‹ Des espérances de L'ItalieChapitre 5 sur 31 · CR QUI A MOTIVÉ · texte numérisé non relu

CR QUI A MOTIVÉ

monde occidental , sut recueillir dans son sein les plus grandes civilisations de l’antiquité et en conser* ver les débris ; é l’Italie qui , centre prédestiné de la religion chrétienne, sut ordonner d’abord, puis renouveler la discipline ecclésiastique, faire renaître et prospérer les communes, les arts, les lettres et les sciences ; à i’Italie qui découvrit l’Asie orientale et l’Amérique ; à l’Italie enfin qui , sans compter de plus anciens, fut mère de Grégoire VU, de Marco-Polo , de Dante, de Raphaël, de Michel- Ange , de Colomb , de Galilée et de Volta. — C’est bien pis encore quand ils s’avisent de toucher au présent. Alors les flatteurs se donnent carrière. Ils consolent, ils encouragent, mais c’est l’oisiveté, c’est le vice, c’est le bienheureux far niente, c’est le mal qui se fait. Ne sommes-nous pas heureux , actifs, glorieux autant que toute autre nation? Où voit-on des champs mieux cultivés , des villes plus florissantes , des populations plus éclairées ou plus morales? Quelles brises (car ils tirent vanité même du climat), quelle température, quel ciel, quel paradis! Que d’admirables ouvrages paraissent , et combien de grands hommes , d’hommes utiles , immortels I Il n’y a donc qu’à leur rendre grâce et à les bénir en premier de s’être rendus immortels; mais il faut en rendre grâce aussi au prince , aux Mécènes, à l’excellent peuple, au pays , à tout le monde.

CET ECBIT.

Cela est évident, il n’y a rien à faire, rien à refaire ou a changer, rien qu’à vivre en joie. — Il est évident surtout qu’il n’y a rien à faire pour l’avenir. Le mieux est même de n’en pas parler , de ne pas souffler, de ne pas le nommer. Quiconque en parle, quiconque y plonge son regard , quiconque en espère ou en craint quelque chose, ou en prend souci seulement, est un homme inquiet, dangereux, à persécuter, affublé des noms détestables de progrès* siste, libéral, révolutionnaire et républicain.

§ IV. Il n’est pas besoin de dire à ceux qui connaissent M. Gioberti ou qui ont lu quelques-uns de ses ouvrages , que c’est un écrivain d’une tout autre catégorie que ceux auxquels je viens de faire allusion. Je ne rechercherai pas s’il distingue toujours avec assez de précision le passé, le présent et l’avenir de l’Italie ; si , en traitant un sujet aussi glissant , il évite toujours d’exagérer la louange ; s'il sait la tempérer par le contraste vigoureux du blâme ; si, homme énergique autant que personne, il s’arme toujours de cette mâle sévérité qu’il loue avec justice dans Alfiéri et Dante. Quand M. Gioberli serait tombé dans quelques-uns de ces défauts et dans d’autres encore, ils ne seraient rien en comparaison de ce qui a droit à l’éloge. Et je ne parle pas du mérite littéraire , d’un style facile et pur de toute pédanterie , d’une éloquence admirable , de

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