LES VERTUS INNOMÉES
S IV
Les anges et les vertus sans nom. — Le gnosticisme et saint Paul. — Les sept esprits de la présence. — Leur rôle dans le grand acte de la création. — Un rayon de lumière sur le nirvana des bouddhistes.
i. — Les anges et les vertus sans nœn.
Un des traits les plus caractérisés de nos livres saints, c’esf la discrétion calculée avec laquelle ils se contentent d’énoncer les mystères les moins directement utiles au salut ; à l’opposé des autres codes sacrés qui , pour les expliquer, noient les vérités les plus hautes dans un océan d’erreurs ou de puérilités sacrilèges , le nôtre se contente souvent de les indiquer d’un seul mot, comme des vérités suffisamment connues et sur lesquelles il serait inopportun de trop s’étendre.
Ainsi , par delà toutes ces « myriades de myriades » de créatures angéliques énoncées tout à l’heure, par delà ces neuf chœurs et toutes ces divisions prudemment élémentaires, il en est certainement beaucoup d’autres dont les noms ne sont même pas encore parvenus jusqu’à nous : « Car, dit excellemment saint Jean Chrysostome, sans aucun doute, sine dubio, il y a bien d’autres vertus dont nous sommes loin de connaître toutes les dénominations... Les neuf ordres sont bien loin d’être les seules populations du ciel, où il se trouve, au contraire. d’innombrables tribus, des habitants infiniment variés dont il serait impossible à toute parole humaine de donner, ne fût-ce que la moindre idée... Paul, qui avait appris leurs noms, nous révèle leur existence en nous disant du Christ : « 11 a été établi au-dessus de toute principauté, puissance et vertu, au-dessus même de tout nom prononcé, non-seulement dans ce siècle, mais dans le siècle futur L »