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Monothéisme et polythéisme

Nous avons dit tout à l’heure, avec un poète moderne, que « l’immensité ne pouvait être à deux, » et nous avons annoncé

'I. Ventura, Conférences, t. Il, 16® Conférence sur la création.

2. A propos, non pus du silence de la Bible sur la création des anges, mais de la prudence avec laquelle elle semble éviter tout ce qui s’y rapporte, nous devons dire qu’il existe dans le septième volume de la « Nom Patrum Bibliotheca, » publié à Rome par le cardinal Mai, et contenant les Commentaires de Theod. Mopsuesteni, une variante trop curieuse du verset 4, chapitre xiii, d’Osée, pour ne pas la consigner ici.

Voici ce verset. Nous séparons par les caractères ce qui appartient à cette version et au texte de la Vulgale :

« Je suis le Seigneur ton Dieu, qui ai affermi le ciel et fondé la terre, et dont les mains ont créé toute la milice du ciel. Je ne te Vai pas montrée à toi POUR LA SUIVRE , cette milice. — Ego haud hanc tibi ostendi ut ambulares post earn. » « Mais c’est moi qui Cai tiré de l’Égypte. Tu n’auras pas d’autre Dieu devant moi. »

Est- ce que ce « pour la suivre » se rapporterait à ce passage de Clément d'Alexandrie : « Il avait donné toute la milice du ciel aux autres nations, pour Qpxen la suivant elles ne fussent pas athées? » [Strom., V.)

Toutefois, nous devons ajouter que saint Jérôme, ne retrouvant pas ce verset dans une antique édition des Septante, se contente de signaler qu’il n’existe pas dans l’hébreu.

LEUR VÉRITAIILE RANG.

qu’il nous faudrait revenir plus d’une fois sur cette double et fréquente affirmation, dans la Bible, d’un monothéisme et d’un polythéisme également orthodoxes.

Comme on le pense bien, l’esprit d’erreur tire parti de cette contradiction apparente; il vire de bord, et, ne pouvant plus appuyer sa négation des élohim sur le silence de Moïse, il l’accuse d’en avoir parlé beaucoup trop, et d’avoir remplacé trop souvent par un pluriel équivoque le singulier divin devant lequel tout le monde se prosterne.

De cette priorité du mot Élobim sur celui de Jéhovah, on a voulu conclure à la diversité originelle et probable des sources et des matériaux qui constituent le Pentateuque : « On ne peut douter, dit un savant dictionnaire moderne, que, dans la Bible même, l’adoration du vrai Dieu chez les Hébreux n’ait été fondée sur la ruine d’un culte de divinités imaginaires, dont la trace est restée attachée au mot élohim qui est un pluriel , quoique exprimant aussi le Dieu unique. »

Voilà en quelques lignes le sommaire d’une accusation qui a suffi depuis plus d’un demi-siècle à défrayer toute l’hétérodoxie allemande et française, accusant d’idolâtrie le plus monothéiste des livres.

Jusqu’ici, toutefois, on n’avait pas osé intenter cette terrible accusation à Moïse; on ne lui reprochait que d’avoir inséré dans son Pentateuque, et probablement « par négligence de critique » (style moderne) , les débris du vieux système’; faute légère, disait-on, et d’autant plus facilement pardonnée qu’on en profitait davantage.

Nous verrons plus tard avec M. Nicolas (de la Revue germanique) combien il est urgent « de modifier tous les systèmes professés en Allemagne sur ce point capital et dominant de toute l’histoire du peuple hébreu 'i. » Disons seulement que depuis quelque temps on a cessé d’admettre en France cette « négligence de critique » chez Moïse. Sa faute a paru plus

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