Dim et les dieux en Égypte
Demandez-en la preuve à cette terre de Cham, si souvent désignée dans l’Écriture comme la patrie de l’erreur et de ['ennemi: « Jamblique, dit notre célèbre égyptologue Mariette, Jamblique a raison de dire^ que l’Égypte adore un Dieu unique (oeôç elç), immortel, invisible, incréé; Dieu sans nom et sans figure, unité indivisible qu’on adore dans le plus profond silence, et qui n’est pas éloigné du Jéhovah de la Bible. »
Mais voici qui complète la similitude des deux langages sacrés. Sur une muraille du temple de Médinet-Abou on lit :
« Seigneur les dieux, en te servant, ils donneront à toi des glorifications, » et c’est Thoth qui est ici le secrétaire de justice du « seigneur les dieux. » On lit encore sur l.e tombeau d’Aménophis : « Voici le discours du seigneur les dieux, et voici ce qu’ils répondent. » « Cette expression, dit M. Mariette, est exactement la même que celle de Jéhovah les dieux. »
« Quant aux Nelerou, traduit par Champollion, « les autres dieux, » ce sont les élohim de la Bible, derrière lesquels se cache un Dieu unique considéré dans la diversité de ses puissances 2. » ,
Mais répétons-le bien, puisqu’il y a un polythéisme très-orthodoxe, il en est un nécessairemént très-sacrilége. Ce n’est ^ plus alors qu’un polythéisme dégénéré, et c’est encore le même archéologue qui va nous caractériser admirablement celui-ci :
« L’idée très-orthodoxe de puissances, Suvx^eiç, dit-il, se traduit partout en émanations ; tandis que le judaïsme met ces puissances à l’écart du Dieu suprême... Nous voyons l’Égypte cachant et dérobant en quelque sorte le Dieu des dieux derrière les agents dont elle l’entoure ; elle donne la préséance à
t. De Myster. Ægypt., sect. VIII, c. ii, p. 158.