Isaïe, XIV
IjN TIERS DU TSABAOÏH FOUDROYÉ. 343
Tout le christianisme est appuyé sur deux colonnes, celle du mauvais (Trov/ipoO) et celle du bon (àyaÔoO), en un mot, sur deux forces, âyaSai xal xaxxi 5uvà[A2iç. Supprimez le foudroiement des mauvaises, et la mission protectrice des bonnes n’aura plus ni valeur ni raison.
Laissons a l’Antée de la création spirituelle son ancienne puissance, si nous voulons qu’elle soit toujours digne de l’Hercule qui l’étoulîe. N’oublions pas que sa création fut sans doute la première, puisque le Verbe seul avait été « engendré avant lui, ante Luciferum genui te, » et rappelons-nous surtout qu’il n’y eut jamais dans le Cosmos primitif « de puissance qui pût lui être comparée, non est potestas quœ comparatur Suivant saint Paul c’était le Dieu de ce mande, le prince de cet air (princeps aeris hujus) , « le Dieu de cette période, » expression bien plus remarquable encore. C’est encore lui « qui se promène autour du monde, qui circumambulat terrani. » Désigné chez les Hébreux par le nom de « serpent tortueux, coluber tortuosus, » serpent <( tombé d’en haut, deorsum fluens, » c’est lui qui possédait les « clefs de l’empire des morts, Toù ÔavaToO àpy;/i, » jusqu’au jour où, sous l’action de l’exorcisme du Sauveur, on le vit « tomber comme un éclair, cadebat ut fulgur^. »
Qui sait si ce n’est pas de ce moment que date la conflagration terrestre que tous nos géologues constatent, conflagration suivie probablement de ces ténèbres épaisses qui « planaient sur l’abîme, » et que l’ancienne cosmogonie égyptienne disait avoii- été à leur tour « le principe de toutes choses ; » on comprend parfaitement cet honneur fait par les Égyptiens au principe ténébreux , lorsqu’on voit dans Job le prince des ténèbres s’appeler Behemoth et principe. « Behemoth est le principe de toutes les voies du Seigneur, principium viarum Domini Behemoth. »