‹ Des esprits et de leurs manifestations diversesChapitre 143 sur 341 · Exode, ch. xxiii · texte numérisé non relu

Exode, ch. xxiii

4. Nomh,, XX, 47. — A-t-on jamais réfléchi à cette assignation constante de la droite et de la gauche, au bien et au mal, à la conservation et au désordre? Rien n’est plus arbitraire, dit-on, et plus facile à déranger ( Soit; mais c’est précisément en raison de cet arbitraire et de cette facililé, qu’on demande et comment et pourquoi la droite, étant partout la première place, la place d’honneur, le désordre va toujours, partout et de lui-méme, se parquer à la^econde qui est la place méprisée. N’cst-il pas évident qu’il y a là tout autant de mystère que dans l’expression donner à gauche? « Écoute celui qui est à droite, n’écoute pas celui qui est à gauche !... » La gauche est le côté sinistre, sinislra...

D. Martin, dans sa Religion des Gaulois, fait remarquer qu’une des recommandations les plus essentielles de cette religion était de se tourner toujours du côté gauche en faisant ses prières. C’est vrai , César nous signale

l’ange gardien selon la bible.

l’ange qui nous soulève vers le ciel et représente pour nous le Dieu tout-puissant, et celui qui, nous inclinant vers la terre, reçoit toutes ses inspirations du prince des ténèbres »

« Il faut dire hardiment {resoluté) , dit un grand théologien, que chaque homme a un bon ange et un adversaire désignés, afin qu’ils se trouvent toujours un contre un et deux contre deux 2. »

Nous reverrons partout la même doctrine chez les païens, non pas qu’il ait été donné primitivement deux anges à l’homme, mais parce qu’en raison de la possession chez tous les non baptisés et de Vejcpulsion chez les autres l’homme a besoin d’un gardien qui, dans l’intérêt des premiers, surveille et mitige le despotisme de leur tyran, et dans l’intérêt des seconds empêche le lion dévorant de rentrer dans son ancienne demeure.

« Envoyez votre ange contre tous nos-ennemis. Seigneur, » — « son ange environnera ceux qui le craignent, erit in circuitu eorum *; » c’est lui « qui brise les dents des lions rugissants qui tournent autour de nous »

C’est le bon ange qui, dans le terrible abandon à Satan des premiers siècles, se retirait un moment et permettait au lion de se jeter aussitôt sur le coupable et d’affliger sa chair dans l’intérêt de son âme

cette coutume : et vos barbaricos ritus, moremque sinistrum. Mais pourquoi D. Martin, malgré toute sa science, s’épuise-t-il en efforts superflus? II y avait cependant quelque chose à se rappeler, c’était le : « prends garde à la gauche » de l’Évangile, non déclinés ad sinistram. Les druides n’éprouvaient pas la même peur, voilà tout.

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