Ibid
s’expliquer la jpersistance de M. Lacour à se méprendre sur le polythéisme de Moïse, surtout lorsqu’il avoue que « il y a néanmoins une distinction bien marquée entre les aleim et Jéové^. »
Il faut donc toujours en revenir à ce beau passage de saint Paul : « Quoiqu’il y en ait qui soient nommés dieux tant au ciel que sur la terre, et qu’il y ait aussi plusieurs dieux et plusieurs seigneurs, pour nous, nous n’avons qu’un seul Dieu père, qui a créé toutes choses, et seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui tout a été fait et par qui nous sommes. »
Laissons le respectable Cornélius à Lapide ® établir, après le participe nommés dieux, cette parenthèse {par les païens^ sous-entendu), et n’en tenons aucun compte, d’abord parce qu’elle est contredite : i“ par le membre de phrase suivant, « et quoiqu’il y ait en effet plusieurs dieux; » 2“ parce que nous préférons à. ce grand commentateur le commentateur bien autrement grand encore qui tenait de saint Paul lui-même le véritable sens : « Il semble, et l’on dit avec réalité, qu’il y a plusieurs dieux-, sans que toutefois le Dieu principe et supérieur cesse de rester essentiellement seul et indivisé : c’est ce qu’entendait surnaturellement celui qui nous guida vers la lumière céleste, personnage profond dans les choses saintes et glorieuse lumière du monde, lorsque sa main inspirée écrivait ceci... etc.*. »
Platon ne l’entendait pas autrement lorsqu’il faisait dire à son Dieu : « Les dieux des dieux, dont moi je suis le créateur (opifex), comme je suis le père de toutes leurs œuvres {operunique parens) .
Voilà, le polythéisme orthodoxe que toutes les nations hétérodoxes elles-mêmes ont commencé par professer dans un bon sens.