‹ Des esprits et de leurs manifestations diversesChapitre 184 sur 341 · GÉNIES ÉPIDÉMIQUES · texte numérisé non relu

GÉNIES ÉPIDÉMIQUES

y. — Science moderne.

Dût la science trouver notre question bien indiscrète, demandonslui donc un peu son dernier mot sur les épidémies, et cherchons avec elle si le sceau du mystère et de la surintelligence fait toujours défaut à celle de ces épidémies qu’elle croit le mieux comprendre.

Si nous la prions de nous définir l’épidémie en général, elle nous répond avec raison : « Une épidémie est une maladie qui, en même temps et dans le même lieu, attaque un grand nombre de personnes. »

Elle nous l’apprend encore: u Soixante-quatre espèces de maladies environ peuvent devenir épidémiques » et comme nous nous soucîons fort peu de nous promener, avec nos dictionnaires, du furoncle à la variole, du catarrhe aux affections vermineuses et de la moindre fièvre typhoïde aux grandes pestes de l’Afrique et de l’Asie, nous restreindrons notre étude à Y ordre qui semble absorber tous les autres, celui des grandes épidémies septiques. On nomme ainsi toutes celles que l’on suppose dues à un miasme, à un virus, à un effluve émanant d’un principe ou d’un foyer de corruption et agissant comme poison plus ou moins délétère. Que ces maladies s’appellent scarlatine, suette, croup, anthrax, typhus, peste, fièvre jaune ou choléra, on semble

Ozanam, Épidémies, t. I. '

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IMPORT. MÉI). — GÉNIES ÉPIDÉMIQUES

assez d’accord pour leur assigner, non pas assurément une origine identique comme puissance et comme effet, mais une origine assez analogue, en tant qu’elles paraissent toutes consister dans un poison communiqué.

On semble même assez d’accord pour comprendre dans cette triste famille le miasme paludéen, bien que les effets en soient complètement dissemblables, en raison de leur manifestation exclusive par le système nerveux ^

Miasmes, effluves, virus, contage, voilà donc les agents intermédiaires chargés de la transmission du mal.

Nous avons besoin d’ajouter, dans un langage hypothétiquement scientifique que le miasme est une émanation de ce principe de corruption se transmettant par absorption ; que Y effluve est une exha-laison du même principe agissant par infection, et que le vwus, son produit morbide, est regardé par beaucoup de médecins comme Tagent unique de la contagion.

Ce dernier constituerait alors ce qu’on appelle le contage, c’est-àdire la substance, quelle qu’elle soit, qui, transportée d’un corps malade à un corps sain, constitue la contagion; or, toutes les maladies épidémiques ne sont pas nécessairement contagieuses; beaucoup n’agissent que par infection. D’autres atteignent par les deux modes , qui, après tout, se résolvent en un seul ; car Yinfection, à vrai dire, n’est à son tour, selon nous, qu’un contage respiré, c’est-à-dire son insertion par les voies respiratoires

C’est donc le terme général de communication qui domine toute la longue controverse engagée sur ces différents termes. Car, certes, il n’est pas une seule de ces maladies qui ne fut en droit d’inscrire ce mot sur son drapeau. « Caveant consules, que les consuls y prennent garde ! »

Ces poisons communicables sont donc, en général, les produits d’une corruption quelconque que l’on attribue le plus généralement encore à la décomposition de matières animales ou végétales

4. Pour nous, en effet, ce n’est qu’une manifestation différente et beaucoup plus bénigne, la rate devant être au poison paludéen ce que les glandes de Peyer et de Brunner sont, par exemple, au poison de la fièvre typhoïde, ce que le canal intestinal est au choléra, etc., etc., c’est-à-dire un siège de prédilection.

2. Voyez, sur toutes ces définitions, l’ouvrage d’Ozanam et le Dictionnaire des termes, par Chomel, etc.

3. Voir, entre autres, la remarquable brochure du D** Marchai de Calvi, sur les épidémies; celle du D' Bureaud-Rioffrey sur le choléra ; celle du Bour-

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