OBSERVATION I
Plaie pénétrante de poitrine. — Blessure du poumon. — Pas d'épancTiement sanguin. — Occlusion. — Guérison.
Blet (Victor), 19 ans, employé, entré le 24 juin 1879, salle Saint- André (service de M. le professeur Guyon).
Il s'est porté cinq coups de couteau dans la région du cœur. Immédiatement il est tombé à la renverse et a perdu connaissance. Aussitôt, il se fait par les plaies un écoulement de sang assez abondant pour mouiller le plastron de la chemise. On apporte le blessé en toute hâte à l'hôpital, — Il est pâle, en proie à une dyspnée très grande qui augmente par le mouvement et l'exercice de la parole, il se plaint aussi d'une vive douleur dans le côté gauche.
On trouve cinq plaies dont quatre sont disposées autour du mamelon : deux sont au-dessus; deux au-dessous, à un centimètre environ de lui. La cinquième, plus éloignée, se rapproche de la ligne axillaire. Ces plaies ont été faites avec un couteau de poche. Trois d'entre elles ne sont évidemment pas pénétrantes, mais les deux plaies situées au-dessus du mamelon paraissent plus profondes. Il existe d'ailleurs un emphysème occupant la région précordiale qui, uni aux phénomènes de dyspnée, nous montre bien que le poumon a été intéressé par l'instrument vulnérant. Le malade n'a pas eu d'hémoptysie.
Occlusion de la plaie. — Repos.
Pendant la nuit, agitation, insomnie. Le lendemain, respiration toujours difficile et anxieuse. La toux éveille de la douleur dans le côté gauche, mais, à partir du deuxième jour après la blessure (26 juin), il se produit une améhoration notable. La respiration devient plus facile, le malade peut parler librement, et les mouvements ne sont plus douloureux. Le 21, l'amélioration continue; le malade respire, parle et se remue dans son lit sans difficulté. L'emphysème se constate cependant encore très nettement. Pendant tout ce temps, l'auscultation, faite chaque jour, n'a rien révélé d'anormal du côté du poumon ou du cœur.
Depuis le premier jour, la température s'est maintenue à 37 degrés.
Ce garçon n'avait dans ses antécédents ni pleurésie, ni pneumonie.
Le mieux continue, et, le 2 juillet, le malade quitte l'hôpital complètement guéri.