OBSERVATION XVI
Fracture de côtes. — Plaie de l'intercostale. — Épanchement sanguin.
Mort.
(Cas observé par M. Panas, alors interne de Laugier, 1858, et dont il a bien voulu nous donner la substance.)
Homme de quarante-buit à cinquante ans.
Fracture de la sixième ou septième côte, vers l'angle.
Signes classiques de la fracture. —Toux, cracbats sanguinolents, pas d'empbysème.
Une semaine après, accidents fébriles, pâleur excessive, ce qui conduisit à ausculter le malade et permit de constater un épanchement remplissant la totalité de la cavité pleurale.
On diagnostiqua une pleurésie, et M. Laugier fit appliquer douze ventouses scarifiées.
Ce qui frappa l'observateur, ce fut l'état de pâleur excessive du malade.
Mort trois ou quatre jours plus tard.
Autopsie. — Toute la poitrine est remplie de sang liquide et noir, sans mauvaise odeur.
L'examen attentif démontra qu'il s'agissait d'une blessure de l'artère intercostale, à 6 centimètres de son origine, juste à l'endroit où elle allait s'engager dans la gouttière sous-costale.
Un caillot noirâtre de couleur de gelée de groseilles obstruait l'orifice.
Ce qui était remarquable dans ce cas, c'est la combinaison des phénomènes pleurétiques avec ceux de l'hémorrhagie interne.
M. Panas pense que si, dans ce cas, on avait examiné le malade avant l'apparition des accidents fébriles et d'une hémoptysie mortelle, on aurait pu songer à la soustraction de l'épanchement primitif et aussitôt qu'un nouvel épanchement se serait montré, au lieu d'appliquer des ventouses qui imposaient au malade une nouvelle perte de sang, on aurait songé à pratiquer l'empyème à l'endroit présumé de la lésion; ce qui aurait permis d'agir directement sur le vaisseau lésé.