EXCEPTIONS MÉDICALES
c’est-à-dire à une possession démoniaque. Il est inutile d’ajouter que l’association générale des médecins dans les États sardes, sans avoir rien vu et seulement au nom des vrais principes^ a condamné ce triple rapport, mais nous pouvons dire que nous devons à cette condamnation arbitraire un petit chef-d’œuvre de science, d’érudition et de bon sens, publié (même année) par le docteur Forni sous le titre de : Monde des Esprits et de son inflmnce sur l’univers phénoménal. 11 serait trop long de donner à nos lecteurs l’analyse de très-intéressants rapports que nous avons là sur notre bureau, et qui nous ont été envoyés, dans ces dernières années, d’Italie, de Suisse, d’Allemagne et même du Brésil. Partout la médecine atteste ces faits, plus inintelligibles que jamais lorsqu’elle les mutile, et plus clairs que le jour dès qu’on les rétablit en leur entier. Depuis tous ces aveux, l’esprit de révolte n’avait cessé de marcher à grands pas, jusqu’au jour où l’avalanche des esprits frappeurs vint élargir indéfiniment le cercle des convertis silencieux. Aux yeux d’un certain nombre de médecins, la question mère du magnétisme s’est trouvée merveilleusement simplifiée; du moment où laswrintelligence du prétendu sommeil physiologique se retrouvait tout aussi profonde dans l’état de veille et dans le sapin des tables que chez le somnambule, la situation étrange et anormale de celui-ci était tombée dans le domaine commun. Dès lors, toute cette terrible famille des névropathies mystérieuses venait comme d’elle-même se ranger sous la solution si claire et enfin si manifeste de ce monde invisible depuis si longtemps soupçonné.
La pathologie put constater immédiatement, et rien que par la statistique, tout ce qu’il y avait de grave et d’imposant, soit dans une hallucination aussi vaste, si les phénomènes étaient faux, soit, s’ils étaient vrais, dans une simple plaisanterie ou plutôt dans une simple expérience de physique, dont le singulier privilège était d’envoyer immédiatement à Bicêtre plus de victimes qu’aucune des autres causes de folie n’en avait envoyé jusque-là.
IMPORTANCE MÉDICALE
Nous effrayerions nos lecteurs si nous dressions le compte exact des victimes, ou si nous prononcions seulement tous les noms célèbres qui ont payé de leur raison, et même de leur vie, la simple pose de leurs doigts sur une table fatidique.
Dès la fin de l’année 1853, un journal médical de Zurich exprimait son étonnement de compter dans l’hôpital de la ville, sur un cliiffre de deux cents aliénés, plus de cinquante victimes « des tables tournantes et parlantes. »
A Genève, à Munich, à Bruxelles, mêmes révélations, et, comme preuve de la persévérance de Yatteinte, nous lisons dans la Revue médicale'^ (de Paris) que « la Société de médecine de Gand, dans le dernier relevé de ses aliénés, a compté, sur deux cent cinquante-cinq fous, cinquante-quatre victimes des esprits frappeurs. »
L’autre jour encore, on pouvait lire dans un journal he]jdomadaire ^ un excellent article d’hygiène dans lequel le docteur Yz... passait en revue toutes les causes qui pouvaient avoir porté, dans ces dernières années, à soixante mille, le nombre de nos aliénés qui ne dépassait pas le chiffre de vingt. .MILLE en 1820. « Ce chiffre, disait-il, peut se passer de commentaire. J’aurais beau jeu pour vous faire à ce propos de bien belle morale; j’ai mieux que cela à faire, je crois. En PREMIÈRE LIGNE, parmi les causes qui font progresser les gas de folie avec une si effrayante rapidité, il y a tout d’abord les expériences du magnétisme, les évocations, les tables tournantes... J’en vois des exemples déplorables et trop fréquents. Fuyez donc, croyez-moi, fuyez comme le plus sérieux des DANGERS la frivole satisfaction d’une curiosité que j’oserai qualifier d’impie, sans croire me servir d’une expression trop forte. Vous pouvez vous y trouver tout à coup en présence de FAITS ÉTRANGES auxquels ne résisterait pas, surtout par nos temps de surexcitation nerveuse, ce que vous pouvez possé-
Revue médicale ^ 15 octobre 1859.