L’INTÉRIEUR
Employés en contact avec les cholériques ....
N’ayant aucuu contact, .
Parents ou doraesliques des employés
Totaux
Malheureusement, ce tableau n’indique pas : le
diiffre total des employés de toute sorte dans les deux hospices de la vieillesse, en 1849; 2" le nombre comparatif des employés qui habitaient à l’intérieur de ces étahlissements et de ceux qui habitaient à l’extérieur. Toujours est-il que l’équivalence presque complète des cas de choléra parmi les employés qui étaient en contact avec les cholériques et de ceux, qui n’avaient aucun contact avec ces mêmes cholériques ,
pourra être considérée comme un argument contre la contagion.
Suit un tal)leau dans lequel on voit le rapport de la mortalité du personnel actif des hôpitaux au chiffre total de ce personnel^ dans les deux épidémies, en i832 et en 1 849.
OS
en
Il est à regretter que le tableau de M. Blondel, sur lequel j’ai composé le précédent, n’offre pas le chiffre des malades, en regard de celui des morts, comme cela a été fait dans le tableau relatif aux deux hospices de la vieillesse. Ce chiffre des malades du personnel de tous les établissements hospitaliers, il nous sera possible, toutefois, de l’obtenir, approximativement, au moyen du rapport des morts aux atteints^ dans le personnel des deux maisons de la vieillesse, en 1 849- Ce chiffre dépasse la proportion de 55 p. 0/0. Supposons qu’il ne soit que de 5op.o/o, il s’agira, en faisant l’application de ce rapport au nombre des décès de tout le personnel hospitalier dans les deux épidémies , de doubler la somme de ces décès, et l’on arrivera au chiffre 488 sur 5864 employés de toute sorte; ce qui donne, en nombre rond, 8 pour 0/0. Si sur 100 individus vivants dans une atmosphère de cholériques , 8 seulement sont affectés , il y a lieu de supposer que la contagion n’est pas beaucoup à craindre.
Le docteur James Jameson, secrétaire rapporteur du conseil médical de Calcutta, a consigné le fait suivant dans son rapport. Sur s5o à 3oo médecins qui ont suivi la maladie pendant toute sa force, 3 seulement ont été attaqués et i a succombé. J’emprunte cette mention au substantiel rapport de M. Double. « A Paris (dans l’épidémie de i832), sur 1100 médecins, 20 seulement succombèrent; et, sur plus de 600 élèves, employés dans les hôpitaux, pendant les 6 mois que dura l’épidémie, i seul en fut victime. » C’est encore M. Double qui parle. Voici, toutefois, ce cjue dit M. Reynaud : « Dans le premier choléra de Marseille, les médecins et les pharmaciens ont été réfractaires à l’infection, tandis
que^ dans la deuxième invasion et dans l’épidémie de Toulon, ils ont payé un large contingent à la mort. Dans l’hôpital de la Marine de Toulon, sur 35 officiers de santé, ïo ont été atteints, 5 ont succombé. Tous ont plus ou moins ressenti l’influence de l’épidémie ; tous les matins, il fallait remplacer quelqu’un d’eux, retenu chez lui par les prodromes de la maladie. » M. Reynaud ajoute qu’à l’hôpital militaire, à Toulon (i), sur 3u officiers de santé, 8 ont été atteints du choléra, et 4 ont succombé; que les 2 aumôniers qui assistaient les cholériques dans cet établissement « ont payé le tribut; » que, sur 3o journaliers, employés, dans les premiers temps de l’épidémie, au transport des cadavres, le tiers fut, en pende jours, enlevé par le choléra; que les fossoyeurs furent moissonnés, de telle sorte qu’on dut les remplacer par des forçats; qu’à Bourbon, au rapport du docteur Brousse, des prisonniers, chargés du transport des malades, moururent dans ce périlleux office, et que deux infirmiers seulement échappèrent au fléau ; enfin, qu’à Oran et à Bône, les officiers de santé, les infirmiers et toutes les personnes qui approchaient les malades, furent atteints dans une bien plus grande proportion que les autres classes de la population. Moimême, dans Tin discours de fin d’année, au Val-de- Grâce, j’ai rendu hommage à mes anciens camarades, dont plusieurs étaient mes amis, Bréant, Brossut, Girardin, Hubert, Macaigne, Marc, Margotti, Marie, Morel le, Semidei, Somerfogel, médecins de l’armée, tués par le choléra, à Alger, en 1 835. Et, certes, je n’ai pas nommé tous ceux qui succombèrent. D’autre part, à Moscou,
(i) Il y a, à Toulon, un hôpital de la Qolte et un hôpital militaire.
d’a près M.Brièrrede Boismont, le nombre des cholériques fut à peu près de 3 p. o/o sur la population de la ville, tandis qu’il fut de 3o à [\o p. o/o parmi les employés des hôpilaux. Il faut tenir compte de pareils faits. Sont-ils de nature à modifier l’opinion fjui ressort d’elle-méme de nos deux derniers tableaux, et d’après laquelle la profession médicale et les professions accessoires des hôpitaux, n’exposeraient pas plus que les autres professions en général, au choléra? Le lectçur en décidera. Les pièces du procès sont sous ses yeux.
En 1849, l’armée de Paris compta 3,4 10 cholériques. Le Val-de-Grâce en reçut i,2i8, sur lesquels 338 moururent; mortalité relativement restreinte, qui témoigne hautement en faveur du mode de traitement suivi, et qui atteste le dévouement, la sollicitude, la vigilance dont les malades furent l’objet. M. I^évy, à cette époque, était médecin en chef du Val-de-Grâce. C’est simplement justice de le nommer.
Quantaux Invalides, on ne saurait les assimiler au reste de l’armée, et ce qui les concerne se rattacherait mieux à la considération de l’âge. Cent vingt-deux de ces rudes vieillards, dont quatre-vingt-neuf succombèrent, furent attaqués par le choléra. Faible proportion, non pas de décédés, mais d’hommes atteints, et qui montre combien ces vétérans des champs de bataille, trempés dans les privations et dans les fatigues, insensibles, pour la plupart, aux vicissitudes atmosphériques, sont réfractaires aux agents morbides les plus actifs. Y aurait-il un rapport entre cette résistance des vieillards et le ralentissement de l’absorption dans l’âge avancé?