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CHAPITRE VI. — Influence de la profession

Il est des professions, la profession militaire, la profession navale, qui comportent j)lus parlicidièrement certaines épidémies. Il y aurait deux beaux chapitres à faire sur les épidémies des armées et sur les éj)idémies des navires. L’anémie des mineurs serait une épidémie professionnelle, Il en sera question à propos de l'influence des circumfusa, dans la SECTION suivante. Dans la peste de Messine, en 1743, les couvents furent préservés. Au Kaire, d’après Ozanam, les porteurs d’eau ne seraient pas sujets à la peste, et cette bizarre immunité serait due à ce que, portant l’eau dans des outres, ils sont continuellement mouillés. On dirait quelquefois que le genre de profession des individus attaqués va mettre sur la voie de la cause spécifique, qui a été jusqu’ici la pierre philosophale de l’histoire des épidémies. Mais c’est un fugitif indice, une lueur, aussitôt éteinte qu’apparue. Ainsi, dans l’épidémie du choléra de Toulon, les premiers individus atteints sont des matelots , des ouvriers du port , des forçats, tous gens travaillant dans le voisinage de l’eau ou dans l’eau, et l’on en conclurait volontiers que des émanations de l’eau croupie, altérée, ont

pu être l’agent producteur du fléau. Voilà qui serait plus significatif : « La peste se manifesta en Laponie (1670), par du chanvre qu’on y avait apporté de Riga : mais il n’y eut que les femmes employées à le filer qui contractèrent la maladie. Le froid de ce pays dissipa promptement les miasmes contagieux » (Ozanam , d’après Scheffer : Laponia). Du chanvre! Pourrait-on supposer que ce chanvre, insuffisamment roui et subissant encore un mouvement fermentescible, effluvien, exhalait ses miasmes à l’entrée des voies respiratoires , chez les malheureuses chargées de le filer? A Versailles, dans l’épidémie de dyssenterie observée par M. Masselot, les cavaliers souffrirent plus que les fantassins : or, il y a des immondices dans les casernes de cavalerie... Mais, je le répète , ce ne sont là encore que de simples apparences.

Le précieux rapport de M. Blondel renferme plusieurs tableaux relatifs aux professions. Je les ai modifiés de manière à ne conserver que ce qui était le plus essentiel. Celui qui vient en première ligne (F) comprend l’indication, suivant les professions, des cholériques traités indistinctement dans tous les établissements ressortissant à l’administration de l’assistance publique, pendant l’épidémie de 1849. Il est digne d’intérêt; mais il aurait plus de valeur si, au nombre des atteints par profession, correspondait l’effectif numérique des professions auxquelles ils appartenaient respectivement. Voici ce tableau :

Le tableau ci-après et celui qui vient ensuite ont trait à un point de vue spécial et très-important de la question des professions, envisagées dansleurs rapports avec l’étiologie du choléra. Il s’agit de savoir, en effet, si l’habitation parmi les cholériques , si les soins qu’on leur donne, sont des circonstances particulièrement favorables au développement de la maladie.

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