Id., V
PROMKTHÉE MIEUX COMPRIS.
naîtra un fort qui sera mon libérateur; car... je souffrirai jusqu’à ce qu’un Dieu veuille bien prendre ma place, assumer mes douleurs et descendre pour moi dans les profondeurs DES ENFERS*. »
Toutes ces expressions sont textuellement dans le poëte grec, bien que mêlées, cela va sans dire, d’assertions étrangères et même contradictoires. Malheureusement, le dernier acte d’Eschyle est perdu, mais tout fait présumer qu’il se terminait par la délivrance de Prométhée , car 'il existe à Rome un bas-relief magnifique représentant Hercule aidé par Mercure et prêt à lancer ses flèches contre l’aigle de Jupiter qui déchire la poitrine du supplicié.
Pour nous, nous ne connaissons rien de plus saisissant que le génie païen pris en flagrant délit de prophétie, et bravant, CINQ CENTS ANS AVANT LA VÉRITÉ, les persécutions dues à la confession d’une telle foi.
11 ne s’agit plus de s’écrier ici, comme M. Alexis Pierron, <( qu’il ne faut pas voir tant de mystère dans tous ces personnages 2. » Ici il faut s’expliquer loyalement et franchement. Il n’y a que les Évangiles qui soient plus explicites que tout cela, et cette trop grande précision que l’on reprochait aux Sibylles comme dépassant de beaucoup celle des prophètes ne peut même plus servir ici de prétexte aux fins de non-recevoir, puisqu’il faut tout accepter, quoi qu’il en coûte.
11 ne s’agit même plus de confondre, comme le fait M. Guiraud, Prométhée avec le Christ, uniquement « parce qu’ils sont crucifiés tous les deux ; » car on a eu raison de lui répondre « qu’il n’y a pas au monde d’opposition plus grande que celle de ces deux personnages*. » 11 est vrai qu’il faut encore moins dire, comme ce dernier polémiste, malgré tout le mérite et tout le catholicisme de sa dissertation : « En
\ . Eschyle, v. 1025.