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LES ESPRITS RÉCLAMÉS A L’ÉTRANGER

j’existe. Il me sembla, quand je lui tendis la main, qu’on m’ôtait laplanche de dessous les pieds et que j’allais m’abîmer dans le vide. »

Enfin c’est Emerson, l’homme qui passe pour le plus grand philosophe moderne de l’Amérique, et qui, sans être le moins du monde un Spirite, écrivait dès 1841 :

« Je suis d’accord avec vous que certaines sources d’intruitions humaines sont complètement obstruées et tellement oubliées, qu’on a perdu jusqu’aux noms qui les désignaient. Que l’immense majorité des hommes, parmi lesquels nous vivons, serait donc singulièrement étonnée si on lui disait qu’il est du devoir de chaque homme d’ouvrir son âme à l’influence de ce monde spirituel qui seul doit gouverner sa vie quotidienne! Je reconnais tout cela, mais en même temps je suppose qu’aucun homme intelligent et honnête ne peut nier qu’il ne soit important pour lui de régler sa vie et sa conduite, de manière à rendre possible et facile ces commerces avec les natures immatérielles. » [Dialog. Boston.)

Ainsi donc, la France fera seule exception ; il n’y aura que chez elle que la science officielle et constituée n’aura pu faire entendre une seule voix pour la reconnaissance de ce monde invisible qui domine toute philosophie! Les spiritualistes chrétiens se contentent de gémir sur le rationalisme universel qui nous enveloppe, mais combien peu s’en sera-t-il trouvé qui auront attaché à des faits évidents et surabondamment démontrés le moindre degré de cette importance devant laquelle un Strauss et un Kant pâlissaient de stupeur et d’effroi !

Que voulez-vous, le psychologisme panthéistique, ou plutôt la psycholâtrie de MM. Cousin, Renan et Reynaud nous empêche, tout à la fois, et de voir et d’oser voir.

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