‹ Des esprits et de leurs manifestations diversesChapitre 291 sur 341 · Annales de philosophie chrétienne, t. XVIIT, p · texte numérisé non relu

Annales de philosophie chrétienne, t. XVIIT, p

vérité, il n’était pas besoin d’aller chercher le diable pour expliquer des choses à mon avis si naturelles » Ce respect humain est une tache dans les Annales, surtout lorsque, après avoir rapporté cette prédiction de Prométhée : « la couronne et l’honneur de Jupiter passeront sur la tête d’un nouveau dieu » , on ajoute : « cette prédiction m’étonne d’autant plus que le prophète l’afTirme, la répète et s’en réjouit »

En vérité, pour notre part, nous sommes très-étonné de toutes ces indécisions, tant le drame nous paraît positif et complet. Le voici tout entier en deux mots : l’homme (Prométhée) dérobe aux dieux leur secret (et nous allons voir lequel) ; foudroyé par Chronos, il est livré au Jéhovah païen, c’est-k-dire à Jupiter-Satan, jusqu’au jour où (c’est Jupiter qui le révèle) , jusqu’au jour où le fort, fils d’une vierge, naîtra, descendra aux enfers, prendra sur lui les souffrances de Prométhée et renversera le dieu-bourreau sans honneur et sans gloire, sans lui laisser d’autre consolation que le vain bruit et l'administration de son. tonnerre ( prince de l’air) . Y a-t-il au monde quelque chose de plus clair? Pourquoi gâter à plaisir, par la seule peur du diable, un enchaînement de prophéties dont la clarté nous étonne ?

M. Nicolas ne s’y est pas laissé prendre. « Jupiter, dit-il, c’est le Typhon des Égyptiens, c’est l’â-hriman des Perses*.»

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