INDICATION DES TABLEAUX
Tableau A, page 5. — Age des morls daus l’épidémie de niéuiiigite cérébro-spinale de Strasbourg (i84o-i84i).
Tableau B, page g. — Age des enfanlsalleinls dans l’épidémie croiipale de 1808.
Tableau C, page 1 1. — Proportion sur 1000 cholériques suivant les âges. (i83i- 1849).
Tableau D, page 22. — Répartition, par divisions, des administrés, indigents ou aliénés atieints du choléra dans l'hospice de la Vieillesse (hommes;, depuis l’imasion jusqu’au 3i août 1849.
Tableau E, page 22. — Etat, par bâtiments , des administrées indigentes ou aliénées, atteintes du choléra dans l’hospice de la Vieillesse (femmes), du 16 mars au 17 août i84g.
Tableau F, page 26. — Résumé des professions auxquelles appartenaient les cholériques traités, en 184g, daus les établissements charitables, et classement de ces professions suivant les conditions dans lesquelles elles sont exercées.
Tableau G, page 27. — Etat des employés de tous grades et des parents ou domestiques d’employés atteints du choléra daus les deux hospices de la Vieillesse, pendant l’épidémie de i84g.
Tableau H, page 29. — Etat de tous les individus faisant partie du personnel actif des hôpitaux et hospices, ou dépendant de ce personnel, qui sont morts du choléra, en 1882 et en 184g, dans ces établissements.
Tableau I, page 35. — Répartition, par nation, des individus atteints de la peste, à Alexandrie, en i835.
Tableau J, page 68. — Comprenant 179 épidémies observées en France et réparties par saisons.
Tableau K , page 70. — Répartition de 241 épidémies, suivant leur nature, suivant la saison et la zone isothermique dans lesquelles elles se sont manifestées.
Tableau L, page loi. — Classement des arrondissements de Paris, suivant les décès de choléra, en 1S49. — Rapport de la mortalité au nombre des indigents.
Tableau M, page 202. — Enumération historique et synoptique des épidémies stationnaires depuis l’an i4gi avant J, -G. jusqu’en 1S20.
Tableau N, page 208, — Enumération historique et synoptique des épidémies progressives depuis J.-C. jusqu’en 1849.
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Hippocrate n’entendait pas le mot épidémie comme nous l’entendons. Il règne, à cet égard, une équivoque propagée et acceptée sans critique, comme tant d’autres banales et superficielles croyances. Ce n’est pas la faute de M. Littré si l’erreur subsiste. Il ne manque pas d’avertir, en effet, tout au commencement de son important Argument du premier et du troisième livre des épidémies, qu’il s’agit, dans l’œuvre hippocratique, non pas précisément ^ épidémie, dans le sens que l’on attache aujourd’hui à ce mot , mais de l’étude de la constitution atmosphérique pendant quatre années , et des maladies qui régnèrent sous l’influence de ces constitutions. C’est un acheminement à l’élude des épidémies ;
c’est une belle et large voie ouverte à l’esprit d’observation : ce ne sont pas encore les épidémies.
Aristote nomme la peste, et, le premier, porte témoignage en faveur de la contagion. Hippocrate ne la nomme pas. Il y a bien, dans les phorismes et dans le troisième livre des Epidémies^ deux passages, l’un d’une ligne, l’autre consistant en un seul mot, dans lesquels il est question de hubons se rattachant à un état fébrile. Mais comment admettre que, si Hippocrate avait observé la peste, il se fut borné à ces seules indications? Est-ce vraisemblable ? est-ce même possible ?
Quoiqu’il en soit, ce n’est donc pas dans les oeuvres d’Hippocrate qu’il faut chercher une définition de notre sujet.
Notre grand Paré, homme de tant de génie et de tant de savoir, a écrit sur la peste un livre extrêmement curieux, qui n’est point assez connu. Ce traité, publié en i568, remanié depuis, forme le a/p livre de l’oeuvre encyclopédique de l’immortel chirurgien. Paré définit la peste, à sa manière, un peu trop poétiquement, comme le remarque son savant et éloquent commentateur, M. Malgaigne, et il ajoute : « Les anciens l’ont appelée épidémie, quand la corruption venoit de l’air qui promptement fait mourir plusieurs en vu instant et en mesme région : aussi ont-ils appelé Endemie vne maladie qui est propre et familière en certain pays , comme les escrouèlles en Espagne, le gouètron en Sauoye, la lèpre en Guyenne vers Bordeaux, qu’on appelle gabetz, et en
la basse Bretagne cacols, et sont nommés Ladres blancs ; et ainsi d’autres maladies qui régnent ès autres prouinces. » Cette définition de l’épidémie et de l’endémie, avec peu de changements, serait parfaitement conforme aux données actuelles de la science.
« Une maladie est épidémique lorsque, dans un temps donné, elle attaque un grand nombre d’individus. » On lit cette proposition dans le rapport de M. Prus sur la peste et les quarantaines . Je ne dirai pas assurément qu’elle dépare, même légèrement , une belle oeuvre, véritable monument qui fait le plus grand honneur à son auteur et à la commission dont il fut l’interprète, mais elle n’est pas exacte. U y a cette excuse d’ailleurs quelle n’est pas donnée expressément à titre de définition. Il ne suffit pas, en effet, qu’il y ait, dans un temps donné, un grand nombre d’individus affectés d’une maladie pour que cette maladie soit une épidémie. Ce pourrait être aussi bien une endémie. Il faut que, dans un lieu donné, cette maladie soit accidentelle.
U On appelle endémiques [morbi endemici') , dit M. Chomel, les affections produites par un concours de causes qui agissent continuellement ou périodiquement dans certains lieux, de sorte que les maladies qui en résultent s’y montrent sans interruption, ou du moins y reparaissent à des époques fixes, en frappant, dans tous les cas, une pins ou moins grande proportion des habitants : tels sont le goitre et le crétinisme dans les gorges du Valais, les fièvres intermittentes dans la plu-
part des endroits marécageux. Les maladies épidémie ques [morbi epidemici^ , qui, comme les précédentes, attaquent à la fois un grand nombre d’individus, ou deviennent beaucoup plu.s fréquentes qu’elles ne le sont communément, n’ont qu’une durée limitée, et ne reparaissent point à des intervalles réguliers. »
La définition de Nysten est très-précise : « Maladie qui attaque en même temps et dans le même lieu un grand nombre de personnes à la fois, et qui dépend d’une cause commune et générale survenue accidentellement. » Il n’est pas nécessaire de faire entrer la notion de caxise dans la définition, qui, d’un autre côté, gagnera à être concise; je définis donc l’épidémie: une maladie insolite qui attaque en même temps et dans le même lieu un grand nombre de personnes à la fois. Une maladie est insolite de deux manières : par sa nature, parle nombre d’individus qu’elle atteint. Le choléra est insolite par sa nature; la fièvre typhoïde peut être insolite par le nombre de personnes cju’elle affecte à la fois dans le même lieu: alors elle est épidémique.
Ces définitions précises, ces distinctions tranchées sont utiles aux élèves : elles leur rendent facile l’intelligence des textes et de la parole des maîtres.
On a assigné aux maladies épidémiques des caractères qui les distingueraient des maladies non épidémiques. Elles n’ont pas d’autres caractères que ceux qui sont renfermés dans notre définition. Si elles en avaient d’autres, la définition, ne les comprenant pas.