CE QUI À MOTIVÉ
ia science non plus; son grand mérite est d'avoir parié de l'avenir de la patrie dont on parle tant en d’autres pays, dontonsé tait depuis si longtemps dans le nôtre , d’en avoir parlé le premier ouvertement, largement et avec une extrême modéràtioiii Aussi, contrairement peut-être à l’attente de certains moqueurs, il en a parlé lui, philosophe, d’une manière beauconp plus pratique que n’ont fait le peu d’historiens ou d’hommes pratiques qui ont jusqu’ici touché timidement ce sujet périlleux^ C’est ce qui fait de son ouvrage plus qu’un livre , une action ; et une action qui ne peut que profiter à la patrie. La discussion est ouverte désormais. Les autres suivront, critiquant, corrigeant , rognant, ampliBant. Le thème aura toujours été proposé par lui ; les débats ne feront qu’ajouter au mérite , au bienfait de celui qui l’a traité d’abord et de manière à le graver dans l’esprit et dans le cœur de tous.
§ V. Je ne suis qu’un de ceux, et ils seront nombreux s’il plaît à Dieu , qui voudront marcher sur les traces de M. Gioberti. Si je le fais, c’est que, d’accord avec lui dans les pensées, pour la trèsgrande partie , j’en diffère néanmoins , ou il me semble en différer , sur plusieurs points , qui sont ou me paraissent importants pournotre patrie commune. Si la gravité du sujet pouvait ici laisser place aux vanités littéraires , je ne voudrais courir ni le
CET BCHIT.
danger d’étre comparé avec un écrivain si supérieur, ni celui de l’avoir pour contradicteur. Mais je compte sur la forme et sur le peu d’étendue de cet écrit pour échapper au parallèle , et , quant à la contradiction, elle devient un honneur lorsqu’elle émane d’un grand écrivain. — Au surplus, mon intention étant de discuter les opinions généralement répandues dans notre pays , plus encore que celles particulières à M. Gioberti ou à tout autre, si je fais plutôt mention de lui , c'est qu’il est à mes yeux d'un plus grand poids ; mais je ne prononcerai sou nom ni lorsque notre manière de penser sera la même, ni lorsqu’elle sera différente. Je prie donc le lecteur de ne lui appliquer aucune de mes critiques lorsqu’il ne sera pas nommé , car mon intention n’a pas été de les lui adresser : je ne le ferais, en pareil cas, qu’avec des réserves et des explications qui ne peuvent trouver place dans un écrit aussi bref.
S VI. 11 n’est point de patrie qui , plus que- la nôtre , soit aimée de ses enfants. Mais, soit faute de pouvoir débattre fréquemment et facilement ses intérêts , soit faute de pouvoir nous entendre , il n’en est peut-être pas qui en soit aimée plus diversement. Là est notre grand malheur. Ne perdons pas du moins le temps à discuter sur des noms , sur des intérêts privés ou nous conceruant person-
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nellement. Du reste, toute protestation d’avoir écrit avec liberté, mais avec modération, d’avoir cherché le bien de la patrie , mais non le mal d’autrui , pas même celui de ses adversaires , serait chose inutile pour ceux qui ne me liront pas , et je ne suis pas sans espoir que la précaution paraîtra plus inutile encore à ceux qui m’auront lu avec des intentions conformes aux miennes.
DE L’ITALIE