‹ Des épanchements de sang dans les plèvres consécutifs aux traumatismesChapitre 11 sur 61 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

Plaie pénétrante de poitrine. — Blessure du poumon. — Tas d'épanchement sanguin. — Guérison rapide (due à M. Méricamp).

Arnaud (Antonin), 28 ans, entre le 14 juillet 1879, au n" 45 de la salle Saint-Gabriel (service de M. Polaillon).

Dans une rixe, cet homme a reçu deux coups de couteau dans la poitrine. Il ne s'est pas aperçu sur-le-champ de sa blessure, et ce n'est c[ue lorsqu'il eut été séparé de son adversaire, environ dix minutes après avoir été frappé, qu'il ressentit une légère douleur au côté. Ayant alors examiné le point qui lui faisait mal, il trouva sa chemise couverte de sang.

Immédiatement il se rendit chez un pharmacien qui lui conseilla d'entrer à l'hôpital, et il vint à l'hôpital de la Pitié, distant d'un kilomètre environ du lieu où il avait été blessé.

L'interne de garde constata que par l'oiùfice de la plaie s'écoulait une petite quantité de sang mélangé à des bulles d'air faisant irruption alors seulement que le malade toussait. Il constata également que le malade respirait sans peine et qu'il ne souffrait que très légèrement de la région blessée. Il appliqua sur les plaies un pansement phéniquô, entoura la poitrine avec un bandage de corps médiocrement serré, et le laissa tranquille.

Le malade s'endormit aussitôt et son sommeil dura presque toute la nuit.

A la visite du 15, on trouve deux plaies linéaires de un centimètre, dont les lèvres sont accolées et qui ne donnent passage ni à de l'air, ni a du sang. Elles sont situées, l'une à l'intersection de la ligne axillaire, avec une ligne horizontale passant par le mamelon gauche (6"^ espace intercostal) ; l'auli^e à trois centimètres plus bas et un peu plus en arrière. Autour de ces plaies existe une zone de crépitation emphj^sémateuse sur une étendue égale à la largeur de la paume de la main.

Le malade respire facilement; il est couché sur le dos au moment où nous l'interrogeons, mais il peut se remuer, et les mouvements ne s'accompagnent d'aucune gêne. Il ne souffre de son côté que lorsqu'on le fait tousser. Il n'y a eu d'hémoptysie à aucun moment.

Notre malade ne peut nous renseigner sur la façon dont la blessure a été faite, il dit même qu'il ne s'est pas aperçu qu'il ait été frappé. Toutefois, il sait que l'arme était un couteau de poche à lame étroite.

Percussion. — Son normal et égal des deux côtés de la poitrine.

Auscultation. — Respiration normale.

Dans ses antécédents, cet homme n'a ni pneumonie, ni pleurésie.

Dans la journée du 13, le malade mange de bon appétit.

Le soir, il ne se plaint de rien et respire facilement. (28 mouvements respiratoires par minute.)

Pendant la durée du séjour à l'hôpital, le malade n'a eu aucun accident. Dès le troisième jour, on le laisse se lever; il ne souffre plus du côté et il sort dix jours api^ès son entrée parfaitement guéri.

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