CET ECRIT
est plutôt une suprématie future , en idée , en espérance , à ressaisir par l’œuvre de ceux qui tiennent dans leurs mains les destins de la patrie ; telle me parait être en effet la suprématie que l’auteur a eue en vue dans la plus grande partie de son ouvrage (*).
§ III. Et voilà ce qui distingue l’auteur de cette foule d’écrivains qui ne font que bercer l’Italie comme un malade qu’on veut endormir , à force de confondre le passé , le présent et l’avenir. Ils lui parlent de son passé , de ses deux époques de suprématie réelle , avouée , à la manière d’esclaves flatteurs s’adressant à de nobles maîtres dégénérés, et leur vantant la gloire antique comme actuelle , les grands exploits de leurs aïeux comme un privilège pour les dispenser de l’action , la noblesse comme un héritage de vertus et non d’exemples. Non contents des mérites véritables, ils en inventent de faux, soit que dans leur abjection ils ne comprennent pas les premiers, soit qu’ils espèrent qu’on leur saura plus gré des autres. C’est ainsi qu’ils s’en vont déterrant chaque jour jenesaisquclles gloires inconnues , quels grands hommes obscurs , quels germes contestables desdécouvertes étrangères, pour en faire présent à l’Italie qui, maîtresse absolue du
(I) M. Cioberti vient de publier un nouveau volume, dn Bien, où il dit, en parlant de la Suprématie: « Ce livre-Iàest tinouvrage destiné à mettre à nu les plaies de ma malheureuse patrie et à indiquer les remèdes. » P. lxxxv. '