Objection de Vaction du malade sur les bruits
Qu’on nous permette de répéter dans ce volume ce que déjà nous avons indiqué dans un autre.
L’objection tirée de ce que les malades « ont action sur les esprits frappeurs et menacent de les envoyer où bon leur
IMPORTANCE MÉDICALE
semble, » devient absolument nulle pour tous ceux qui savent que nos agents finissent par ne plus faire qu’un avec leurs clients, et que ces derniers en disposent toutes les fois qu’ils ne sont pas absents ou occupés à faire craquer toutes les maisons du voisinage. Ainsi on nous objectait, à Cideville que les deux enfants s’amusaient de tous ces bruits, et l’on partait de là pour les en constituer les auteurs... Mais il ne faudrait pas croire que ces espiègleries les fissent toujours rire, et lorsque, sur l’un de ces deux enfants déjà violet d’asphyxie, on avait tout juste le temps de couper la ficelle au moyen de laquelle son esprit possesseur avait essayé de l’étrangler, ou bien, lorsque en d’autres circonstances il tombait, à la suite de ces terribles vexations, dans un tel état de syncope que pendant plusieure heures on pouvait croire à sa mort 2, le rire ne durait pas longtemps, on vous l’affirme, et faisait place chez l’enfant à un état de tremblement qui ne le quittait plus de sitôt.
Il en avait été de même encore de la fameuse Angélique Cottin, présentée à l’Académie des sciences en 1846. Nous étant permis de rapprocher cette évidente et mystérieuse chorée de toutes celles qui nous occupent, M. Babinet, indigné (il avait fait partie de la malencontreuse commission), M. Babinet, disions-nous, ferma notre livre aussitôt et ne voulut plus en entendre parler... attendu qu’un beau jour, disait-il, l’Académie s’était aperçue que c’était cette jeune fille ellemême qui renversait, d’un coup de genou, jusqu’aux plus lourdes tables de cuisine chargées de tout leur mobilier ; « et la preuve, ajoutait-il, c’est qu’elle en portait la marque à ce genou. » — Voyez-vous cela? Ce que c’est cependant que de nommer des astronomes pour juger des questions théo-médicales ! 11 est de fait que M. Babinet ne pouvait pas avoir lu dans Keppler ou dans Herschell ce qu’il aurait lu dans tout