‹ Des esprits et de leurs manifestations diversesChapitre 175 sur 341 · III · texte numérisé non relu

III

Morzine ou cent possédées dans un village.

Nous ne saurions mieux prouver la portée pathologique de nos manifestations qu’en montrant les proportions qu’elles atteignent lorsqu’on les traite par le sarcasme ou par les prescriptions médicales.

Il ne s’agit plus ici « d’électricités railleuses » et de rappings insignifiants, ou plutôt il s’agit toujours des mêmes agents, qui, plus à l’aise apparemment dans les solitudes des Hautes-Alpes que sur les bords de la Seine, vont s’y déployer cette fois largement. Depuis cinq ans, en effet, chacun de nos touristes alpestres aurait pu facilement étudier, chemin faisant, et d’après nature, non plus seulement des rochers et des cascades, mais tout cet ordre de névroses que la science croit avoir expliqué en l’appelant « chorée-théo-hystérico-démonopathique, » et que nous définissons, nous, avec l’Évangile comme avec les plus grands génies de tous les siècles, par ce mot, beaucoup plus simple, « possession démoniaque. »

Ainsi donc, lecteur, lorsque après avoir longé p''ndant sept à huit lieues les rives méridionales et franco-savoisiennes du Léman, le steamer de Genève vous aura déposé à Thonon, vous pourrez, si vous ne l’edoutez pas la fatigue, vous engager soit à pied soit à cheval dans la sauvage vallée de la Dranse qui

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