‹ Des épidémiesChapitre 43 sur 43 · Il est défendu à tout capitaine · texte numérisé non relu

Il est défendu à tout capitaine

1® De se dessaisir de la patente prise au point de départ , avant d’être arrivé à sa destination ;

3‘> De prendre et d’avoir à bord d’autre patente que celle qui lui a été délivrée audit départ ;

3“ D’embarquer sur son bord aucun passager ou autre individu qui paraîtrait atteint d’une maladie pestilentielle.

Il est enjoint à tout officier de santé d’un navire , et , à défaut , au capitaine ou patron , de prendre note , sur le journal de bord , de toutes les maladies qui pourraient s’y manifester.

Il leur est également prescrit de tenir note, sur ledit journal , de toute conimunication qui aurait eu lieu en mer, et de tout événement de nature à intéresser la santé publique.

9. En cas de décès, après une maladie pestilentielle, les effets d’habillement ou de literie qui auraient servi au malade , dans le cours de cette maladie , seront huilés si le navire est au mouillage, cl, s’il est en route, jetés à la mer avec les précautions suffisantes pour qu’ils ne puissent surnager.

Les autres effets du même genre dont l’indjLvidu décédé n’aurait point fait usage, mais qui se seraient trouvés à sa disposition , seront soumis immédiatement à l’évent ou à toute autre purification.

Il sera fait mention , dans le journal de bord , de l’e.xéculion de ces mesures.

10. Tout capitaine tirrivant dans un port français est tenu :

1° D’empêcher toute communication avant l'admission à libre pratique;

2° De se conformer aux règles de la police sanilaire , ainsi qu’aux ordres qui lui sont donnés parles autorités cliargées de cette police ;

3” D’établir son navire dans le lieu réservé qui lui est indiqué ;

4° De se rendre, aussitôt qu’il y est invité, auprès des autorités sanitaires, en attachant à un point apparent de son canot, bateau ou chaloupe , une flamme de couleur jaune, à l’eflet de faire connaître son état de suspicion et d'empècher toute approche;

5° De produire auxdites autorités tous les papiers de bord; de répondre, après avoir prêté serment de dire la vérité , à l’interrogatoire qu’elles lui font subir, et de déclarer tous les faits et donner tous les renseignements \enus à sa connaissance, qui peuvent intéresser la santé publique.

11. Peuvent être soumis à de semblables interrogatoires et obligés , sous serment, à de semblables déclarations, les gens de l’équipage et les passagers, toutes les fois qu’il est Jugé nécessaire.

12. Doivent se conformer aux oïdi es et aux instructions des autorités sanitaires, les pilotes qui se rendent au -devant des navires pour les guider, ainsi que toutes les embarcations qui , en cas de naufrage ou de péril , iraient à leur secours.

13. Les défenses l'ésultant , soit du présent titre, soit des titres suivants , ne feront pas obstacle aux visites des agents des douanes , soit dans les ports , soit dans le rayon de deux myriamètres des côtes , sauf toute application que de droit auxdits agents et <à leurs embarcations, si par ces visites ils perdent leur état de libi'e pratique.

14. Les provenances des pays habituellement et actuellement saisis sont admises à la libre pratique immédiatement après la reconnaissance sanitaire , à moins d’accident ou de communication de nature suspecte survenue depuis le départ,

15. Les quarantaines et mesures particulières auxquelles doivent être soumises les provenances des pays suspects de maladies pestilentielles sont fixées, par décret, conformément à l’art. 1"' de la loi du 3 mars 1822. Un tableau des quarantaines , conforme au tableau C ci-annexé , sera jiublié et affiché dans tous les lieux où existe une commission ou agence sanilaire.

16. En cas d’urgence, les autorités sanitaires peuvent prendre les dispositions nécessaires, qui seront immédiatement soumises à l’approbation du ministre de l’agriculture et du commerce.

Leurs décisions sont accompagnées de l’énoncé des motifs qui les ont déterminées ; elles sont rendues et notifiées sans retard.

Elles sont transcrites sur un registre spécial ; chacune d’elles est signée séparé» ment.

17. Les provenances des pays placés sous le régime de la patente brute ne sont admises que dans les ports ou rades spécialement désignés par le ministre de l’agriculture et du commerce.

18. Si une maladie pestilentielle se manifeste à bord d’un bâtiment , même muni d’une patente nette, le capitaine du navire se rend dans l’un des ports désignés en vertu de l’article précédent , et , s’il est forcé de relâcher dans un autre port ou rade, il est tenu eu état de séquestration jusqu’à ce qu’il puisse reprendre le large.

19. Les lazarets et autres lieux réservés sont placés sous le même régime sanitaire que les provenances qu’ils renferment ou avec lesquelles ils sont en libre communication.

20. Les membres ou agents des autorités sanitaires ont seuls l’entrée des lazarets ou autres lieux réservés pendant la séquestration.

En cas de commiinicalion suspecte de leur part , ils sont considérés comme appartenant à la provenance avec laquelle ils ont communiqué , et ils en subissent le sort.

21. L’entrée desdits lazarets et lieux réservés peut, en cas de nécessité, être accordée à toute autre personne par les agents sanitaires princinaux dont il sera question ci-après. La permission est toujours donnée par écrit Le permissionnaire est considéré comme faisant partie delà provenance avec laquelle il communique, et il en subit le sort.

22. Les autorités sanitaires déterminent autour des lazarets et autres lieux réservés placés sous leur direction, la ligne où finit la libre pratique.

Titre II. — Autorités sanitaires, attributions et ressort desdites autorités.

23. La police sanitaire est exercée par des commissions ou des agences dont la composition et les attributions sont ci-après déterminées.

Indépendamment de ces agences ou commissions, et conformément à l’ordonnance du 18 avril 1847 et au décret du 10 août 1849, des médecins français, établis en Orient , cl des médecins commissionnés par le ministr e de ragriculture et du commerce, et embar qués sur des bâtiments à vapeur, sont cbargés, pour la garantie de la sarrté publique, de concourir à l’exercice de la police sanitaire, en ce qui coitcerne les provenances du Levant.

24. Il y a des agents pr incipaux et des agents oi'dinaires du service sanitaire. Ils sont nommes par le ministre de l’agriculture et du commerce.

Dans chaque département maritime, il y a au moins un agent principal, qui a sous sa direction tous les agents ordiitaires du service sanitaii'c de la circonscription qui lui est assignée.

Dans les ports où il existe des lazarets, l’agent principal du service sanitaire pr end le litre de directeur de la santé.

La circonscription attribirée à ebaettn des Jits agents est déternrinée par itn ai-rêté du mirristie de l’agriculture et du conrmerce.

25. Les agents pr incipaux d r service ‘arritaire sont clrar-gés de veiller à l’exécution et au maintien des lois, décrets, ar retés et règlements sanitaires.

Dans les ports où ils résident, ils reconrraisvent orr font r econrtaîlr’e l’clat sanitaire des provenances, et leur donneirt, la libr e entr ée, s’il y a liett. Ils fort! exécuter les règlements ou décisiorts rpii déterminent la (ptaratrlrtirre et les précauliorrs particulières auxquelles les provenances infectées ou suspectées doiverrt être soumises.

Les agents pritteipaux pourvoient, en oirtre, dans les cas irr-genls, aitx dispositions provisoires qu’exige la .xanté pnbliqiu', et pro\0(|irent extraordirrairement, au besüirr, après eu avoir donné avis au préfet ou air sons-préfet, la réunion de la commission sanitair e, dont la compo-ition est ci-apres indiquée.

ils délivi'ent ou visent les patentes et Imllclins de santé, dans les ports où ils l'ésident; ils les font délivrer ou viser, dans les autres ports de leur cii-conscription, parles agents sanitaires placés sons leurs ordres.

Les dii-ecleurs de la santé sont, en outre, cbargés de faire observer l’ordre et la discipline dans les lazarets et autr es lieux léser’vés.

26. Font par tie de droit desdrtes commis.sions, avec voix délibérative :

1° l e directeur de la santé ou l’agent principal du service sanitaire;

2’ Lemaire;

3° Le plus élevé en gr ade d’entre les officiers généraux ou supérieurs attachés à un commandement terriior ral ;

4“ Dans les ports militaires, le pr éfet maritime, le major général, le président

du conseil de santé de la marine, et, dans les ports de commerce, de commissaire chargé du service maritime ;

50 Le directeur ou inspecteur des douanes, et, à défaut, le plus élevé en grade des employés dans ledit service ;

6“ Dans les chefl-Iieux de préfecture, deux conseillers de préfecture.

Sur tous les points du littoral où les nations étrangères entretiennent des consuls, les consuls seront invités à se réunir, au commencement de chaipie année, pour désigner l’un d’entre eux, qui aura la faculté d’assister aux délibérations de la commission sanitaire, avec voix consultative.

27. Les commissions sanitaires renferment, en outre, trois membres au moins, et six au plus, désignés par l’élection ; un tiers d’entre eux est nommé par le conseil municipal, un tiers par la chambre de commerce, et, à son défaut, par le tribunal de commerce du ressort, et un tiers par le conseil d’hygiène publique et de salubrité de la circonscription.

Les choix ne peuvent porter que sur des personnes faisant partie du corps qui les nomme, et ayant leur ré.-idence dans le lieu où siège la commission.

S’il n’existe pas de chambre de commerce dans la localité, le conseil municipal nommera , outre les membres choisis dans son sein , un tiers des membres de la commission choisis parmi les négociants.

S’il n’existe pas de conseil d’hygiène , il sera également chargé de nommer le dernier tiers, qui sera choisi parmi les médecins.

28. Les membres de la commission sont nommés pour trois ans, et renouvelés, par tiers chaque année, pendant les deux premières années ; les membres sortants sont désignés par le sort et ensuite par l’ancienneté.

Ils sont indéfiniment rééligibles.

Les préfets et sous préfets sont présidenis-nés de la commission établie au siège de leur ré.ddence; ils peuvent déléguer leurs fonctions.

29. Les commissions sanitaires ont des réunions périodiques dont le nombre est fixé par le préfet. Dans les ports delà Méditerranée, elles se réunissent au moins deux fois par mois.

Les commissions sont convoquées d’urgence, toutes les fois qu’une circonstance de nature à intére.sser la santé publique paraît l’exiger.

Elles transmettent, après chaque séance, un rapport sommaire sur la situation sanitaire, au ministre de l’agriculture et du commerce.

Elles sont consultées sur les questions hygiéniques et sanitaires relatives au régime intérieur des lazarets, au choix des en.placemenls affectés aux navires mis en quarantaine ou en réserve; enfin, sur les plans et projets de construction à faire dans les lazarets ou autres établissements sanitaires.

Toutes les fois que les commissions auront été convoquées pour des cas de maladie suspecte sut venue, soit à bord d’un bâtiment, soit à l’intérieur du lazaret, les mesures qui, dans ce cas, pouiront être nécessaires, seront arrêtées conformément aux délibérations prises par les commissions.

Elles proposent au préfet, pour être .'■oumis à l’approbation du ministre de l’agriculture et du commerce, les règlements locaux concernant le service sanitaire de leur circonscription.

En cas d’urgence, ces règlements sont proi isoiremenl exécutoires sur l’autorisation des préfets.

Lesdites commissions pourront, en cas d’épidémie, après délibération spéciale appiuuvée par le préfet, déléguer un de leurs membres pour assister aux opéra-

lions sanitaires du service confié au direcleur de la santé, telles qu’elles sont définies dans l’art. 2o; et, en cas de dissentiment avec ce direcleur, provoquer auprès du préfet la réunion immédiate de la commission, qui devra statuer sur la qiieslion soulevée, sauf à en référer, sans délai, au ministre, dans les cas douteii.x ou imprévus.

30. l.es agents ordinaires du service sanitaire, sont chargés sur les difiérenis points du littoral où ils sont placés, de veiller à l’e.vécution des règlements sanitaires, d’en empêcher l’infraction, de constater les conliaventions par procès-verhal, d’avertir et d’informer le chef de service dont ils relèvent, et, en cas d’uigence, le maire de la commune où ils exereent leurs fonctions, de tout ce qui peut intéresser la santé puhllcpie. Ils peuvent être chargés, par délégation de leurs chefs de service, deprocéder à la recor.naissance sanitaire des navires, d’accorder la libre pratique et de dé'ivrer des patentes et des bulletins de santé.

31. Conformément à l’ordonnance du 18 avril 1847 , les médecins sanitaires français établis dans le Levant constatent, avant le départ des bâtiments, l’état sanitaire du pays ; les patentes de sauté sont délivrées sur leur rapport. Les médecins sanitaires embarqués à bord des bâtiments à vapeur, surveillent pendant le voyage la santé des équipages et des passagers, tiennent note exacte, et jour par jour des maladies observées, et en font l’objet d’un raiipovt embrassant toutes les circonstances du voyage, depuis le départ jusqu’à l’arrivée. Ce rapport est remis à l’autorité sanitaire, an moment de l’arraisonnement.

32. I es agents ordinaires et les employés du service sanitaire seront pris autant que possible, parmi les agents du service des douanes; ils recevront, en cette qualité d’agents sanitaires , une indemnité sur les fonds afl'ectés aux dépenses sanitaires.

33. Ont droit de requérir la force publique pour le service qui leur est confié : les directeurs de santé, les agents principaux cl ordinaires du service sanitaire. Les mêmes ont le droit de requérir, mais seulement dans les cas d’urgence et pour un service momentané, la coopération des ofiieiers et employés de la marine, des employés des douanes et des contributions indirectes ; des officiers des ports de commerce, des commissaires de police, des gardes-champètres et forestiers, et, au besoin de tous les citoyens.

Ne pourront, lesdites réquisitions d’urgence, enlever à leurs fonctions habituelles, des individus attachés à un service public, à moins d’un danger assez imminent pour exiger le sacrifice de tout autre intérêt.

34. Les directeurs de la santé et autres agents principaux du service sanitaire sont nommés par le ministre de l’agriculture et du commerce ; si ces agents appartiennent au service des douanes, leur nomination aura lieu sur la désignation du ministre des Finances.

35. Les agents ordinaires du service sanitaire sont nommés par les préfets, sur la présentation du direcleur de la santé ou de l’agent principal, et du consentement du d irecteur des douanes, si l’agent désigné appartient à ce service.

36. Les autres employés à divers litres du service sanitaire, sont nommés par le préfet sur la présentation de l’agent principal ou du direcleur de la santé.

37. Les médecins attachés au service sanitaire des lazarets et du littoral, sont nommés pour quatre ans par le ministre de l’agriculture et du commerce, sur une liste de trois candidats dressée par le préfet.

Ils peuvent être continués dans leurs fonctions.

38. Les agents de lazarets exclusivement réserves pour les bâtiments de guerre,

sont nommés par le minisire de ragriculiiire et du commerce, sur la désignation du miiiislre de la marine.

Extrait du mémoire de M. Rénée Boubée.

« Qu’un terrain soit formé par une roche dure , imperméable , insoluble dans l’eau, inaltérable par l’action de l’air, comme le sont les quarzites, les hyalomictcs , les giès siliceii.x , etc., il est évident que sur de pareilles rocbes l’évaporation du sol sera nulle ou presque nulle....

« Que le sol , sans être formé de rocbes aussi absolument inaltérables , soit occupé par des calcaiies durs , par des granités non décomposés, par des porphyres , des pbylladrs, des schistes compactes , etc., les choses se passeront à peu près de même, et l’évaporation et l’exhalaison dn sol après les rusées ou les pluies ne seront guère plus considérables que pour les rocbes quarizeuses.

« Mais si la contrée est occupée par un granit en décomposition , comme l’est une partie du I imousin , par des schistes altérés et friables , comme une paitie de la Bretagne, ou par de la ci aie , des marnes ou des calcaires tendres et absorbants , comme le bassin de Paris et la plupart des bassins tertiaires , ou par des dépôts argileux, sableux et caillouteux, plus ou moins grossiers, plus ou moins profonds , comme le sont les terrains diluviens et post-diluviens qui lecouvrent les étages des grandes vallées et les pins vastes plateaux de l’Europe , de l’Asie , de l’Afrique et de l’Amérique , l’eau des pluies, comme celle que produit la rosée ou celle que fournit un vent humide, sera abondamment absorbée par de tels sols jusqu’à une profondeur plus ou moins grande , et variable seb.n la nature même du sol. Or, apres cette absorption et imbibition plus ou moins complètes, s’il survient une grande cbabur solaire ou un air sec, il se produira infailliblement une évaporation abondante et soutenue, par la raison toute simple que ce n’est pas la surface seule qui tendra à se dessécher, mais parce qu’en vertu de la capillarité, les zones ou couches inférieures renverront à la surface l’eau qu’elles avaient absorbée, à mesure qne là surface continuera à la perdre et à s’en laisser dépouiller par l’action de l’air ou de la chaleur.

« Or, ce séjour et ce mouvement de l’ean dans les sols absorbants, ne sauraient avoir lieu sans que cette eau y dissolve et décompose une partie des matières minérales , animales ou végétales qui peuvent s’y trouver, et sans qu’elle y provoque la formation de gaz divers résultant de ces décompositions. Par conséquent , la nature des vapeurs et des gaz produits par de semblables évaporations devra varier iufmiment, selon la nature minérale de ces diverses rocbes, selon leurs propriétés higroscopiques, et selon la nature et la proportion des matières minérales et végétales mortes ou vivantes qui s’y trouveront naturellement ou artiriciellcmeut mélangées.

« Enfin, s’il s’agit d’un terrain très-meuble, très-absorbant, mais en même temps très- profond , comme le sont certaines craies, certains dépôts diluviens et meme divers sols granitiques ou volcaniques entièrement décomposés, on conçoit que les eaux puissent alors s’y trouver si profondément enfouies qu’elles ne puissent plus remonter à la surface, et qu’il n’y ait que peu ou point d’exhalaisons, même après des imbibitions considérables-, qu’ainsi des terrains qui pouvaient paraître éminemment propres à faciliter l’épidémie n’en aient , au contraire , éprouvé aucune atteinte. On doit remarquer aussi que dans un pays où la culture est plus parfaite, où le sol est plus riche en humus, en engrais de nature animale ou végétale, les émanations dont je parie seront tout autres que celles des sols maigres, incultes ou mal cultivés.

« Il est important de remarquer que l’évaporatin simple de l’eau étant beau» coup moins funeste que l'exhalaison du sol , ce n’est pas le voisinage d’un grand réservoir d’eau pure qui peut exercer une influence pernicieuse ( l’exemple de l’Hotel-Dieu , bâti sur la Seine et où l’épidémie n’a pas été plus meurtrière qu’ailleurs, démontre nettement ce principe), mais c’est l'ensemble de circonstances pouvant produire à la fois l’évaporation de l’eau et l’exhalaison du sol. Tels sont les lieux marécageux où des eaux croupissantes tiennent des matières animales et végétales en décomposition ; les terrains richement imprégnés d'engrais; les lieux où séjournent des saletés, des ordures, des détritus de matières animales et végétales exposés à s’imprégner d’eau par la pluie ou même seulement par l’effet des vents liuraides; les plages argilo-sableuses où la merjet'e quebpiefois des algues, des eon* ferves, des pol)piers, des méduses, des coquillages qui entrent bientôt en décomposition et donnent lieu à des évaporations et des exhalaisons considérables , etc.

« Et d’un autre côté, les temps, les jours les plus meurtriers, toutes choses égales d’ailleurs, seront évidemment ceux où tout à la fois l’évaporation, et surtout l’exhalaison , seront le plus abondantes. Ainsi, après les grandes pluies , le sol est imprégné d’eau , non-seulement à la surface , mais jusqu’à une profondeur plus ou moins grande, l’endant les pluies il ne se produit qu’un peu d’évaporation à la surface de la terre ; l’exhalaison du sol , au lieu d’être favorisée , est contrariée et refoulée par l’eau qui descend. Après la pluie, la surface du sol tend à se sécher, ce n’est encore là que de l’évaporation ; et si la pluie reprend lorsque la surface du sol est à peine desséchée, il n'y aura encore d’aliment que pour l’évaporation. Mais lorsque la surface du sol a perdu son humidité, la terre commence à concentrer les rayons de chaleur solaire ; toute sa surface s’échauffe jusqu’à une petite profondeur, et e’est alors que l’évaporation commence à atteindre les zones inféiieutes du sol et à provoquer l’ascension des eaux inférieures et la fermentation des matières décomposables. Alors , si l’échanffement et la des.sication se prolongent et sont favorisés par une chaleur énergique et soutenue, il se produira une évaporation et surtout une exhalaison considérable très-propre à aggraver l’épidémie....

« C’est en observant les épidémies à ce point de vue qu’on reconnaîtra qu’il en est d’elles comme de la végétation, c’est-à-dire que, soit en général d’un lieu à un autre , soit en particulier d’un point à un autre dans un même bassin, il n’existe pas dans le sol géologique un changement, une modiGcalion naturelle ou artificielle qui ne se traduise par une influence directe sur l’intensité de l’épidémie. Et de même qu’auprès d’un champ fertile on trouve un champ improductif dont la stérilité est due à un vice constitutif et géologique du sol, de même auprès d’un point ou d’un quartier de ville ravagé par le choléra, on en peut voir un autre très-faiblement atteint, et cela en raison de la différence géologique du sol ou des conditions alificielles exerçant une influence analogue, tel qu’un pavage plus ou moins parfait, etc.

a Quant au choléra qui a fait le tour monde, on peut se convaincre par l’étude géologique des lieux, qu’il s’est répandu promptement et avec toute son intensité sur les points occupés par des roches incousislantes et en général par des terrains tertiaires ou d’alluvion , tandis qu’il a paru se propager difficilement, perdre de son intensité et s’éteindre bientôt dans les contrées occupées par des terrains plus anciens, ou par des roches inabsorbantes, et notamment dans les lieux où régnent les formations primordiales.

« devais rappeler ici succinctement les observations que je lis en 1832 et que j’eus l’honneur de présenter à l’Académie des Sciences. Je repuoduirai aussi l’indication que j'ajoutai à ce mémoire et qui n’était rien moins que la désignation des

localités qui seraient encoie frappées et de celles qui seraient épargnées dans le midi de la France, en Espagne et en Italie, où le choléra n’était pas encore arrivé au moment oii je présentais mon travail.

« Les contrées d’ vsie qu’arrosent le Gange, l’Eiiplirale et le Volga, La Russie d’Europe sur presque toute son étendue et la majeure partie de la Hongrie, de la Pologne et de la Prusse, sont occupées par des terrains aluvieus, dilluviens et tertiaires. On sait combien d’alTreu.x ravages a fait le choléra sur ces grandes contrées.

« Au contraire, l’Allemagne, formée en grande partie de terrains anciens, n’a été frappée que sur les quelques points où régnent des terrains modernes, tels que Hambourg, le Hanovre et les parties du Nord où se prolongent les terrains tertiaires et diluviens de la Prusse. I.e Tyrol, qui est tout primordial ou plulonique, n’a été nulleoieut atteint. La Hobême , où les terrains modernes n’ont que peu d’étendue, ne compte aussi que peu de victimes ; la Belgicpie et la Hollande, qui sont, au contraire, presque entièrement occupées par des terrains d'alluvion, n’ont pu se soustraire au.\ désasti es du choléra.

« En Angleterre, les terrains modernes sont peu répandus, on ne les trouve que dans le .Sud et dans l’Est, notamment dans le pays de Londres, et c'est précisément cette partie qui seule a vivement souffert. Le choléra n’a pas été non plus très-intense en Ecosse, où les formations anciennes et volcaniques sont encore bien plus généralement répandues, excepté toutefois à Glascow, ville entièrement bâtie sur le terrain d’alluvion. 11 s’est montré plus meurtrier en Irlande, quoique celle île soit principalement formée de terrains anciens ; mais c’est sur les cotes qu’il a fait le plus de ravages et dans les lieux où les terrains de tourbe et d’alluvion sont développés d’une manière assez notable.

« Enfin, le choléra a aussi envahi l’Amérique, et c’est encore sur un sol alluvien qu’il s’est établi tout d’abord. La ligne qu’il commença à suivre, fut celle du fleuve Saint-Laurent, celle précisément où les terrains meubles d’alluvion conservent la plus grande étendue.

« En France, ou les terrains sont à peu près tous également répartis, c’est encore sur les terrains modernes que le choléra a le plus étendu ses ravages, tandis qu’il a paru éviter les lorrains anciens d’une manière nettement tranchée. Les départements de la Seine, de Seinc-et-Marne, de Seine-et-Oise, de l’Oise, de l’Aisne et de la Marne , qui forment ensemble un vaste bassin tertiaire et alluvien , ont été promptement et cruellement ravagés ; les terrains anciens du Calvados furent au contraire épargnés, quoique le choléra eût déjà pénétré jusque dans la Loire-Inférieure, toujours sur les dépôts alluviens. La Bretagne, pays primordial, fut également préservée presque tout entière; le choléra ne se montra, à peu d’exceptions près, que sur quelques points voisins des côtes où l’on voit d’ailleurs quelques dépôts alluviens ou diluviens. Les Ardennes , dont le sol est également primordial, furent aussi pi'éservées , tandis que le choléra désolait les départements environnants ; et il en fut de même pour les Vosges, composées de gr anités, de porphyres dirrs, de grès et pou lingues quarizeux. La Lori-aine, occupée par des calcaires, argiles et marnes secondaires, fut sirr plusieurs points désolée par l’épidémie qui, de tous les côtés, s’arrêta net à la naissance des terrains vo.sgiens.

« Ou peut donc établir d’une manière généi'ale, que jusqu’à présent ce sont les terr ains modernes qui ont le mieux hébergé le choléi'a, tandis qu’il s’est beaucoup moins propagé sur les terrains anciens

« J'ai annoncé comme les moins exposés, la majeui'e partie de la Bretagne, du Limousin, de l’Auvergne, du Velay, des Cévennes et des Pyrénées; c’est là, di-

(ais-je, que doivent se porter de préférence ceux qui veulent se soustraire au danger du choléra; qu’ils évitent toutefois daus ces ronlrées les quelques points où se rencontrent des dépôts tertiaires ou diluviens, comme Rennes en Bretagne, par exemple, et aussi les lieux où les roches primitive s sont en pleine décomposition, comme Saint-Yiieix dans le Limousin, etc.

« Entre les points où l’on devrait redouter au contraire l’épidémie et prendre à l’avance le plus de mesures, je mentionnerai ; 1° dans la Bourgogne, le Dauphiné et la Provence, les parties couvertes de terrains tertiaires et diluviens comprises entre Dijon, I.ons-le-Saulnier, Mâcon, Bourg, l.yon, La-Tour-du-Pin, Valence, Aix et Montpellier; 2” dans le Bourbonnais et dans l’Auvergne, toute la Limagne, depuis Brioude jusqu’à Nevers ; 3° dan» la Guyenne, le Languedoc et la Gascogne, tout le terrain tertiaire et post-diluvien compris entre Boyau, Bordeaux, Caussade, Alhy, Castres, Revel, Castelnaudary, Narbonne, Perpignan, Limoux, Pamiers, Sainl-Gaudens, Tarbes, Bigorre, Pau et Bayonne.

(c Eu Italie, le vaste terrain tertiaire et alluvien compris entre Ti ieste, Viccncc, Milan, Parme, Modène, Bologne et Ancône; de même la côte Adriatique presque oui entière, celle du go'fe de Tarente, enfin la partie sud de la Sicile.

« En Espagne, les côtes de la Méditerranée, depuis Barcelone jusqu'à Carthagènes et les vallées de l’Èbi e, du Tage et du Duero, tandis que les Astui ies, l’Essramadure, l’Andalousie devaient oll'iir un grand nombre de retraites assurées. »

« Telles furent les observations et les prévisions que j’eus riiouncur de présenter à l’Académie des Sciences en 1832. Crs observations étaient basées sur des faits précis, positifs, et ces prévisions, établies en harmonie avec les faits, furent à peu près toutes confirmées par les événements.

« J’ai donc lieu de croire à l’exactitude de mon principe. Et cette fois il tiouve encore, comme on va le voir dans les faits si cruellement désastreux qui se produisent de jour en jour, la confirmation la plus complète.

« Ainsi, pendant le mois de mai dernier, on a vu à Paris le fléau gagner, perdre et regagner abernativemenl de son intensité; on a pu remarquer que les péroides de recrudescenee venaient toujours à la suite des jours humides ou pluvieux, pendant des jours plus secs ou plus chauds, qui donnaient naissance à une plus grande évaporation et à de plus grandes exhalaisons du sol. Ce fait s’est montré horriblement éclatant des qu’est survenu , au commencenienl de juin , une série plus longue de chaleurs plus intenses; on a vu surtout alors l’épidémie s’accroitro en raison de la chaleur et des exhalaisons du sol (I).

n Mais aussitôt que des pluies abondantes et un abaissement notable de la teiiipéralure sont enfin venus transformer ces conditions funestes, le choléra a aussitôt perdu beaucoup de son intensité, et, depuis plusieurs jours, on pourrait le croire en pleine période de décroi.vsemcnt, si les observations que je relate n’étaient de nature à faire présumer que, par suite de ces pluies abondantes (pii viennent d’imbiber profondément le sol, il dévia se manifester une recrudescence nouvelle aussitôt qu’une nouvelle série de jours chauds va succéder à ces grandes pluies (2).

« Et, toutefois, comme les premiers jours de juin ont offert à l’épidémie l'ensemble de circonstances qui lui sont les plus favorables, et qu’elle a dû frapper alors le plus grand nombre des sujets qui se trouvaient disposés à eu subir l’in-

(1) On ,1 VII plu.v loiut i[iie la mcrlalité maximum, en t819. coiTcspiiiiil eflccli, einent an iiiiiis (le juin (M.L

(2) Celte rccnideiiceiice s’est produite en eïTel, à deux on trois reprises et toujours dans les memes conditions'.

ilucnce, il y a lieu d’espérer que celte reerudesceuce, si elle survient, ii’atteindra ))liis, par le fait, un aussi formidable développement.

« D’un autre côté, si l'on cherche à s’expliquer pourquoi tels ou tels quartiers de Paris ont été plus durement et plus constamment maltraités que d’autres, on en trouve la cause plausible dans les faits et principes ipie j’ai établis. Les points les plus rava;;és, on le sait, ce sont la Salpéir'ure, le Gros-Caillou, le douzième arrondissement, la f'illelte, b s Datignolles et Faugirard . Eb bien ! la Salpétrière, au delà de la barrière Saint- Jacques, se trouve, comme le Gros -Caillou, dans la plaine de Grenelle, au milieu d’un terrain diluvien, sableux et caillouteux (|ue rien ne protège, que rien ne masque, et qui, toutes choses égales d’ailleurs, est le plus favorable à l’épidémie.

« h. l’intérieur de Paris les conditions sont irès-différentes. Le sol parisien est incontestablement de nature à seconder activement le déveloiipemcnt du choléra ; mais, par le fait du pavage, il se ti ouve protégé et recouvert par une couche géologique artificielle de grès siliceux, de bitume et de granit complètement impropre à absorber l’eau, et si bien que n’était l’espace rempli de sable entre les pavés, espace que réduisent de jour en jour les pcrfecliunnemenls iuti oüuils dans la taille et dans la pose des nouveaux pavés, Paris se trouverait, par le fait, artiriciellement soustrait à l’influence du choléra et des épidémies analogues. ."Mais dans les quartiers pauvres, et surtout dans le douzième arrondissement, beaucoup de rues, du moins les petites ruelles et les cours intérieures des maisons, ne sont que très-mal ou nullement pavées.

n C’est ainsi que s’explique facilement l’intensité du choléra, tres-différente d’un quartier à l’autre dans une même ville, dilTérence qui se manifeste même dans les plus petites localités. Ainsi au nord de Paris, tout ce qu’on appelle, la plaine de Saint-Denis, comprenant Sainl-Oucn, Saint-Denis, Enghien, etc., a été fortement ravagé, comme il fallait s’y altendre ; mais à la limite de ce bassin, à Montmorency, il n’y a eu de cholériques, d’après l’observation que M. le docteur Ducros a bien voulu me communiquer, que dans le bas de la ville ; il n’y en a point eu dans la partie haute, si ce n’est dans les maisons écartées où on a constaté quelques cas. Eh bien! on peut voir là et dans un tres-peiit espace la confirmation de l'influence géologique dans les trois condilions principales que j’ai indiquées. Et en effet, d’apres sa nature géologique, le bas de Montmorency devait être attaqué, parce qu’il est sur les argiles et les marnes de la formation gypseuse. Le haut de Montmorency devait être épargné, parce qu’il est sur le grès siliceux (le grès lustré), et qu’il est d’ailleurs protégé soit par le pavage, soit par les pentes des rues, assez fortes pour faire écouler rapidement les eaux, et par ces deux cir ■ constances combinées, réduire à peu de chose l’absorption du sol et, par suite, ses exhalaisons. Enfin, les maisons écartées sur le plateau devaient rester exposées, parce qu’elles ne sont plus sur le grès siliceux, mais sur les terres cultivées et les sables en couche très-épaisse qui recouvrent le grès, conditions favorables au choléra, et contre lesquelles aucun pavage, aucune pente ne les protègent.

n Ou voit aussi très-bien, par cet exemple, que les eonditions topographiques des lieux, leur élévation ou leur position dans les vallées sont beaucoup moins influentes, comme je l’ai dit, que les conditions géologiques naturelles ou artificielles du sol.

« Quant à la yillette et aux Batignolles qui, étant sur les points les plus élevés du sol parisien, pouvaient se croire en bon air et les moins exposés, ils ont au contraire été les plus dévastés. Pourquoi cela? parce que sur ces deux plateaux règne au-dessous du sol une couche argileuse presque imperméable, qui, retenant les

eaux pluviales à une petite prufoutleur, les livre à une évaporation plus abondante aussitôt cpi un peu de ehaleur ou un air sec viennent à se faire sentir. Il en est de même à Faugirard, cpii est d'ailleurs entouré de terrains alluviens trop bien caractérisés.

«En 1S32, le (piartier le plus rielie de Paris, le mieux tenu, le mieux pavé, la Cliaussée-d’Antin , fut cruellement ravagé. D’après ce que j’ai dit pour le douzième arrondissement, la Clianssée-d’ Aniin efit di\ être la plus épargnée. Cela est vrai; mais en 1832, et jusqu’à la lecture démon mémoire, on croyait qn’il importait beaucoup d arroser et de laver les rues à grande eau pour les purger de toutes matières impures ; en ronséqueuce , le Conseil de salubrité avait organisé un service de pompes qui , dès quatre heures du matin , répandaient dans tout Paris, et plus abondamment dan ;le quai lier privilégié de la linance que dans tous les autres , des torrents d eau au moyen de pompes à incendie. Ainsi projetée avec force sur le sol , cette eau ne pouvait manquer de pénétrer entre les pavés et de fournir ainsi à l’épidémie un Innesle aliment. Nul doute pour moi qu’une partie notable des ravages qu’exerça à Paiis l’épidémie de 1832 ne soit due à cet airosa"e si inopportun.

« En ce moment U ennes (Bretagne) est en proie an choléra. J’ai cependant indi- <jué la Bretagne comme une des contrées qui doivent être préservées en raison de la nature géologique du sol. Bien n’est plus vrai; mais on sait que tout près de Bennes se trouve un [lelit bassin de terrain tertiaire, et que tout le sol de Bennes est en outre couvert de terrain diluvien comparable à celui de la plaine de Grenelle.

« En 1832, le Danemarck lut conqdétement épargné ; cependant le Danemarck est foimé de craie et de sables d’une liès-gran le épaisseur; mais cette grande profondeur de la eraie et des alluvioiis est justement la cause qui a préservé le Danemarck, ainsi que je l’ai expliqué an commencement de ce mémoire.

« La Suède et la Norvvége occupées par des terrains primordiaux ont eu cependant un assez grand nombre de cholériques. C’est qu’en Suède et en Norvvége le phénomène Scandinave, c’ist-à-dire le terrain diluvien est trés-développc, et à tel point que la Suède et la Norvvége sont des contrées classi<[ites pour l’élude de cet dépôts; dès lors on ne peut être stirpris que le choléra s’y soit propagé.

« A Lyon il n’y a eu de cholériques que clans le faubourg de la Guillotière et dans la partie es/ de la ville et des envirotis. Cependant Lyon, avec ses rues étroites , a'ec .va population entassée et misérable sur plusieurs points , semblait devoir être vivement aUatiué. Mais Lyon est bâti en partie snr le gran t que l’on voit surgir en promontoire élevé au confluent du Bhôue et de la Saône , tandis que les terrains diluviens qui régnent à l’est de la vallée s’étendent de cc côté jusqu’au pont de la Ciiiilolière. Le choléra ne devait donc se propager que sur ce point et aux euvirons de la ville, dans les campagnes de l’est et du plateau de Saint-Laurent; la ville proprement dite, et tout ce qui est à l’cuet de la vallée devait être épargné ; ce qui a eu lieu. L’exemple de Lyon est un de ceux qui démontrent de la manière la plus éclatante le principe que j’établis. »

Cilation extraite de Tord [Traité des fièvres).

Superest aliud membrum divisionis ntiper statulæ, juxtà quod octava emergit perniciosarum periodicaruni species, quatenùs illæ intermissionem suam paulatim amitteutes, ad oinnimodam conlinuitalem, et simul aculiem latenter ac malignenter tendunt. Non ergô hic loquor de placidà illà betiignâque conlinuilate occideutali,

(juam nonnunquàm inlermittens febris acquirit, cum primo de simplici fît duplex, aut triplex, mox tandem subintrans, adeôque, pressé loquendo continua per hoc præcisè, qiiod protrahutur nonnihil diiratio levior paroxysmoruni, suâpte nalurâ (si tempus sineret) perfectè solvendorum, quo sanè casu anus paroxysmus, sæpiusculi eliam anticipans, supervenit alteri, priusqiiàm intégré salvalur præcedens, sed liis nonubstantibus sub islà etiam accidentali et benignâ conlinuitate, adhùc eadeni servatur periodus, idem propé invasiouis modus, cum sensibili etiamnum rigore, honore aut frigore, eademque solutionis saltèm dispositio, si non totalis solutio. Ad hæc patiens febrem hujusmodi per paroxysmes sese lenilèr excipientes et subintranles dictes continuam redditam, fert facillimé, fermé ac si ea cssel adliùc intermitlens, nullumque grave symptoma patitur præter vulgaria, nisi paulo majorera imbecillitatem virium, à frequenliori luclamine cilrà consuela inlervalla repetito fatigatorum.

De his, inquam, febrihus, hujusmodi coutinuilatem sibi prorsùs accidentalem, simulque benignam acquirentibus modo sermo mihi nou est, nullum etenim ex seminantur periculum, nec aliter exigunt tractari à perito medico, ac tractentur veræ intei milteules, aliquà lantiim adjeclâ circumspeciione ; adeôque viribus etiam corticis, ubi ilium adhibere velimus, æqué facilé ceduntjac intermittentes omninô, lit suo loco repetemus. Non per hoc tamen fit, ut asseram, febres à primordio intermittentes simplices, mox duplices aut triplices, demùm continuas per subingressum factas nequirc ad continuitatem essentialem, atque periculosam, qiiin et ad summam pravitatem et malignitatem progredi , hoc enim esset negare quod experientiâ constat, et cuncla feré deslruere ; quæ proximé ac etiam alibi sum prolalurus ; sed vclim iutelligi, quôd quotiescumqué intermitteus febris fit continua per subingre^suni eo, quo dictum est, et quo sæpé assolet modo, omnique proindé caret gravi malignoque symptomate, de illâ, quippe minimé perniciosâ, impræsentiarum mihi non est sermo, sed de illà tantiim, quæ continuitatem acquirit simùl et acutiem, àc provilalem, et lune tantum modo, quandô illam acquirit, sive deindè hoc fiat, sive aliâ quâcumque viâ, siquidem aliâ (quod non crediderim) viâ id possit conlingere.

Octava igitur, et ultima perniciosarum periodicarum differentia, seu species est, cùm febris nullo licet præci|)iti stipala symptomate, pluribus tamen aliis gravibug, sibique impropriis paulallm afficilur accidentibus, qualibus febris aculæ, inalignæque soient ut plurimùm insigniri, ac proptereà et ipsa de intermittente seusim in continuam, aculam, et malignam migrât. »

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