HYPOTHÈSES ET CERTITUDES
tioii dans toutes les maladies; ainsi, le soufre était littéralement pour toute l’antiquité le miasme divin par excellence.
Qu’on veuille bien nous dire pourquoi.
Au chapitre Cosmolâtrie, nous reprendrons cette grande question à l’occasion des volcans et de certaines sources thermales.
Mais laissons les hypothèses et revenons aux détails si frappants dans lesquels nous entrions tout à l’heure. On nous demandera quelle valeur peuvent avoir aujourd’hui dans la science des phénomènes angéliques et spectraux qui ne se représentent plus depuis des siècles ; mais i^us demanderons à notre tour comment il se peut faire que des phénomènes si généraux, si constants autrefois, ne se représentent plus jamais aujourd’hui. Leur cessation ne se comprend plus du moment où on les range parmi les effets de la maladie. Gomment des hallucinations assez intenses pour faire voir soit à toute une ville un ange remettant son épée dans le fourreau, tout juste au moment même où la maladie se retire, soit à des provinces tout entières des spectres parcourant les campagnes, ont-elles donc cessé depuis des siècles? Si ces hallucinations étaient un résultat nécessaire et tout ordinaire du délire, comment expliquer celte disparition si complète? 11 y a là-dessous évidemment un mystère, et plus grand peut-être lorsqu’il se cache que lorsqu’il se montre au grand jour.
La nature ne se dément pas ainsi.
Mais, au contraire, si la vérité s’est jamais rencontrée une seule fois du côté où nous la signalons, si toutes les théories antiques et bibliques ont dit vrai une seule fois, soyons bien certains que jusqu’à la fin du monde, et quels que soient les progrès de toutes nos sciences, les choses se passeront exactement — qu’on le voie ou qu’on ne le voie pas — comme elles se passaient à Jérusalem, à Ninive, à Athènes, au Mexique et à Rome.
La vérité se dément encore moins que la nature.
Notre but sera donc rempli si nous pouvons jamais amener un seul enfant de cette science qui remue tant de choses sans les comprendre à se demander un jour si, lorsque ses maîtres lui parlent de malignités morbides, ô! élections étra.nges, de prédilections bizarres, de géiiies épidémiques en un mot, ils ne parlent pas infiniment mieux qu’ils ne pensent, et s’ils ne font pas très-souvent de la vraie et très-bonne science sans le savoir.
Lorsque ces maîtres voudront bien prendre au sérieux leurs propres paroles, ils définiront avec nous tous ces génies épidémiques :
(( Forces spirituelles et intelligentes préposées a la direction géné-
IMPORT. MÉD. — GÉNIES ÉPIDÉMIQUES
RALE DE LA FLAGELLATION PUBLIQUE, AU MOYEN d’ AGENTS TRÈS-NATURELS ET DE POISONS MORTIFÈRES. ))
Sur ce terrain, nous nous croyons inattaquable ^
On se scandalisera, mais nous ne demanderons aux scandalisés, qu'une seule grâce, celle de ne pas nous faire dire, par exemple, ce que nous n’aurions jamais dit; de ne pas nous accuser surtout d’amener au rejet fatal et absolu de toute mesure préventive ou corrective, publique ou privée.
Si l’on tirait cette conclusion extrême de notre croyance au rau fatab il faudrait également la tirer de ce verset évangélique : « Sachez bien qu’il ne tombe pas un seul cheveu de vos têtes sans la permission de monPèi^)). Le principe est identique dans les deux cas. âlais il faut bien se persuader que tout à côté des volontés providentielles expresses et générales, il y a l’immense chapitre : r des épreuves simplement tolérées ; des causes prédisposantes attirant ces calamités spirituelles comme elles attirent toutes les autres, causes secondaires qu’il est souvent facile d’afiaiblir ou d’écarter par l’hygiène et la prière, qui n’est à son tour que de l’hygiène spirituelle et morale.
La lutte n’est inutile qu’aux marqués (signati).