XVI
serait inexacte. Examinons ces prétendus caractères : « i“ Elles (les maladies épidémiques) ont dans leur progrès une marche spéciale. On leur reconnaît généralement trois périodes : période de début, période d’état, période de déclin ou de terminaison. Les trois périodes ne présentent souvent ni les mêmes symptômes, ni les mêmes lésions, ni la même gravité (Prns). » Cela est vrai; mais une maladie insolite qui aurait frappé à la fois dans le même lieu un grand nombre d’individus, et qui, dans son brusque passage, aurait, sans distinction de période, frappé les mêmes coups du commencement à la fin, en serait-elle moins une épidémie? Ce n’est donc point là un caractère. Et j’entends par caractère ce qui caractérise, ce qui ne manque jamais, ce qui est nécessaire, dans la nature même de la chose, laquelle, sans cela, ne serait pas.
Poursuivons :
« 1° Pendant le règne d’une maladie épidémique, les autres maladies sont moins nombreuses et reçoivent l’empreinte de l’affection dominante.
a 3® Quand sévit une maladie épidémique, il est assez rare que les personnes qui conservent leur santé ne ressentent pas, plus ou moins, l’inflnence générale.
« 4° Les maladies épidémiques reviennent et cessent souvent dans la même saison, et ont, en général, la même durée.
« 5” Une maladie épidémique est souvent précédée par d’autres affections plus ou moins graves, plus ou
moins généralisées, qui lui servent, en quelque sorte, d’avant-coureurs (/3iV/.). »
Admettons que tout cela soit vrai. Sont-ce des caractères, c’est-à-dire des circonstances sans lesquelles la maladie cesserait d’être épidémique ? Non, assurément, puisqu’il suffit, encore une fois, pour qu’une affection soit dite épidémique, que, insolite dans un lieu donné, elle y attaque, à la fois, un grand nombre d'individus. Il est temps de constituer une science précise, logique, simple, et de la débarrasser de tout ce fatras, chose étroite et verbeuse, c[ui jette la confusion dans l’esprit des élèves.
S’il est bon, au point de vue de la méthode, de distinguer l’épidémie de l’endémie, il ne l’est pas moins, à un point de vue plus élevé, de les rapprocher et de les considérer dans leurs rapports, qui sont étroits. L’épidémie est une endémie insolite, accidentelle, comme l’endémie est une épidémie solite, habituelle. Dans l’une et dans l’autre, le fait prédominant, caractéristique, consiste dans le grand nombre d’individus frappés en même temps et dans le même lieu. Dans l’une et dans l’antre, une cause générale a sévi, secondée plus ou moins efficacement par des circonstances diverses.
Dans les contrées où prédominent sensiblement certaines affections, en Algérie, par exemple, on donne le nom de saison épidémique à la période annuelle dans laquelle ces affections atteignent leur summum de fréquence et de gravité ; et dans les écrits comme
dans le langage, la maladie est appelée indifféremment épidémie ou endémie, ou encore endémo-épidémie. Au reste, il arrive quelquefois qu’une endémie outrepasse notablement ses bornes habituelles ; alors elle justifie bien le nom d’épidémie ou d’endémo-épidémie, et c’est même le seul qu’on doive lui appliquer.
Nota. — J’emploie quelquefois dans le cours de la Thèse, d’après Ozanam, le mot épioïxie pour désigner une épidémie bornée à une localité très-circonscrite , comme un vaisseau, une maison ; et je me sers du mot épiphjtie, pour désigner les maladies qui sévissent, dans un lieu donné, sur un grand nombre de végétaux à la fois.
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