig'nes fournis par l'auscultation ou l'examen nécropsique ne permettaient aucun doute sur l'existence réelle de la complication que nous avions en vue.
Ces observations ont été disposées en tableau à la fin de notre thèse; nous avons pensé que les particularités qu'elles sont destinées à mettre en i^elief apparaîtraient ainsi plus clairement.
— in
A côté des cas d'hémothorax qui nous ont servi pour écrire ce travail, on trouvera aussi \e résumé d'un certain nombre de plaies pénétrantes de poitrine, simples ou compliquées de pleuro-pneumonie.
Il n'est pas inutile d'opposer l'un à l'autre ces deux g'enres d'observations, car si l'on veut bien les étudier parallèlement, il est facile de se convaincre que dans le plus g-rand nombre des plaies pénétrantes de poitrine, c'est l'épanchement sang*uin pleural qui fait la g'ravité du pronostic.
Voilà pourquoi nous avons produit ces exemples de plaies pénétrantes simples, bien que nous ne traitions ici que d'une complicatioa de ces blessures.
Je ne terminerai pas sans remercier bien cordialement mon ami et collèg-ue M. Tapret, dont les conseils ne m'ont jamais fait défaut , et à qui je dois l'idée première de cette thèse.