Voir le P*" Mémoire
%. Ibid.
LES DEUX CHORÉES.
dictionnaire de médecine ; à savoir que « la chorée se trahit par une suite de mouvements convulsifs involontaires, soit des bras, soit des jambes (y compris le genou par conséquent) , véritables décharges électriques capables parfois dé renverser les objets les plus lourds. » Mais, ajoute le Dictionnaire de Fabre, parmi ces chorées il en est une tkès-singu- LIÈRE, au point de ne plus mériter précisément le nom de chorée, c’est celle qui imite les différents cris des animaux, aboie comme le chien, fait entendre des timbres de voix trèsbizarres, opère des tours de force extraordinaires, et que M. te D' Bouillaud appelle très -justement une folie musculaire
Si donc M. Babinet avait fait lui-même cette grande découverte (du coup de genou), nous nous garderions bien d’en médire; mais puisqu’il en accuse «un » sceptique octogénaire revêtu, dit-il, de cette double autorité, nous nous trouvons tout à notre aise pour lui dire que ce pauvre sceptique a joué là le rôle d’un véritable La Palisse scientifique, ou plutôt d’un La Palisse très-ignorant. Il aurait pu dire tout aussi bien, lorsque cette jeune fille était jetée dans le feu par l’agent, «voyez; la preuve que c’est bien elle qui s’y est jetée, c’est qu’elle est toute brûlée et qu’elle en porte les marques. » Il ignorait qu’elle avait cela de commun avec l’enfant lunatique de l’Évangile, « souvent jeté dans le feu par l’esprit possesseur, » dit saint Matthieu.
Mais en semblable matière, celui qui croit être le plus fin est ordinairement le plus trompé, et c’est ici surtout que l’astronome de La Fontaine court risque de tomber dans son puits.
Il en est exactement de même des knockings péroniens , parce qu’au lieu de frapper, comme celui de Kerner, à un autre étage ou dans la rue, il plaît un beau jour au frappeur mystérieux de faire battre un tendon, et parce qu’a/o?-s, mais seulement alors, il devient possible au frappé de comraan-
i . Dictionnaire de Fabre, art. Chorée.
IMPORTANCE MÉDICALE
der ce battement et de l’envoyer où cela l’amuse {quand il n’en a pas trop peur) ; vite on se hâte de bien établir que le point de départ n’est jamais et ne peut jamais être que chez le malade. Le mal est en lui, donc il ne peut exister hors de lui;... il est intrinsèque, donc il ne peut venir du dehors; il lui est particulier, donc il ne peut le communiquer. Mais alors, que l’on dise donc aussi : « Ce vase vient d’être chargé de fluide électrique, donc ce fluide ne circulait pas alentour et ne lui vient pas de l’extérieur. Le choléra est en nous, donc la cause ne peut exister au dehors. Voyez où l’on irait avec un tel raisonnement ! 11 équivaut exactement dans l’ordre matériel à celui des psycholàtres dont nous admirions plus haut l’obstination â bien établir que « toute inspiration était une véritable expiration,... et que toute assistance angélique était un pur effet A' intuition. »
Ainsi, pourvu qu’en fait de merveilleux tout se passe toujours en nous, et que rien ne nous arrive de plus haut, on nous accordera autant A' autothéurgie et autant A' autopathie^ que nous pourrons le désirer. Toute la difficulté consiste donc pour tous nos incroyants à savoir allier la pénétration actuelle du corps et de l’esprit malade avec l’extériorité habituelle de la cause pathologique.
Mais écoutons une grande leçon :
Un jour, un grand et très-savant médecin déposait dans son testament ces paroles mémorables : « En 1821, dans mon ouvrage sur la physiologie du système nerveux, j’ai hautement professé le matérialisme; mais, à peine avais-je mis au jour cet ouvrage, que de nouvelles méditations sur un phénomène bien extraordinaire (le somnambulisme magnétique) ne me permirent plus de douter de l’existence EN NOUS et HORS DE NOUS d’un principe intelligent, tout à fait différent des existences matérielles. Il y a chez moi, à cet égard, une conviction profonde 2... »