AU XIX® SIÈCLE
Enfin, le xix® siècle se lève, le siècle éclairé par excellence, le siècle qui porte sur son étendard « guerre au surnaturel. » Ah! sans doute, c’en est fait des superstitions gothiques et populaires ! comment oseraient-elles se montrer à nouveau, quand il n’est plus un marmot sur le banc de nos écoles, une portière au sein de nos capitales, dont les lèvres n’aient un sourire et la parole un sarcasme pour le malheureux qui s’aviserait de les prendre un instant au sérieux. — Nous savons le reste, et l’histoire le répétera; à peine le siècle des lumières avait-il dépassé la première moitié de son parcours, que déjà Vimpossible l’envahissait à nouveau sur tous les points à la fois. Déjà dans les deux mondes, des nuées d’adeptes, de croyants involontaires, de convertis de vive force se retrouvaient aux prises avec ces mêmes puissances, reparaissant il est vrai sous un nouveau costume, mais que nous crûmes alors appeler de leur vrai nom en leur donnant celui « d’électricités railleuses. » Devant une pareille réaction, si la philosophie officielle des corps savants a cru devoir persévérer dans son déni de justice, la philosophie générale a reçu là (qu’on le sache bien !) un de ces coups assourdissants et de ces avertissements qui discréditent aux yeux de la foule jusqu’aux dénégateurs les plus considérés.
Nous venons de parcourir en peu de lignes la marche et les phases si diverses de la pneumatologie philosophique ; un seul mot les résume : conviction universelle et expérimentale de soixante siècles, bafouée depuis trois seulement, au nom de théories a priori qui se contredisent et se bafouent mutuellement elles-mêmes.
Toutes les pneumatologies de la terre les condamnent; mais, qu’on le sache bien encore, il n’y a que la pneumatologie catholique seule qui ait le droit d’enseigner et de corriger toutes les autres.
Seule, elle peut dire au polythéisme antique que sa coéternité des esprits, assimilée à celle du vrai Dieu, avait tout