LES TABLES ET LA FOLIE
der de bon sens. J’avais résolu de ne pas faire de morale, mais la statistique médicale que j’ai la sous les yeux m’oblige à revenir sur cette résolution,... etc. »
Nous ne craignons pas d’en appeler à tous nos aliénistes et de leur demander si parmi les nombreuses causes de maladies mentales énumérées dans leurs ouvrages ils en citeraient beaucoup qui puissent y figurer pour un cinquième et souvent pour un quart. Nous ne croyons rien exagérer en affirmant qu’il y a dans ce seul chiffre officiel la réfutation la plus complète ’de toutes leurs dénégations ou dérisions habituelles; ajoutons que .lorsque des médecins ont osé recourir comme explication d’un si prodigieux résultat à cette ridicule défaite, « c’est tout simple, car il faut être déjà, fou pour s’aviser d’interroger une table , » ces médecins ont fait uniquement de l’étiologie bouffonne sur le plus triste des sujets. Si la table était restée muette comme ils le prétendent, il y avait précisément dans ce silence tout ce qu’il fallait pour guérir la folie d’un croyant, mais pour la déclarer au contraire chez l’esprit fort et railleur (préoccupé de son triomphe) que s’était-il donc passé, sinon un de ces faits trop étranges dont parle le d' Yz...? — « Quand on s’attend, dit-on, à quelque chose d’extraordinaire, on est bien près de l’éprouver. » — Très-bien, mais lorsque bien loin de s’y attendre, et dans la disposition la plus rebelle au contraire, les uns sont pris à leur très -grand étonnement d’une simple convulsion, trop souvent suivie de la folie et de la mort (comme chez Hennequin et sa femme), lorsque les autres se sentent brûlés par une table de marbre comme M"’* de S..., les autres déchirés et mordus conpie M. Benezet, les autres fustigés comme M. Ch. d’E...i, pourquoi, au milieu de tant de blessures si diverses, tenez-vous à ne voir que la blessure cérébrale toute seule? Votre explication devient pour tous les autres cas, convenezen, un pitoyable non-sens.
4. Voir, pour tous ces faits, Appendice compl. du l" Mém., ch. iii.
IMPORTANCE MÉDICALE
Veut-on connaître au contraire le procédé occulte? Le voici :
« Mets ta main sur sa tête, disait un jour une table à M. de ^aulcy, en lui montrant son voisin. » M. de Saulcy ne le fit pas, car il connaissait son conseiller; mais lui demandant plus tard ce qui en serait advenu : « Il serait devenu fou et pour toujours, » lui fut-il répondu
Tiendrait-on à, une explication magnétique? Que l’on médite alors sur un frappant récit que nous emprunterons au dernier et très-savant ouvrage de M. des Mousseaux*. 11 s’agit de suicides conseillés cette fois par l’agent mesmérique : or, comme il y a, selon nous, entre cet agent et celui des tables un lien de parenté aussi étroit que celui qui relie médicalement la folie au suicide, nous avons ici deux analogues parfaits comme effets et comme causes. « Un des effets ordinaires du magnétisme, dit un de ses partisans les plus chauds, est d’inspirer à ceux qui subissent son influence l’impatience et le dégoût de la vie; c’est de les pousser au suicide par une sorte de fatalité. Us disent qu’ils seront plus heureux quand leur âme aura quitté leur corps®. Et cette maligne influence, reprend M. des Mousseaux, a passé des somnambules aux professeurs. « Heureux, s’écrie le primat du magnétisme dans les Gaules (M. Dupotet) , heureux ceux qui meurent d’une mort prompte, d’une mort que l’Eglise réprouve! Tout ce qu’il y a de généreux se tue ou a envie de se tuer »
Et cette théorie vraiment satanique, M. des Mousseaux la confirme par les terribles révélations d’un brave officier nommé en toutes lettres dans V Union magnétique, révélations dont la philosophie se résume en ces lignes : « Dans mon régiment, alors en garnison à Versailles, s’était formé une société de magnétiseurs à la tête desquels sont les nommés X..., V..., Z...,L... et T...