LE TRADITIONALISME DANS ÉDEN
consiste avant tout, comme nous l’avons si bien vu, dans la suppression du miracle objectif et palpable.
Mais alors ce qu’il fait pour la parole du deuxième chapitre, il va se trouver obligé de le recommencer à chaque ligne de l’Ancien Testament. Comment, d’ailleurs, ne s’aperçoit-il pas de la force énorme qu’il donne par ces pures illuminations mentales à cet aphorisme de M. Renan : « les faits primitifs des grandes apparitions religieuses se passant tous dans la région spontanée de l'esprit humain ne laissent aucune trace?»
On voit que la foi profonde de M. M... ne pouvait pas mieux venir en aide à l’incroyance absolue, qu’en professant la révélation exclusivement intérieure.
«Mais, dira cette incroyance, comment supposer qu’un pur esprit puisse articuler des paroles ? »
Nous ne savons trop que répondre quant au mode effectif ; mais pour nous le fait existe, et cela doit nous suffire. Ceux d’entre nous qui ont entendu des anges tombés prononcer autour d’eux des paroles sacrilèges, qui savent que ces paroles se sont fait entendre dans une seule maison et à tout venant , pendant trois années conséculives i, ceux-là n’ont pas besoin de s’épuiser en inventions désespérées pour comprendre le parlage extérieur et phonétique des anges qui ne sont pas tombés, et par conséquent pour comprendre ces expressions bibliques : « J’écouterai toutes ces paroles, audiam quid loquetur. » « Il prononce son discours devant l’homme, annuntians eloquium suum homini. » « Toute chair verra ce que la bouche du Seigneur lui aura dit, Videbit omnis caro, quod os Domini locutum est. »
Nos manifestations spirites et spéciales étaient donc la démonstration sensible et phénoménale de la possibilité de ce grand fait des chapitres 2 et 3 de la Genèse u præcepitque eis DiCENS. » Voilà tout; elles tranchaient, comme on le voit, une grande impossibilité académique de plus.